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samedi 4 décembre 2010

Les Rues de feu (1984)

Un groupe de bikers enlève une chanteuse en plein concert. L’impresario et amant de la chanteuse engage un ancien militaire, ancien compagnon de la chanteuse, et une baroudeuse pour la délivrer.

Avec Les Rues de feu, on sent bien que Walter Hill a tenté de réédité le coup des Guerriers de la nuit. L’histoire se déroule au début des années 60 mais le film a la même esthétique, un peu trop clinquante, propre aux vidéos clips de la première partie des années 80, avec un goût prononcé pour les scènes de ville la nuit. Quant au scénario, il est des plus légers avec des personnages jamais crédibles, interprétés par des acteurs peu convaincants à l’image de Michael Paré qui n’a ni le talent ni le charisme suffisant pour porter le film sur ses épaules. Seul le rythme et le suspense pouvait sauver ce film de la médiocrité mais hélas il n’y en a pas. Et le choix d’entrecouper le film de numéros musicaux n’arrange rien. Ce film est un ratage total.

Streets of Fire - USA (1984), de Walter Hill, avec Michael Paré, Diane Lane, Rick Moranis, Amy Madigan, Willen Dafoe, Deborah Van Valkenburgh, Richard Lawson, Rick Rossovich, Bill Paxton. (Acheter le film sur Amazon)




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dimanche 28 mars 2010

Aviator (2004)

Howard Hugues était un milliardaire américain très en vue dans l’Amérique des années 40 et 50. Il investissait des sommes colossales dans la production cinématographique et la construction aéronautique, s’attirant ainsi les foudres des patrons de ces deux industries qui ne voyaient pas d’un bon œil l’arrivée d’un tel concurrent. Mais derrière le génial homme d'affaires se cache un homme peu sûr de lui, qui sombre peu à peu dans la folie.

Aviator se divise clairement en trois parties. Dans la première, on suit les aventures de Howard Hugues producteur de films à Hollywood. Le génial « auteur » de Scarface, Hell’s Angels ou Le Banni parvient à rivaliser avec les grands studios et en profite pour fréquenter le tout Hollywood et nouer des idylles avec de ravissantes actrices telles que Jean Harlow, Katharine Hepburn ou Ava Gardner. La seconde partie est consacrée à la percée de Howard Hugues dans l’industrie aéronautique. Ce fou d’aviation laisse peu à peu tomber les fêtes hollywoodiennes et ses liaisons tourmentées avec les belles actrices pour fabriquer des avions extraordinaires et reprendre la fameuse compagnie aérienne TWA. Le film fait alors penser au superbe Tucker de Coppola. La dernière partie relate la déchéance du playboy excentrique. Sous pression, victime d’un complot, il sombre peu à peu dans la folie.

La filmographie de Martin Scorsese est passionnante. Voilà un cinéaste qui ne tourne jamais deux fois le même film. Cela n’empêche pas le thème de la folie de revenir dans un grand nombre de ses œuvres. Combien de fois n’a-t-il pas raconté l’histoire d’un homme dont le destin tragique le conduisait vers la folie. Rien d’étonnant alors de le voir s’attaquer à la biographie de Howard Hugues. Surtout lorsqu’on sait que Hugues a joué un rôle important dans le cinéma de années 40. L’occasion pour Scorsese de revenir sur le grand Hollywood d'antan qui l’a tant fasciné et dont il est devenu l’un des historiens.

Aviator tient donc à cœur à Martin Scorsese qui transforme cette biographie en un film très personnel. Et pourtant, la touche Scorsese est bien difficile à retrouver. Le film est lent et la réalisation très académique. Sans doute le sujet s’y prêtait-il... Le parallèle entre la vie de Howard Hugues et celle de Hearst a peut-être influencé le réalisateur qui marche dans les pas du géant Welles et de son fameux Citizen Kane. S’il ne fait aucun doute qu’Aviator est un bon film, on peut néanmoins se demander s’il s’agit d’un grand Scorsese ? Pas sûr…

Du côté de la distribution, Leonardo DiCaprio livre une prestation impressionnante qui révèle enfin toute l’étendue de son talent et mériterait un Oscar. A ses côtés, on remarque plutôt les bons seconds rôles masculins (Danny Huston, Alan Alda, Alec Baldwin, John C. Reilly) que les actrices, qui ont bien du mal à se faire passer pour leurs glorieuses aînées. Ainsi Cate Blanchett est peu crédible et agaçante en Katharine Hepburn alors que Kate Beckinsale incarne une bien fade Ava Gardner.

The Aviator – USA (2004) de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, John C. Reilly, Kate Beckinsale, Alec Baldwin, Alan Alda, Danny Huston, Ian Holm, Jude Law, Willem Dafoe.






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samedi 6 février 2010

Auto Focus (2001)

La vie chaotique de l'acteur américain Bob Crane qui interprétait le sympathique Colonel Hogan dans la série TV Papa Schultz et qui fut retrouvé mort, assassiné, à la fin des années 70.

En France, Bob Crane n'est connu que pour sa prestation dans l'hilarante série TV Papa Schultz. Aux États-Unis, on se souvient également de lui pour sa vie dissolue et sa mort tragique. Drogué de sexe, il passait ses soirées dans les clubs de strip-tease et dans les soirées hollywoodiennes les plus dévergondées à la recherche de filles faciles. Une fois chez lui, il ne se gênait pas pour photographier et filmer ses ébats amoureux. Des mœurs douteux qui allait le conduire à la déchéance puis à la mort puisqu'il fut assassiné durant son sommeil en 1978.

Paul Schrader est un scénariste mythique des années 70. Ses scénarios y sont pour beaucoup mais il est aussi connu pour ses névroses et ses abus en tout genre. C'est sans doute la raison pour laquelle il a choisi de filmer la vie de l'étonnant Bob Crane. La fascination de Schrader pour son personnage principal est évidente et elle est communicative. Le cinéaste filme avec délectation cette lutte entre le bien et le mal bien vite perdue par l'acteur puis son inexorable descente aux enfers.

Et si le sujet est aussi prenant, c'est aussi parce que Paul Schrader a magnifiquement su recréer le Hollywood du début des années 60 (le générique du début au graphisme d'époque est une merveille et la reconstitution des tournages de Papa Schultz est réjouissante), des années flower-power, puis des 70s.

Autofocus est l'un de ces rares films que l'on peut voir plusieurs fois sans se lasser car ce qui importe n'est pas de savoir comment l'histoire va se terminer mais plutôt d'essayer de comprendre pourquoi ce sympathique acteur va se laisser entraîner dans les abîmes. Un film important que le temps n'effacera sans doute pas.

Auto focus - USA (2001) de Paul Schrader avec Greg Kinnear, Willem Dafoe, Rita Wilson, Maria Bello, Ron Leibman.






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