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samedi 3 avril 2010

Match Point (2005)

Professeur de tennis dans un club huppé de Londres, Chris Wilton, un jeune arriviste, semble bien décidé à entrer dans la haute société britannique. Pour parvenir à ses fins, il séduit une jeune héritière mais ses certitudes sont mises à mal lorsqu’il rencontre une ravissante américaine dont il va tomber follement amoureux. Choisira-t-il l’ambition ou la passion ?

Match Point a créé l’événement parce qu’il s’agissait du premier film anglais de Woody Allen. Pour la première fois, le cinéaste laissait de côté New York, sa ville fétiche, dont il avait visiblement fait le tour, pour s’intéresser à un autre décor et à une autre société. Fini, les psys et les intellectuels new-yorkais, place aux financiers londoniens. Un dépaysement qui ne fait pas perdre au cinéaste son esprit critique. Il peint avec une évidente délectation cette haute société britannique conservatrice mais décadente, où nul n’a besoin de talent pour réussir : des relations et un peu de chance suffisent pour s’y imposer. Quant aux personnages, ils semblent dénués de complexes. Ce sont des êtres vides, entièrement absorbés par le désir d’afficher leur réussite.

Autre effet de l’exil, Woody Allen adopte l’humour noir et l’ironie dramatique des cinéastes qui ont fait le succès de la comédie britannique dans les années 50 et 60. On se délecte donc d’une histoire monstrueuse et immorale mais on ne rit pas vraiment car il n’y pas de gags dans Match Point. L’humour vient de la légèreté de la narration mais l’histoire est une véritable tragédie. Le sujet rappelle d’ailleurs Une Tragédie américaine du romancier Theodore Dreiser que George Stevens avait adapté au cinéma sous le titre Une place au soleil en 1951.

Côté casting, si Jonathan Rhys-Meyers semble encore un peu tendre, Scarlett Johansson plait toujours autant et inscrit un nouveau grand film dans sa filmographie. Les seconds rôles sont parfaits comme toujours dans les films de Woody Allen. Mention particulière à Matthew Goode et Emily Mortimer, frères et sœurs plein de charme et de nonchalance, dans ce surprenant Match Point.

Match Point, USA-Royaume Uni (2005), de Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Matthew Goode, Emily Mortimer, Brian Cox, Penelope Wilton.






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vendredi 19 février 2010

Lost in Translation (2003)

Un acteur vieillissant qui vient tourner un spot de pub au Japon ; la jeune femme délaissée d’un photographe de mode. A priori, ces deux américains, mariés chacun de leur côté, n’ont rien en commun et pourtant, ils éprouvent tous les deux la même solitude et cherchent, l’un comme l’autre, à donner un sens à leur vie. La promiscuité d’un hôtel de grand luxe, moderne et froid, à Tokyo, leur permettra de se rencontrer et de vivre une belle histoire.

Sofia Coppola a un talent fou. Elle l’avait déjà montré avec son premier film Virgin Suicide, elle le confirme avec le second Lost in Translation. Car il faut être une virtuose pour tenir le spectateur en haleine et l’enchanter avec une histoire d’une telle simplicité, dénuée de toutes les astuces scénaristiques que l’on retrouve habituellement dans les comédies romantiques américaines. Sans clichés ni rebondissements, on a l’impression d’assister non pas à un film mais à une histoire vraie. Et cette belle histoire d’un homme et d’une femme, mal dans leur peau, qui se rencontrent, sympathisent et s’aiment dans un pays étrange et étranger, n’en est que plus émouvante.

Loin des grands studios hollywoodiens, il existe un cinéma américain indépendant, adulte, imaginatif et talentueux et Sofia Coppola en est la première icône. Sa mise en scène d’une grande sensibilité, sa façon de filmer une histoire en ne s’intéressant qu’à des détails à première vue anodins, son attachement aux personnages plutôt qu’aux décors ou aux effets spéciaux font plaisir à voir et rappellent son père dans ses plus belles années.

Mais n’oublions pas les acteurs. Si le film marche si bien, c’est aussi en grande partie dû à son couple vedette : l’attachante et toujours juste Scarlett Johansson et l’inattendu Bill Murray qui montre que s’il sait toujours faire rire, il peut aussi émouvoir.

Lost in Translation
- USA (2003), de Sofia Coppola avec Scarlett Johansson, Bill Murray, Giovanni Ribisi, Anna Faris, Akimitsu Naruyama.






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