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vendredi 24 septembre 2010

L’Adieu aux armes (1934)

Durant la première guerre mondiale, en Italie, un américain qui sert dans l’armée italienne comme brancardier s’éprend d’une infirmière anglaise. Lorsqu’il est blessé au front, celle-ci le soigne mais une fois rétabli, la guerre les sépare.

L’Adieu aux armes est un roman magnifique qui conte l’une des plus belles histoires d’amour du XXe siècle mais cette adaptation de Frank Borzage est bien loin d’être à la hauteur du roman d’Ernest Hemingway. Le cinéaste a coupé allégrement dans l’intrigue pour réduire ce chef d'œuvre de la littérature en une simple bluette sentimentale. Exit les scènes de guerre remplacées par des plans confus pris en extérieur nuit. Exit l’haletante escapade du couple vers la Suisse. Cela ressemble à un atroce roman photo pour vielles filles, exagérément mélodramatique. Et la présence du ténébreux Gary Cooper, de la pétillante Helen Hayes et du truculent Adolphe Menjou ne suffisent pas à sauver ce film de la médiocrité.

A Farewell To Arm - USA (1934), de Frank Borzage, avec Gary Cooper, Helen Hayes, Adolphe Menjou. (Acheter le DVD sur Amazon)


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dimanche 29 août 2010

Les Feux de la nuit (1988)

Jeune employé dans un quotidien new-yorkais, Jamie Conway vient d’être largué par son épouse. Il passe ses soirées et ses nuits dans les boites de la ville et sniffe de la cocaïne nuit et jour alors que sa vie s’écroule.

Adapté le roman Bright Light, Big City n’est pas simple. Le réalisateur James Bridges s’y est cassé les dents même s’il avait confié le script à Jay McInerney, l'auteur du roman. Pourquoi un tel échec ? D’abord à cause du scénario défaillant qui ne parvient pas à instaurer l'ombre d'un suspense et à des personnages secondaires inexistants. La mise en scène est elle aussi coupable. Une mise en scène nerveuse et audacieuse comme celle de Roger Avary qui a su adapter l’inadaptable Les Lois de l’attraction avec succès aurait été plus adaptée à cette histoire que la mise en scène gentillette de James Bridges, digne d’un vulgaire téléfilm. Enfin on a beau aimer Michael J. Fox, force est de constater qu’il ne parvient pas à convaincre dans ce rôle de looser accroc à la coke. Les acteurs de comédies peuvent se révéler extraordinaires lorsqu’ils sont utilisés à contre-emploi dans des rôles dramatiques mais dans le cas des Feux de la nuit, c’est un fiasco. Concernant les autres comédiens, difficile de rendre compte de leur performance tant leurs personnages sont négligés et donc transparents. Dommage pour Kiefer Sutherland, Phoebe Cates et Dianne West. Seule la bande-son signée Donald Fagen est à la hauteur.

Bright Light, Big City
- USA (1988) de James Bridges, avec Michael J. Fox, Kiefer Sutherland, Phoebe Cates, Dianne West.






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vendredi 23 juillet 2010

L’Homme de la tour Eiffel (1949)

Un jeune bourgeois américain commandite l’assassinat de sa tante afin de toucher un héritage qu’il attend avec impatience. Maigret ne tarde pas à démasquer l’assassin qui joue avec le commissaire, persuadé que ce dernier ne pourra jamais prouver sa culpabilité.

Ce Maigret « made in USA », adapté du roman La Tête d’un homme, est fort décevant. Mais est-ce une surprise ? Le film a beau avoir été tourné à Paris, le metteur en scène et comédien Burgess Meredith n’a pas su utiliser la ville comme il aurait fallu, n’en montrant qu’une image d’Epinal, un Paris de carte postale bien éloigné du Paris quotidien des romans de Georges Simenon. Quant aux personnages et à leur psychologie, le point fort des roman de Simenon, ils sont rapidement survolés. Reste une intrigue peu captivante, une mise en scène mollassonne qui frise l’amateurisme et des comédiens sans charisme à l’exception du grand Charles Laughton hélas guère convainquant dans le rôle de Maigret.

The Man on the Eiffel Tower - USA (1949) de Burgess Meredith, avec Charles Laughton, Franchot Tone, Burgess Meredith, Robert Hutton, Jean Wallace, Patricia Roc.




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lundi 19 juillet 2010

La Femme en vert (1945)

A Londres, des jeunes femmes sont assassinées et l’un de leur doigt est systématiquement sectionné. Scotland Yard fait appel à Sherlock Holmes pour mettre un terme à ces crimes.

Cette énigme est un peu décevante. On comprend très vite que l’on n’a pas à faire à un serial killer mais à une organisation criminelle menée par le brillant professeur Moriarty, ennemi juré de Sherlock Holmes. Mais cette ambiance mystérieuse et inquiétante sur fond d’hypnose a du charme tout comme la complice du Dr. Moriarty, une blonde fatale interprétée par Hillary Brooke. Difficile de ne pas être charmé. Et comme à son habitude, Basil Rathbone campe Sherlock Holmes à la perfection. On jurerait que le personnage de Sir Arthur Conan Doyle a été créé pour lui.

The Woman in Green - USA (1945), de Roy William Neill, avec Basil Rathbone, Nigel Bruce, Hillary Brooke, Henry Daniell, Paul Cavanagh, Matthew Boulton.






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mercredi 14 juillet 2010

Le Train de la mort (1946)

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont engagés pour assurer la sécurité d’un diamant de grande valeur à bord d’un train. Mais cela n’empêche pas leur client d’être assassiné et le diamant d’être volé. Holmes part à la recherche du coupable.

Ce court film (une heure pile) est brillant car aucune scène n’est superflue. Tout est fait pour servir une énigme bien ficelée mettant en scène de nombreux suspects : les quelques passagers à bord de la voiture sont tous suspects et ce sont tous des personnages savoureux ou intrigants. Parmi eux, on remarquera la ravissante Renee Godfrey qui aurait méritée une plus belle carrière. Et c’est évidemment un plaisir de voir le légendaire Sherlock Holmes mener cette enquête, assisté par le Dr. Watson et l’inspecteur Lestrade, deux enquêteurs peu doués. Le fameux détective privé est interprété avec savoir-faire par Basil Rathbone, un habitué du rôle, qui colle parfaitement au personnage de Sir Arthur Conan Doyle. C’est sans doute aussi pour cette raison que le film fonctionne si bien.

Terror by night
- USA (1946) de Roy William Neill, avec Basil Rathbone, Nigel Bruce, Alan Mowbray, Dennis Hoey, Renee Godfrey, Mary Forbes.






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jeudi 13 mai 2010

The Reader (2008)

Dans l’Allemagne d’après-guerre, un adolescent bourgeois découvre l’amour dans les bras d’une femme un peu frustre et de condition modeste. Quelques années après la fin de leur liaison, il la retrouve sur le banc des accusés où elle est jugée pour des crimes nazis.

Cette adaptation du magnifique roman de Bernard Schlink est une vraie réussite. Son réalisateur Stephen Daldry (Billy Elliott, The Hours) a parfaitement su traduire en images cette histoire d’amour belle, sensuelle et à mille lieues des romances habituelles. Tout d’abord parce qu’il est rare de voir un film dans lequel un homme jeune tombe sous le charme d’une femme plus âgée et surtout sans une once de sophistication. Ensuite, parce que la découverte soudaine du passé effroyable de cette ancienne amante donne à cette histoire d’amour simple une impressionnante profondeur. Le film aborde alors le thème de la culpabilité de ces employés nazis qui ont participé aux crimes de guerre en obéissant aux ordres reçus. Sont-ils coupables ? Que pouvaient-ils faire d’autre qu’obéir ? Et plus intéressant, il se pose aussi la question de savoir si l’on peut continuer à aimer une personne après avoir découvert qu’elle a commis ce genre de crime. Kate Winslet sur qui repose tout le film est absolument fabuleuse dans ce rôle qui lui a valu un Oscar. On reprochera juste à ce film une américanisation de l'intrigue qui nuit un peu au réalisme : pourquoi ces personnages allemands lisent-ils et écrivent-ils en anglais ? On comprend bien qu’ils parlent anglais puisqu’il s’agit d’un film américain mais un minimum d’allemand pour ces passages sans importance pour la compréhension de l’histoire aurait été plus judicieux.

The Reader - USA, Allemagne (2008), de Stephen Daldry, avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross, Bruno Ganz, Jeanette Hain.






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Stand By Me (1986)

Un romancier se souvient d’un été où, enfant, il était parti en expédition avec trois amis pour retrouver le cadavre de la malheureuse victime d'un accident.

Avec cette fidèle adaptation d’une longue nouvelle de Stephen King, Rob Reiner se souvient de l’Amérique de sa jeunesse, celle du tout début des années 60. Mais c’est surtout les amitiés fortes, propres à cette période de la vie où l’on quitte l’enfance pour entrer doucement dans l’adolescence, que le cinéaste dépeint. Une peinture réussie grâce à la parfaite alchimie qui s’opèrent entre les quatre jeunes acteurs de ce film. Tous sont talentueux et ont poursuivi leur carrière de comédien après ce film mais on est surtout marqué par River Phoenix qui possédait déjà à 15 ans un charisme rare.

L'histoire est simple et belle et certaines scènes sont presque devenues cultes (les enfants qui courent sur un pont pour échapper au train, la marre aux sangsues, l'histoire du concours de bouffeurs de tartes). Stand By Me est un film touchant, un peu nostalgique et gentiment mélancolique que l’on peut voir et revoir avec le même plaisir.

Stand By Me
- USA (1986), de Rob Reiner, avec Wil Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman, Jerry O’Connell, Kiefer Sutherland, Richard Dreyfuss.






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dimanche 9 mai 2010

Deux rouquines dans la bagarre (1956)

Deux sœurs pactisent avec un truand pour faire élire à la mairie l’homme qu’elles soutiennent, déclenchant ainsi une guerre des gangs.

Le film suit avant tout le personnage joué par John Payne, crapule opportuniste qui utilise l’élection municipale pour renverser le parrain local et prendre sa place. Pourtant il ne s’agit pas là du personnage le plus intéressant. Comme les autres personnages masculins de ce film (le parrain, le maire), il est assez prévisible. La caméra et les yeux des spectateurs sont braqués sur les « deux rouquines » : celle interprétée par Rhonda Fleming qui semble bonne et vertueuse à première vue mais qui se révèle prête à toutes les manipulations pour défendre ses intérêts, et l’autre (Arlene Dahl), sa sœur, son fardeau, qui sort de prison et qui semble plus délurée. Cette dernière se révèle être une cleptomane doublée d’une nymphomane.

Les personnages qui se manipulent tous les uns les autres réussissent leur coup. Tous sortent gagnants mais un incident va dérégler ce plan parfait et les mettre en danger. Les voilà tout d’un coup sur le point de tout perdre. On reconnaît bien dans ce scénario la patte de James M. Cain. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de ce grand maître du polar. Les femmes belles et très sensuelles semblent sans défense mais elles se révèlent être fatales. Ce sont elles qui tiennent les rênes. Les hommes, mêmes puissants ou violents, ne sont que des pions sur leur échiquier. Ils leurs doivent leur réussite et leur perte. Mais, et c’est peut-être dommage, cette histoire est moins noire qu’à l’accoutumé pour du Cain. C’est comme si le scénariste avait fait machine arrière au dernier moment pour remettre l’histoire et les personnages sur le droit chemin.

On appréciera la mise en scène soignée et efficace d’Allan Dwan qui n’a pas eu peur de filmer des scènes très osée à une époque où la censure se montrait sévère. Les admirateurs de Rhonda Fleming et d’Arlene Dahl ne seront pas déçus. Ils ne les verront pas souvent dans de si beaux rôles.



Slightly Scarlet - USA (1956) de Allan Dwan, avec John Payne, Rhonda Fleming, Arlene Dahl, Kent Taylor, Lance Fuller.


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samedi 1 mai 2010

L'Héritière (1949)

Dans la bourgeoisie américaine du XIXe siècle, une riche jeune femme sans charme tombe amoureuse d’un beau jeune homme qui ne la courtise que pour sa dote.

Adapter un roman de Henry James n’est pas facile. William Wyler a pourtant réussi à faire un grand film de ce magnifique roman (Washington Square). Le cinéaste adapte l’histoire avec fidélité et sa caméra scrute avec précision les personnages car ce sont eux qui sont au cœur de ce suspense psychologique. Montgomery Clift en jeune homme irrésistiblement ambitieux est transcendant et il n’est pas étonnant que George Stevens lui ait confié, deux ans plus tard, un rôle similaire dans le fameux Une place au soleil. La partenaire de Clift, Olivia de Havilland est étonnante en jeune femme complexée et sans cesse humiliée. Nul doute qu’il s’agit là de son plus grand rôle. L’actrice a d’ailleurs reçu un Oscar et un Golden Globe pour son interprétation dans ce film. Mais les deux acteurs principaux ne doivent pas faire oublier deux autres comédiens fabuleux dans ce film : Ralph Richardson, dans le rôle du père qui n’éprouve que de la pitié pour une fille qu’il rabaisse constamment, et Miriam Hopkins, tante malicieuse qui joue les entremetteuses et tombe sous le charme du beau prétendant de sa nièce. L’interprétation de ces deux comédiens est pour beaucoup dans la réussite du film.

Signalons enfin que la musique de ce film, signée Aaron Copland, a également été récompensée d’un Oscar, tout comme les décors et les costumes permettant à L’Héritière de remporter 4 Oscars sur ses 8 nominations.

The Heiress – USA (1949) de William Wyler, avec Montgomery Clift, Olivia de Havilland, Ralph Richarson, Miriam Hopkins, Vanessa Brown.






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vendredi 30 avril 2010

Au-dessous du volcan (1984)

Ex-consul britannique au Mexique, Geoffrey Firmin ne dessaoule plus depuis que sa femme l’a trompé avec son frère puis quitté. Mais voilà l’épouse de retour au foyer, décidée à redonner une chance à leur couple. Parviendra-t-elle à changer le cours des choses ?

On disait le roman de Malcolm Lowry inadaptable. John Huston a eu l’imprudence d’en faire un film, s’attirant les foudres de la critique. Pourtant son film tient la route. Il décevra peut-être les fans du roman mais il s’agit d'un très beau film, hanté par la mort : les symboles de la mort y sont nombreux à commencer par cette fête des morts durant laquelle se déroule toute l’intrigue et qui incite à penser que la mort est inéluctable et que l’on assiste à une tragédie.

Dans des rôles difficiles, les comédiens s’en sortent bien. Albert Finney semble s’amuser à jouer les alcooliques lucides, ivre du début à la fin du film. A ses côtés, Jacqueline Bisset, qui incarne celle par qui le malheur est arrivé et qui représente pourtant, pour son mari, l’unique chance de s’en sortir, nous émerveille par sa beauté. Signalons aussi la présence de la senior Katy Jurado en tenancière de troquet.

Under The Volcano
- USA (1984) de John Huston, avec Albert Finney, Jacqueline Bisset, Anthony Andrews, Katy Jurado, Sergio Calderon.






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samedi 24 avril 2010

La Bête aveugle (1968)

Un inquiétant sculpteur aveugle enlève la belle modèle Aki et la retient prisonnière dans son atelier. Il veut faire d’elle un chef d’œuvre de l’art tactile.

Edogawa Rampo (Edgar Allan Poe prononcé à la japonaise) est un grand maître du roman policier et du roman d’angoisse. Son chef d’œuvre, La Bête aveugle écrit en 1931 reste d’une grande modernité. La poésie sensuelle et inquiétante de ce court roman tient le lecteur en haleine du début à la fin.

Hélas, il n’en est rien avec le film de Yasuzo Masumura, cinéaste coté de la nouvelle vague japonaise. A contre-pied de l’écrivain qui faisait lentement monter l’angoisse, le cinéaste rentre très tôt dans le vif du sujet en mettant en scène l’enlèvement dès le début du film. Il filme donc une heure et demi durant, la captivité de la jeune femme et l’évolution de ses sentiments et de ses relations avec son ravisseur. On est d’abord ébloui par cette magnifique scène où la jeune femme découvre l’atelier de l’artiste aveugle, immense hangar où sont exposées des représentations géantes de diverses parties du corps féminin. Puis une fois le décor planté, on assiste au spectacle atterrant de ce couple improbable qui se bat, s’aime puis se détruit dans une succession de scène ennuyeuses et grotesques. L’angoisse et l’érotisme qui ont fait le succès du roman sont bien loin. Seuls seront satisfaits les amateurs de séries B kitsch des années 60.

Peut-être Yasuzo Masumura pensait-il à son adaptation de La Bête aveugle lorsqu’il déclarait à propos des adaptations cinématographiques de roman « Je pense que c’est une chose absolument impossible. Il y a un univers qui n’existe que par les mots et qu’on ne peut pas exprimer par l’image. » (Propos recueillis au magnétophone à Tokyo en 1969 par Aoi Ichiro, Shirai Yoshio et Yamada Koichi, traduits du japonais par Yamada Koichi et Jane Cobbi).

盲獣 - Japon (1968) de Yasuzo Masumura avec Eiji Funakoshi, Mako Midori, Noriko Sengoku.






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Effroyables jardins (2003)

Pendant l'Occupation, deux comparses, amoureux de la même femme, décident de commettre un acte de résistance pour l'impressionner. Mais les choses tournent mal et les deux hommes sont pris en otage par les allemands...

Le fait que Jean Becker ait adapté Effroyables jardins, de Michel Quint, est surprenant. En effet, Becker s'était surtout illustré dans la comédie, dernièrement, alors que le très court roman de Quint est assez sombre. Que les nombreux amateurs du cinéma de Becker se rassurent, le cinéaste n'a pas renoncé pour autant à son style. Effroyables jardins est un film enjoué et agréable à regarder, dans la plus pure tradition du cinéma populaire français. Le film de Becker est fidèle au récit de Michel Quint mais le cinéaste a raconté l'histoire à sa manière, en créant une atmosphère de tendresse et de bonne humeur. Il a aussi mis en avant les personnages alors que ceux-ci semblaient plutôt être au service de l'histoire dans le roman. Un magnifique cadeau pour André Dussolier et Jacques Villeret, qui trouvent une fois de plus des rôles à la hauteur de leur talent, mais aussi pour les comédiens qui interprètent des personnages secondaires comme Thierry Lhermitte ou Isabelle Candelier.

Effroyables jardins - France (2003) de Jean Becker avec André Dussolier, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Benoît Magimel, Isabelle Candelier, Suzanne Flon.






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dimanche 4 avril 2010

Et si c'était vrai... (2005)

David Abbott loue un appartement de rêve à San Francisco. Mais celui-ci est hanté par l’ectoplasme de l’occupante précédente, une blonde furibarde, victime quelques temps plus tôt d’un accident de voiture. Pour pouvoir s’en débarrasser, David consent à l’aider à découvrir qui elle est et ce qui lui est arrivé.

Les lecteurs du célèbre best-seller de Marc Lévy savent à quoi s’attendre. Les autres doivent savoir qu’il s’agit là d’une comédie romantique fantastique, une sorte de conte de fée contemporain. Autant dire que les allergiques au merveilleux et aux belles histoires d’amour made in Hollywood feraient mieux de passer leur chemin. Les autres se régaleront de cette histoire souvent amusante et parfois émouvante, bien amenée par deux comédiens qui parviennent à apporter un peu de fraîcheur à un genre qui en manque beaucoup. Mark Ruffalo est très convaincant dans le rôle du brun ténébreux solitaire qui tombe peu à peu sous le charme du charmant ectoplasme, et Reese Witherspoon est craquante quand elle fait la tête et qu’elle se met en colère et plus encore quand elle s’adoucit.

Just Like Heaven - USA (2005) de Mark Waters, avec Reese Witherspoon, Mark Ruffalo, Donald Logue, Ben Shenkman, Jon Heder.






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dimanche 14 février 2010

Un américain bien tranquille (2002)

Thomas Fowler est un journaliste britannique vieillissant qui se la coule douce au Vietnam avec une ravissante taxi girl du coin tout en regardant d’un œil cynique le conflit entre l’armée française et les rebelles communistes. Mais l’arrivée d’un jeune américain idéaliste va tout bouleverser : celui-ci s’éprend de la compagne du journaliste et semble mener un jeu bien trouble au sein du conflit vietnamien.

Phillip Noyce a réalisé un bien beau film malgré une absence de moyens évidente pour un film américain de ce genre. Il faut dire que peu de producteurs ont dû se précipiter pour financer ce film qui remet en question l’intervention américaine au Vietnam alors que les États-Unis traversaient une période de patriotisme exacerbé. Mais qu’importe, l’histoire est là et elle tient la route. Le scénario est fidèle à l’œuvre de Graham Greene même s’il ne parvient jamais à en restituer toute la profondeur. Dans ce drame politique mais aussi humain, l’interprétation est excellente. En particulier celle de Michael Caine qui montre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent. Il a d’ailleurs récolté pour ce film une quantité impressionnante de récompenses ainsi qu’une nomination aux Oscars.

The Quiet American – USA (2002) de Phillip Noyce, avec Michael Caine, Brendan Fraser, Do Thi Hai Yen.






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samedi 6 février 2010

Le Club des empereurs (2002)

Le Club des empereurs se déroule au lycée St. Benedict au début des années 70. Il s'agit d'un lycée à l'ancienne, destiné aux rejetons de l'élite américaine. Le personnage principal, interprété par Kevin Kline, y enseigne l'histoire Antique. C'est un idéaliste qui croit dur comme fer en sa matière que certains jugent désuète et inutile. Pour la nouvelle année scolaire, il a dans sa classe un élève arrogant et turbulent qui n'a pas du tout l'intention d'étudier. Malgré tout, le professeur est bien décidé à en faire un de ses plus brillants élèves...

L'atmosphère de ce petit film n'est pas sans rappeler les classiques du genre : Au revoir M. Chips et Le Cercle des poètes disparus. Malheureusement, Le Club des empereurs n'a rien de transcendant et c'est avec bien peu d'intérêt que l'on suit cette histoire dont le clou est une sorte de "Question pour un champion" spécial Antiquité qui permet de couronner, parmi tous les élèves de la classe, le "Jules César" de l'année.

On retiendra néanmoins que Le Club des empereurs a réussi à se démarquer de ses prédécesseurs grâce à son cynisme inespéré.

The Emperor's Club
- USA (2002) de Michael Hoffman avec Kevin Kline, Embeth Davidtz, Emile Hirsch, Patrick Dempsey.






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dimanche 17 janvier 2010

Dr. Jekyll et Mr. Hyde (1920)

Le Dr. Jekyll est un médecin humaniste qui néglige son existence pour se consacrer aux autres. Le trouvant trop vertueux, ses amis l’amènent dans un cabaret malfamé pour lui faire découvrir la tentation. L’homme est incapable de céder à ses instincts primaires mais il invente une potion qui peut séparer les deux natures de l’homme : la bonté et le mal. Le Dr Jekyll peut ainsi conserver sa pureté tout en menant une vie de dépravé sous les traits de l’abject Mr. Hyde. Mais, peu à peu, Mr. Hyde prend le pas sur le Dr. Jekyll.

Dr Jekyll et Mr Hyde est le plus grand succès du réalisateur John S. Robertson et ce film muet est l’une des plus célèbres adaptation cinématographique du roman de Robert Louis Stevenson. Robertson laisse un peu de côté le thème des dangers que représentent la science pour l’homme pour se consacrer à celui de la lutte entre le Bien et le Mal. Le personnage principal est le plus vertueux des hommes mais lorsqu’il découvre la tentation, il se retrouve bien démuni et doit recourir à la science pour protéger son « âme immortelle ». L’homme peut-il échapper à la tentation ? Le Bien et le Mal peuvent-il cohabiter dans le même corps ? Le Bien peut-il vaincre le Mal ? L’approche, on le voit, est très religieuse.

Côté mise en scène, Robertson déçoit, se contentant souvent de poser la caméra dans un coin du décors et de filmer de longs plans fixes. Il réussit néanmoins une excellente et assez effrayante scène surréaliste dans laquelle on voit une araignée géante qui a l’apparence de Mr. Hyde avancer lentement et dévorer le malheureux Dr. Jekyll, allongé sur son lit.

L’acteur star John Barrymore, très à l’aise pour interpréter à la fois le vertueux Dr. Jekyll et le hideux Mr. Hyde, pallie à la mise en scène trop statique de Robertson. Barrymore se démène comme un beau diable et sa performance fut très remarquée à l’époque. De nos jours, évidemment, le jeu de Barrynore parait trop exagéré pour être crédible mais ses transformations sont très réussie. Mr. Hyde est une créature hideuse qui rappelle un peu les vampires avec ses mains trop allongées et se grandes dents sales. C’est un être repoussant qui respire le mal mais pas un monstre de grand guignol.

Aux côtés de Barrymore, on note la présence de la belle Martha Mansfield dans le rôle de la fiancée du Dr. Jekyll. Jouer une jeune femme de bonne famille, belle et pure, ne permet pas à Martha Mansfield de briller mais c’est l’occasion pour le spectateur d’admirer les beaux yeux clairs de cette actrice très tôt disparue.

Dr. Jekyll And Mr. Hyde - USA (1920) - de John S. Robertson, avec John Barrymore, Charles Lane, Brandon Hurst, Nita Naldi, Martha Mansfield.




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Justine (1969)

Espionnage, complots et trahison parmi les représentants de la communauté internationale au Caire. Tous ces personnages sont fascinés et sous le charme de la belle Justine, séductrice et mystérieuse.

Le quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durrell fait partie des chefs d’œuvres de la littérature du XXe siècle. Rien de surprenant à ce qu’il ait été adapté au cinéma mais était-il possible de compiler les quatre tomes pour en faire un film d’à peine deux heures ? De toute évidence, non. Le scénario emprunte aux quatre romans mais sacrifie une multitude de scènes et un grand nombre de personnages. Comment s’étonner dans ces conditions de la déception suscitée par ce film ? Les fans de l’œuvre littéraire pousseront des cris d’horreur et ceux qui ne l’ont pas lu ne comprendront strictement rien à l’intrigue. Dommage car les nombreux comédiens de talent qui avaient pris part à cette aventure se montrent souvent irréprochables. Mais que vient faire George Cukor dans cette galère ?

Justine
- USA (1969) de George Cukor, avec Anouk Aimée, Dirk Bogarde, Robert Foster, Anna Karina, Philippe Noiret, Michael York, John Vernon, Jack Albertson, Cliff Gorman, Michael Constantine, Marcel Dalio, Michael Dunn.




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Sérénade (1953)

Après une ascension rapide, un chanteur d’opéra victime d’une femme cruelle vit une longue descente aux enfers. Mais, alors qu’on le croit perdu, le chanteur retrouve l’amour puis la voix au Mexique.

Anthony Mann a tiré d’un roman très sombre de James M. Cain (Le Facteur sonne toujours deux fois, Assurance sur la mort), un mélo lamentable dans lequel le chanteur d’opéra Mario Lanza passe en revue tout le répertoire classique. On appréciera ou pas les vocalises du ténor mais il est bien difficile de lui trouver un talent d’acteur. Quant à Anthony Mann on peut lui en vouloir d’avoir considérablement édulcoré le roman, transformant notamment le personnage homosexuel en hétérosexuel. Quel est l’intérêt d’adapter un roman si c’est pour ne rien en garder ou presque ? On lui en voudra également d’avoir réaliser ce film épouvantablement lent et ennuyeux, indigne de son talent et de sa réputation, qui n’a semble-t-il pas d’autre objectif que de nous faire admirer la voix du lourdingue Mario Lanza.

Le seul intérêt de Sérénade vient des seconds rôles : Joan Fontaine, exquise en garce, et Vincent Price, excellent en producteur cynique.

Serenade - USA (1956) d’Anthony Mann, avec Mario Lanza, Joan Fontaine, Sarita Montiel, Vincent Price, Joseph Calleia, Vince Edwards.


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