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samedi 24 avril 2010

Il était une fois Walt Disney

Le Grand Palais présente «Il était une fois Walt Disney : aux sources de l’art des studios Disney », une exposition passionnante sur la création des plus célèbres dessins animés américains.

Plus qu’un dessinateur, Walt Disney est un directeur artistique. C’est lui qui supervisa la création des dessins animés, donna des orientations à ses dessinateurs. L’exposition s’attache donc d’abord à montrer au spectateur les sources d’inspirations des œuvres de Walt Disney. On y retrouve de nombreux livres illustrés, ramenés par Disney d’un long voyage en Europe en 1935. Principalement datés du XIXe siècle ou du début du XXe siècle, ces livres ont servi d’inspiration à Disney que ce soit pour la création de personnages, de décors ou pour la mise en scène. On y retrouve notamment les gravures de Gustave Doré ou les dessins de Benjamin Rabier. Autre source d’inspiration majeure de Disney : le cinéma. Que ce soit dans les premiers Mickey, qui parodient ouvertement les classiques expressionnistes allemands et les grands succès hollywoodiens (Le Cabinet du Docteur Caligari, Frankenstein, King Kong, Les Temps modernes), ou dans ses célèbres longs métrages, Disney a prêté beaucoup d’attention aux œuvres cinématographiques. Ainsi on apprend que Joan Crawford a inspiré la ténébreuse reine de Blanche Neige et les sept nains ou que le Rebecca de Hitchcock a inspiré Cendrillon.

Les œuvres des dessinateurs de Disney sont bien sûr représentées. On peut y voir de nombreuses œuvres illustrant les diverses étapes de la création d’un dessin animé. Cela va du simple croquis préparatoire à la création du personnage aux aquarelles, gouaches et huiles sur verre en passant par les décors de production en celluloïd ou les modèles d’animations, ces personnages en plâtre peint ou parfois en cire, utilisés comme modèles par les dessinateurs. Des extraits de films sont également projetés le long du parcours. L’occasion de redécouvrir ces chefs d’œuvres que l’on n’a plus revus depuis l’enfance. Parmi les plus représentés Fantasia, La Belle au Bois Dormant, Le Livre de la Jungle, Pinocchio, Blanche Neige et les sept nains, Peter Pan, Alice au pays des merveilles et Cendrillon.

A noter également la présence de la maquette du château de La Belle au bois dormant conçu en 1990 pour Eurodisney ou l’Oscar reçu par Walt Disney pour Blanche Neige et les sept nains, accompagné de sept Oscars miniatures.

L’avant-dernière salle est consacrée à Destino, projet de collaboration de Walt Disney et de Salvador Dali. Les deux hommes avaient entrepris un dessin animé surréaliste. Le projet a avorté mais l’exposition présente des dessins à l’encre et des aquarelles et huiles faites par Dali pour Destino. Le projet était dans un état suffisamment avancé pour que l’on puisse en tirer un film de 6 minutes projeté à l’exposition.

Enfin, la dernière salle est dédiée aux œuvres contemporaines inspirées de Disney. Ainsi la boucle est bouclée. L’art se nourrit de l’art et se recycle sans cesse. On y retrouve entre autres Andy Warhol et Ray Lichtenstein.

Il était une fois Walt Disney : aux sources de l’art des studios Disney, du 16 septembre 2006 au 15 janvier 2007 aux Galeries nationales du Grand Palais.

Marilyn : la dernière séance

Le musée Maillol propose du 29 juin au 30 octobre, une exposition de portraits de Marilyn Monroe pris par le photographe Bert Stern, pour le magazine Vogue, peu de temps avant la mort de l’actrice en 1962. Troublant.

Les photos exposées ont été prises en deux temps. La première séance a duré 12 heures, apprend-on. Douze heures que Marilyn, Bert Stern et l’agent de la star ont passé dans une suite de l’hôtel Bel-Air à Los Angeles avec quelques bouteilles de vin. Les photos de cette première séance sont trop dénudées pour le magazine Vogue qui commande alors une seconde séance de photos, plus sages.

Proposées pêle-mêle, sans aucun commentaire, les photos des deux séances sont mélangées. On y voit une Marilyn Monroe, maquillée, au look glamour, jouant avec des colliers ou se déguisant en Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's.

Mais les photos les plus troublantes sont celles de la première séance. Marilyn nous apparaît incroyablement authentique, sans maquillage et nue ou jouant avec un voile qui ne cache en rien ses formes. Elle apparaît alors bien fatiguée, usée, et l’on découvre des défauts à ce corps qui semble si parfait dans les films : une multitude de grains de beauté, un petit nez en trompette si peu Hollywoodien et, sur le ventre, une cicatrice impressionnante. Pas de doute Marilyn est une simple femme et pas une déesse comme la mythologie hollywoodienne a voulu nous le faire croire. Pourtant ces imperfections et cette apparente fragilité renforcent le mythe et rendent l’actrice plus proche de nous que tant d’autres actrices à la plastique plus irréprochable. Et puis, bien sûr, il y a l’imminence de la mort, qui frappera Marilyn peu de temps après la prise de ces photos. Une mort tragique sur laquelle plane un insupportable mystère. La star l’ignore, le spectateur le sait et cherche en vain des réponses dans ce visage, dans ces yeux, comme si la vérité s’y trouvait cachée.

Marilyn, la dernière séance – Bert Stern
Du 29 juin au 30 octobre 2006
Musée Maillol – 61, rue de Grenelle 75006 Paris
Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés, de 11h à 18h


Masterclass William Friedkin

Le samedi 15 avril 2006, le cinéaste William Friedkin donnait une conférence à la Cinémathèque Française. L’occasion de donner quelques secrets de fabrication, de livrer sa vision du monde du cinéma et de donner des petits coups de griffes à Arnold Schwarzenegger.

William Friedkin fait partie de ces jeunes réalisateurs qui révolutionna le cinéma américain dans les années 70 avec des films comme French Connection ou L’Exorciste (voir le livre culte Le Nouvel Hollywood). Hélas la suite de sa carrière fut plus décevante. Loin des films pharaoniques de ses confrères Lucas, Spielberg ou Coppola, Friedkin dû se contenter de séries B que ne remarquèrent que les cinéphiles avertis.

Pour cette rencontre, l’équipe de la Cinémathèque a sélectionné trois extraits de films de Friedkin. Le premier est une poursuite en voiture éprouvante issue du film Police Fédérale Los Angeles. Le deuxième, issu du film Traqué, est une scène plus intimiste durant laquelle un tueur, interprété par Benicio Del Toro, vient retrouver son ex et sa petite fille mais doit faire face à Tommy Lee Jones qui le traque pour le FBI. Enfin, le troisième extrait, qui provient du film Le Convoi de la peur, montre un camion, conduit par Bruno Cremer, traverser un précipice sur un pont en suspension alors qu’une tempête fait rage.

Chaque extrait est suivi de questions et William Friedkin se montre à chaque fois très éloquent. A l’aise, debout, le micro à la main, il parcourt la scène en évoquant son travail avec beaucoup d’humour. Il décrit en détail les trucages visuels employés pour la scène de Police Fédérale Los Angeles ou les trucages sonores lorsque la tête de la petite fille possédée tourne à 360° dans L’Exorciste (le portefeuille de l’astucieux bruiteur Mexicain). Il donne aussi sa triste vision d’Hollywood, désormais dirigé par des financiers qui ne s’intéressent qu’aux chiffres et n’ont pas cet amour du septième art qu’auraient eu leurs aînés. Il en profite également pour égratigner de temps à autre Arnold Schwarzenegger pour qui il n’a visiblement pas voté. Enfin, Friedkin aborde le sujet de la direction d’acteur, comparant l’instinctif Tommy Lee Jones au complexe Benicio Del Toro, qui applique à la lettre la méthode de l’Actor’s Studio et a donc besoin de tout savoir sur son personnage.

A la fin, la parole est donnée au public pour d’ultimes questions avant que William Friedkin soit pris d’assaut par les amateurs d’autographes. Ceux-ci sont à la fête puisque, outre Friedkin, ils ont pu obtenir les signatures du metteur en scène Barbet Schroeder, du directeur de la photographie Darius Khondji et de Sherry Lansing, starlette des 70s devenue productrice à succès et première femme à avoir accédé à la direction d'un grand studio hollywoodien (20th Century Fox dans les années 80 puis la Paramount).

Les Voyages dans le temps

Voici un petit panorama de quelques uns des voyages dans le temps les plus intéressants, que ce soit au cinéma ou à la télévision.

On distingue trois types de voyages vers le temps : les voyages dans son propre passé, les voyages dans le temps dans l’intention de modifier l’Histoire et enfin les voyages dans le temps pour se chercher une nouvelle vie.

Lorsqu’un personnage voyage dans son propre passé ou dans celui d’un proche

Les voyages dans son propre passé sont les plus émouvants car il nous touche tous au plus profond de nous même. Qui n’a pas rêvé un jour de revenir à un moment donné de sa propre vie pour éviter une erreur, revoir des êtres chers maintenant disparus ou revivre un amour marquant ?

On retrouve cette expérience rare dont nous rêvons tous dans L’Effet papillon mais aussi dans Peggy Sue s'est mariée (1986) de Francis Ford Coppola. Il s’agit de l’histoire d’une femme dont le mariage bat de l’aile et qui redevient la jeune fille qu’elle était dans les années 60 au moment où elle est tombée amoureuse de son futur mari.

Autre personnage ayant eu le privilège de vivre cette aventure, le Professeur Sam Beckett dans un épisode en deux parties de la série télé Code Quantum. Dans « La Famille avant tout » (1990), Sam revient en 1969 dans son corps d’adolescent et se voit offrir la possibilité de sauver son père du cancer qui le guette, son frère d’un mort à la guerre du Vietnam et sa sœur d’un mariage raté avec un homme violent.

Dans le légendaire Retour vers le futur (1985) de Robert Zemeckis, Marty McFly ne va pas revenir sur son propre passé mais va améliorer sa vie en intervenant sur la vie de son père puis remettre ça dans Retour vers le futur 2, en réparant les erreurs qu’il a lui-même commise dans le premier épisode.

De même dans Peut-être (1999) de Cédric Klapish, un homme qui hésite à faire un enfant à sa femme se retrouve projeté dans un Paris futuriste où il rencontre son propre fils, déjà très âgé, qui tente de le convaincre de passer à l’acte.

Enfin citons l’excellent Fréquence interdite (2000) de Gregory Hoblit. Un film étrange où un homme réussit à communiquer avec son père par ondes radio. Il va tenter d’empêcher la mort de celui-ci en le prévenant du drame qui l’attend et intervient donc sur son propre passé.


Lorsqu’un personnage voyage dans le temps pour modifier l’Histoire

Deuxième catégorie de voyages dans le temps, celui qui est entrepris dans le but précis de changer le cours de l’Histoire. C’est le cas des héros de la série télé Au coeur du temps (1966-1967), qui se sont perdus dans les couloirs du temps et tentent d’éviter à l’humanité quelques grandes drames du passé comme le naufrage du Titanic ou l’assassinat de Lincoln. Autre assassinat, autre série télé, le Professeur Sam Beckett de Code Quantum a tout fait pour éviter la mort du Président Kennedy dans un épisode double intitulé « Lee Harvey Oswald » (1992) et tente la même année, dans « Adieu Norma Jean », de sauver Marilyn Monroe. Kennedy aurait aussi pu être sauvé par un autre voyageur dans le téléfilm Au-delà du temps (1990) de Bruce Seth Green.

Les histoires mentionnées ci-dessus se basent sur la réalité et sont donc bien décevantes puisque si l’Histoire avait été modifiée, cela se saurait. Nos héros n’ont rien pu faire pour changer le cours de l’histoire. Par contre, quand l’histoire est une pure fiction, les voyageurs temporels sont alors capables de faire des miracles. C’est le cas du Professeur Beckett dans la quasi-totalité des épisodes de Code Quantum. Coincé dans la peau d’un personnage différent à chaque épisode, il doit résoudre les problèmes du personnage dans lequel il s’est incarné pour pouvoir s’échapper et espérer ainsi retrouver sa vraie vie dans le temps présent.

Autre cas, celui de l’écrivain H.G. Wells lui-même qui part, grâce à sa machine à explorer le temps, dans le San Francisco d’aujourd’hui, à la poursuite de Jack L’éventreur qui s’est échappé dans le temps et étripe nos contemporaines. Le film s’intitule C’était demain (1979) est fût réalisé par Nicolas Meyer.

Dans Demolition Man (1994) de Marco Brambilla, Sylvester Stallone parcourt le chemin inverse, allant du présent vers le futur pour capturer un tueur.

Enfin, citons les voyageurs venus du futur dans le temps présent comme des messies, pour éviter les catastrophes à venir. On les retrouve dans L’Armée des 12 singes (1995) de Terry Gilliam ou dans Terminator (1985) de James Cameron.


Lorsqu’un personnage adopte une autre époque

Troisième cas de figure, les personnages mal à l’aise dans leur vie qui découvrent une autre époque qui souvent leur convient mieux. Généralement, cela produit des histoires extrêmement romantiques.

Dans Quelque part dans le temps (1980) de Jeannot Szwarc, d’après le roman de Richard Matheson « Le jeune homme, le temps et la mort », un homme de notre époque voyage dans le temps grâce à l’hypnose, pour rencontrer le grand amour en la personne d’une sublime actrice qui vivait un siècle plus tôt.

Histoire un peu similaire dans le téléfilm La Montre à remonter le temps (2000) de Steven Schatcher, d’après un scénario de Rod Sterling pour la série télé La Quatrième dimension. Un homme découvre le bonheur dans la petite ville de Somerville en 1886 grâce à une montre magique découverte chez un antiquaire. Le Far West séduira aussi le Doc, qui quittera son époque pour vivre au temps des cowboys dans Retour vers le futur 3 (1990) de Robert Zemeckis.

C’est aussi cette histoire que l’on retrouve dans François Ier (1937) de Christian-Jaque, dans lequel Fernandel part à la cour du fameux roi de France et ne voudra plus en revenir, trouvant là-bas le bonheur.

De même, dans Brigadoon (1954) de Vincente Minnelli, les protagonistes se retrouvent par accident dans une merveilleux village enchanté du Moyen-Age alors que l’intrigue est utilisée à l’envers dans le film d’horreur 2000 Maniacs (1964) de Hershell Gordan Lewis dans lequel les personnages principaux se retrouvent dans un petit village du temps de la guerre de Sécession et vivent un cauchemar.


Les cas à part


Tout d’abord, celui du voyage scientifique dans le but d’explorer le futur par exemple. Il s’agit là de l’histoire du premier voyage dans le temps, celle écrite par H.G Wells et plusieurs fois portée à l’écran : La Machine à explorer le temps (1960) de George Pal ou (2002) de Gore Verbinski.

Il existe aussi les farces qui utilisent le voyage dans le temps que pour faire rire du décalage des personnages, perdus dans une époque qui n’est pas la leur, et de la surprise qu’ils provoquent chez ceux qui les accueillent. Citons, pour illustrer ce cas, Les Visiteurs (1993) de Jean-Marie Poiré ou Le Chevalier black (2001) de Gil Junger.

Autre histoire, celle de ces personnages d’une autre époque, conservés vivants et qui se réveillent soudain. C’est le cas de Hibernatus (1969) d’Edouard Molinaro ou de Forever young (1992) de Steve Miner.

Enfin n’oublions pas un autre film inclassable, mais qu’il est impossible de ne pas citer dans cet article, Bandits, bandits (1981) de Terry Gilliam. Les folles aventures d’un jeune garçon qui affronte le diable à travers les époques en empruntant des trous temporels.