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dimanche 28 mars 2010

Broken Flowers (2005)

Don est un quinquagénaire fortuné qui passe ses journées à ne rien faire. Rien ne peut le sortir de son apathie, pas même d'être plaqué par sa petite amie ou de recevoir une lettre anonyme lui révélant qu'il a un fils de 20 ans. Son sympathique voisin va néanmoins le convaincre de partir à la recherche de ses ex pour découvrir l'auteur de la lettre.

On pourrait s'attendre à un film émouvant sur un homme qui, arrivé à mi-chemin de la vie, se retourne sur son passé avec nostalgie et retrouve les femmes qu'il a aimé. Mais Jim Jarmusch en a décidé autrement. Le film est sombre. Chaque visite à une ex ressemble à la découverte d'un monde étrange. Et qu'ils soient chaleureux ou hostiles, ces mondes sont totalement étrangers à Don. Ces femmes, qui furent jadis si proches, n'ont désormais plus rien en commun avec lui ou avec ce qu'elles étaient. Rien ne sert de rechercher un sens à sa vie dans le passé nous dit le film.

Jim Jarmusch est un magicien. Il nous le montre une fois de plus avec Broken Flowers, une histoire sombre et angoissante dont il tire un film léger, tendre et élégant avec un casting parfaitement maîtrisé. Bill Murray est magnifique. Que de chemin parcouru par cette star de l'humour potache des années 80-90, devenue l'une des icônes du nouveau cinéma indépendant américain depuis sa collaboration avec Wes Anderson (Rushmore, La Famille Tenenbaum, La Vie aquatique et surtout avec Sofia Coppola (Lost in Translation)! Jeu sobre, attitude désabusée, humour pince-sans-rire, il est parfait en paumé, spectateur de sa propre vie. Parfaites aussi les actrices à qui Jim Jarmusch a offert les seconds rôles : Julie Delpy, Sharon Stone, Frances Conroy, Jessica Lange et Tilda Swinton.

Broken Flowers - USA (2005) de Jim Jarmusch, avec Bill Murray, Sharon Stone, Julie Delpy, Frances Conroy, Jessica Lange, Ilda Swinton, Jeffrey Smith.






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vendredi 19 février 2010

Lost in Translation (2003)

Un acteur vieillissant qui vient tourner un spot de pub au Japon ; la jeune femme délaissée d’un photographe de mode. A priori, ces deux américains, mariés chacun de leur côté, n’ont rien en commun et pourtant, ils éprouvent tous les deux la même solitude et cherchent, l’un comme l’autre, à donner un sens à leur vie. La promiscuité d’un hôtel de grand luxe, moderne et froid, à Tokyo, leur permettra de se rencontrer et de vivre une belle histoire.

Sofia Coppola a un talent fou. Elle l’avait déjà montré avec son premier film Virgin Suicide, elle le confirme avec le second Lost in Translation. Car il faut être une virtuose pour tenir le spectateur en haleine et l’enchanter avec une histoire d’une telle simplicité, dénuée de toutes les astuces scénaristiques que l’on retrouve habituellement dans les comédies romantiques américaines. Sans clichés ni rebondissements, on a l’impression d’assister non pas à un film mais à une histoire vraie. Et cette belle histoire d’un homme et d’une femme, mal dans leur peau, qui se rencontrent, sympathisent et s’aiment dans un pays étrange et étranger, n’en est que plus émouvante.

Loin des grands studios hollywoodiens, il existe un cinéma américain indépendant, adulte, imaginatif et talentueux et Sofia Coppola en est la première icône. Sa mise en scène d’une grande sensibilité, sa façon de filmer une histoire en ne s’intéressant qu’à des détails à première vue anodins, son attachement aux personnages plutôt qu’aux décors ou aux effets spéciaux font plaisir à voir et rappellent son père dans ses plus belles années.

Mais n’oublions pas les acteurs. Si le film marche si bien, c’est aussi en grande partie dû à son couple vedette : l’attachante et toujours juste Scarlett Johansson et l’inattendu Bill Murray qui montre que s’il sait toujours faire rire, il peut aussi émouvoir.

Lost in Translation
- USA (2003), de Sofia Coppola avec Scarlett Johansson, Bill Murray, Giovanni Ribisi, Anna Faris, Akimitsu Naruyama.






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