vendredi 15 avril 2011

Il marchait la nuit (1948)

Un soir à Los Angeles, un policier est abattu alors qu'il contrôlait l'identité d'un homme au comportement suspect. Les enquêteurs disposent de peu d'indices pour retrouver l'assassin.

Une ville, un fait divers. L'occasion pour le réalisateur (Alfred L. Werker au générique, Anthony Mann dans les faits) de filmer avec réalisme à la manière d'un documentaire le travail de la police pour résoudre l'énigme et interpeler l'assassin. La présence d'un narrateur qui adopte le ton d'un journaliste d'actualité de l'époque renforce l'aspect documentaire tout comme l'emploi de visages anonymes (pas de star dans ce film). Cette bonne série B, produite par la petite société de production Eagle-Lion Films, bénéficie de plans soignés et d'un montage relativement nerveux. On pense inévitablement au feuilleton Dragnet qui connut un grand succès dans les années 50 à la radio puis à la télévision. Normal puisque c'est ce film qui inspira la série. On retrouve d'ailleurs dans le casting Jack Webb qui devint l'acteur principal de Dragnet. Ce n'est pourtant pas lui qui aimante la caméra mais Richard Basehart, alors inconnu, dans le rôle de l'assassin, à la fois beau et inquiétant.

He Walked by Night - USA (1948) de Alfred L. Werker, avec Richard Basehart, Scott Brady, Roy Roberts, Whit Bissell, Jack Webb. (Acheter le DVD sur Amazon)


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dimanche 10 avril 2011

Le Voyage de la peur (1953)

Deux hommes partent en virée au Mexique. Ils s’arrêtent en route pour prendre un auto-stoppeur. Manque de chance, il s’agit d’un tueur en fuite particulièrement dangereux.

Ce petit thriller au budget limité s’est imposé avec le temps comme un grand film de série B des années 50. La tension monte progressivement à bord de la voiture conduite par les deux personnages principaux sous la menace d’une tueur psychopathe qui, ils le savent, les éliminera dès qu’il n’aura plus besoin d’eux. Il leur faudra donc ruser pour pouvoir s’échapper mais, face à un adversaire aussi coriace, ce n’est pas aisé. Tout le film repose sur William Talman, très inquiétant dans le rôle du tueur. Son côté inquiétant est renforcé par une belle trouvaille : une blessure l’empêche de fermer un œil, même quand il dort, ce qui rend l’évasion des deux otages beaucoup plus compliquée et contribue au malaise du spectateur. On aurait quand même pu espérer quelques péripéties en plus, le film semblant parfois un peu lent. Enfin, il faut noter qu’il s’agit là de la plus fameuse réalisation d’Ida Lupino, la seule actrice de son temps à être passée derrière la caméra.

The Hitch-Hiker - USA (1953) de Ida Lupino, avec Edmond O’Brien, Frank Lovejoy, William Talman, José Torvay. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 2 avril 2011

La Mer regarde (2002)

A l’époque d’Edo, dans une maison close, des prostituées vivent ensemble en parfaite harmonie, espérant qu’un jour un client demandera leur main. C’est notamment le cas de Oshin, courtisée par un jeune samouraï à qui elle est venue en aide.

Le cinéma japonais regorge de films sur les bordels, le plus souvent des séries B voyeuristes. Tel n’est pas le cas de cette adaptation d’un scénario d’Akira Kurosawa qui propose de beaux portraits de femmes. La mise en scène très poétique de Kei Kumai appuie sur le symbolisme plus que sur le réalisme. Et le cinéaste semble se soucier plus d’esthétisme que de rythme. Le film, presque dépourvu de scènes d’action, s’étire sur deux longues heures et l’on peut trouver le temps long si l’on est insensible à l’élégance et au charme de ces poupées japonaises du siècle dernier, interprétées par d’excellentes actrices, la plus remarquable étant sans nul doute Misa Shimizu.

海は見ていた – Japon (2002), de Kei Kumai, avec Misa Shimizu, Nagiko Tôno, Masatoshi Nagase, Hidetaka Yoshioka, Michiko Kawai, Yumiko Nogawa, Tenshi Kamogawa. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 26 mars 2011

Fantomas contre Scotland Yard (1967)

Fantomas met en place un plan diabolique pour racketter les plus grosses fortunes de la planète. Ceux-ci, réunis dans un château en Écosse, font notamment appel au célèbre Commissaire Juve pour contrer les plans du criminel.

Fantomas et son plan qui se veut diabolique mais n’est que ridicule n’impressionne pas. D’ailleurs, ce personnage de légende qui fit trembler bien des lecteurs et des spectateurs au début du XXe siècle n’est plus vraiment au cœur de l’intrigue. Il n’est ici que le faire-valoir de Louis de Funès qui joue son petit numéro de méchant colérique habituel plutôt que d’interpréter le Commissaire Juve. Quant au journaliste Fandor, interprété par Jean Marais, il est devenu complètement inutile à l’intrigue si intrigue il y a… Si l’idée de faire de Fantomas une comédie policière n’était pas mauvaise, force est de constater qu’un seul film aurait suffit. Avec ce troisième et dernier volet, la série s’essouffle grandement.

Fantomas contre Scotland Yard
- France (1967) d’André Hunebelle, avec Louis de Funès, Jean Marais, Mylène Demongeot. (Acheter le coffret DVD Fantomas sur Amazon)




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vendredi 18 mars 2011

Tendre voyou (1966)

Menteur et séducteur, Tony Maréchal est un gigolo et un escroc. Il vit la belle vie et voyage auprès de ravissantes femmes du monde.

Dans ce film plein de charme, au rythme très enlevé, de Jean Becker, on retrouve un Belmondo au top de sa forme qui exécute avec brio son grand numéro de séducteur volubile et survolté. Il en fait des tonnes mais comment ne pas adorer ? Il est parfait dans la peau de ce personnage joueur et doté d’une imagination débordante, qui s’invente des personnages et imagine des histoires parfois abracadabrantes pour séduire et soutirer de l’argent à de ravissantes femmes fortunées. On rit de la crédulité de tout ces personnages et des nombreux quiproquos que les mensonges ne manquent pas de créer. C’est jouissif grâce notamment à une belle brochette de seconds rôles (Jean-Pierre Marielle, Philippe Noiret, Marcel Dalio, Maria Pacôme…) et de charmantes créatures (Mylène Demongeot, Nadja Tiller, Stefania Sandrelli). Un autre artisan de ce succès est le grand Michel Audiard qui a signé les dialogues de ce film avec le talent que l‘on sait.

Tendre voyou - France (1966) de Jean Becker, avec Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Mylène Demongeot, Nadja Tiller, Philippe Noiret, Géraldine Page, Maria Pacôme, Marcel Dalio, Stefania Sandrelli, Micheline Dax, Robert Morley, Pierre Tornade. (Acheter le DVD sur Amazon)


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vendredi 18 février 2011

Porky's II (1983)

Une secte intégriste veut interdire la représentation d'une pièce de Shakespeare que des lycéens doivent donner, jugeant l'auteur licencieux. Les lycéens contre-attaquent.

Le premier épisode de cette série avait un côté sympathique et amusant qui s'est hélas perdu en route. Porky's II rame du début à la fin pour essayer, en vain, d'arracher un sourire au spectateur. Il faut dire que s'attaquer à l'intégrisme religieux peut être ingénieux mais cela demande de la finesse et cette comédie n'en a aucune. L'humour potache et le cul vont bien ensemble mais pour des sujets plus graves, cela ne marche pas. Du coup, ce film ne semble être qu'une tentative infructueuse des producteurs de rééditer le succès du premier Porky's, une suite bâclée que seul l'appât du gain justifie. On éprouve beaucoup de gêne à voir tout ces "gags" tomber à plat et tout ces comédiens, peu talentueux, ramer sur ce script qui ne méritait pas d'être filmé.

Porky's II: the Next Day
- USA (1983), de Bob Clark, avec Dan Monahan, Wyatt Knight, Mark Herrier, Roger Wilson, Cyril O'Reilly, Tony Ganios, Kaki Hunter, Scott Colomby, Nancy Parsons. (Acheter le DVD sur Amazon)




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