samedi 5 février 2011

Biloxi Blues (1988)

Biloxi (Mississippi), 1945. Un jeune appelé juif new-yorkais, apprenti écrivain, fait ses classes. Il est entouré de rustres venus de l’Amérique profonde et tous doivent subir une formation militaire dispensée par un sergent instructeur particulièrement sadique.

Les films relatant la préparation de militaires en temps de guerre ne sont pas rares mais il s’agit rarement de comédies, à l’exception de quelques potacheries lourdingues. Ce n’est pas le cas de Biloxi Blues, réalisé par Mike Nichols (une garantie de qualité) d’après une pièce du dramaturge Neil Simon (Pieds nus dans le parc). Ce film est une comédie douce-amère teintée de nostalgie. Les amateurs d’humour juif new-yorkais apprécieront les mésaventures de cet appelé, perdu au milieu d’un monde très éloigné du sien, qui tente de tenir tête à un sergent instructeur particulièrement sadique et vicieux, campé par un Christopher Walken jubilatoire, qui tient là l’un de ses meilleurs rôles. Il vole d’ailleurs la vedette à l’irréprochable Matthew Broderick qui joue un personnage sympathique mais dont les tracasseries sont trop banales (perdre son pucelage, tomber amoureux) pour rivaliser avec le personnage de Walken. Il est bien dommage que ce film de qualité, doté d'une très belle musique de Georges Delerue, soit passé inaperçu en France et y demeure méconnu.

Biloxi Blues - USA (1988), de Mike Nichols, avec Matthew Broderick, Christopher Walken, Matt Mulhern, Penelope Ann Miller, Park Overall. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 29 janvier 2011

La Rose pourpre du Caire (1985)

New Jersey, années 30. Serveuse dans un resto minable, battue par un époux fainéant qui vit à ses crochets, Cecilia ne vit que pour aller au cinéma. Un jour le héros d’un film sort de l’écran pour lui déclarer sa flamme.

La Rose pourpre du Caire est une jolie fable, un peu amère, sur le pouvoir de la fiction et plus particulièrement du cinéma. Un hommage à ces histoires et ces personnages qui permettent aux hommes d’oublier la dureté de la vie, le temps d'une heure ou deux. Ainsi Cécilia, qui mène une vie particulièrement morose, voit et revoit un film mièvre intitulé « La Rose pourpre du Caire » dont Woody Allen s’est amusé à filmer de nombreuses scènes. Elle est séduite par un personnage de ce film, un homme parfait, qui sort de l’écran pour venir vivre avec elle dans le monde réel, un monde dans lequel il a bien du mal à s’adapter.

Et pendant ce temps, le reste des personnages paniquent, s’impatientent, discutent, incapables de faire face à ce bouleversement. Les spectateurs grondent. Les professionnels du cinéma tentent de réagir. C’est la partie la plus cocasse du film. Woody Allen fait mouche dans ces scènes particulièrement absurdes où personnages et spectateurs se disputent en vain. Puis intervient l’acteur principal du film qui courtise à son tour Cécilia pour tenter de ramener le personnage qu’il incarne dans le film. Cécilia devra alors choisir entre le comédien, imparfait mais bien réel, ou le personnage, parfait mais fictif.

Purple Rose of Cairo - USA (1985), de Woody Allen, avec Mia Farrow, Jeff Daniels, Danny Aiello, Dianne Wiest, Van Johnson, John Wood, Glenne Headly. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 22 janvier 2011

Le Cavalier au masque (1955)

France,1803. Une poignée d’irréductibles nobles menés par le flamboyant « Masque Pourpre » résiste à la Terreur et tient tête à Napoléon Bonaparte.

Ce film de cape et d’épée fort divertissant emprunte à divers classiques du genre (Zorro, le Chevalier de Maison Rouge, Scaramouche). Cette production est certes mineure mais très réussie, en grande partie grâce au charme de son interprète principal, Tony Curtis. L’acteur amuse lorsqu’il joue les dandy, paradant dans des costumes tape à l’œil et courtisant la méconnue mais charmante Colleen Miller. Il se montre aussi parfaitement convaincant une épée à la main même si les scènes d’action sont parfois peu crédibles (un peu facile se dit-on). Comme souvent avec Tony Curtis, l’humour l’emporte sur l’action. Quant au scénario, il semble un peu léger à cause du manque de profondeur des personnages. Des personnages superficiels et des scènes d’actions pas assez travaillées, c’est ce qui fait la différence entre ce Cavalier au masque et un grand classique du genre comme Scaramouche.

The Purple Mask - USA (1955) de Bruce Humberstone, avec Tony Curtis, Colleen Miller, Angela Lansbury, Gene Barry.


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vendredi 14 janvier 2011

Ne m’envoyez pas de fleurs (1964)

A la suite d’un malentendu, un hypocondriaque se croit mourant. Il tente de préparer son épouse à affronter le veuvage, aidé de son meilleur ami et voisin.

Revoilà le trio Rock Hudson, Doris Day, Tony Randall réunit une troisième et dernière fois, cette fois-ci devant la caméra du jeune Norman Jewison, pour l’adaptation d’une pièce de boulevard. Malheureusement, la magie n'opère pas. Difficile de ne pas voir les grosses ficelles de cette intrigue qui use et abuse du quiproquos et oblige les acteurs principaux à surjouer. Il y a bien quelques sourires mais on est loin de Confidences sur l’oreiller et Un Pyjama pour deux. Seul Paul Lynde provoque des éclats de rire, génial dans le rôle d’un concessionnaire de cimetière enthousiaste.

Send me no Flowers - USA (1964), de Norman Jewison, avec Rock Hudson, Doris Day, Tony Randall, Paul Lynde, Hal March, Edward Andrews. (Acheter le coffret DVD de la trilogie des comédies Rock Hudson/Doris Day)




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samedi 8 janvier 2011

Un pyjama pour deux (1961)

Jerry Webster est un publicitaire prêt à tout pour décrocher un nouveau contrat. Carol Templeton, qui travaille pour une agence concurrente, n’a jamais rencontré Webster mais est exaspérée par son absence d’éthique. Elle se met en tête de lui chiper un gros annonceur mais prend Webster pour le client en question. Sans vergogne, Webster profite de la situation.

On prend les mêmes et on recommence. Devant l’énorme succès rencontré par Confidences sur l’oreiller, Universal Studios a de nouveau réuni Rock Hudson, Doris Day et Tony Randall avec un scénario qui emprunte exactement le même canevas que celui du premier film : ils ne se sont jamais vus mais ils se détestent et lorsqu’ils se rencontrent par hasard, il se fait passer pour un autre pour la séduire. On trouve qu’Universal abuse un peu en nous resservant la copie de l’un de ses grands succès et on voudrait dire « stop ! C’est trop facile, cette fois je ne marche pas » mais on se laisse séduire une fois de plus car cette comédie romantique est irrésistible. C’est toujours aussi drôle et les comédiens, désormais bien dans la peau de leurs personnages, ont un charme fou, notamment Rock Hudson et Doris Day qui forment l’un des couples les plus convaincants des 60s.

Lover Come Back - USA (1961), de Delbert Mann, avec Rock Hudson, Doris Day, Tony Randall, Edie Adams, Jack Oakie, Jack Kruschen. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 1 janvier 2011

Confidences sur l’oreiller (1959)

Le compositeur Brad Allen et la décoratrice Jan Morrow ne se sont jamais vus mais ils sont en conflit permanent à propos de la ligne téléphonique qu’ils doivent partager bien malgré eux. Un jour Brad découvre que Jan est ravissante et décide de la séduire mais conscient que lui révéler son identité serait un handicap, il se fait passer pour un texan en visite à New York.

Confidences sur l’oreiller est un grand classique de la comédie romantique américaine. Le point fort est le scénario qui fut récompensé par un Oscar. L’idée est classique (ils se détestent mais ils sont faits l’un pour l’autre et vont s’aimer) mais l’histoire est prenante parce que souvent très drôle. Le fait que le personnage masculin doive se faire passer pour quelqu’un d’autre entraîne bon nombre de situations cocasses et c’est là le principal intérêt de ce film. Enfin, le dernier ingrédient magique, c’est l’alchimie qui se fait parfaitement entre les deux comédiens principaux : Rock Hudson et Doris Day, un couple a priori improbable mais qui va amuser et séduire cette Amérique qui s’apprête à entrer dans les années 60. Devant le triomphe de ce film, le duo se retrouvera pour deux autres comédies du même type. Si Doris Day semble à son aise dans un style de film qui lui convient parfaitement, Rock Hudson semble plus emprunté. Le beau géant ne semble pas fait pour la comédie. Pourtant il finit par convaincre au fur et à mesure que le film avance et finira même par s’imposer dans ce genre dans les 60s.

Pillow Talk - USA (1959) de Michael Gordon, avec Rock Hudson, Doris Day, Tony Randall, Thelma Ritter. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 18 décembre 2010

Allons donc, papa (1951)

Maintenant que ses enfants sont grands, Stanley Banks se sent prêt à vivre une nouvelle jeunesse et commence à faire des projets pour occuper son temps libre. Mais sa fille anéantit ses espoirs en lui annonçant qu’il va être grand père.

Ce film est la suite du succès Le Père de la mariée (1950). Toute l’équipe du film s’est donnée rendez-vous un an après pour une suite construite selon le même schéma que le premier film. Tout repose une fois de plus sur les épaules de Spencer Tracy, bon bougre qui panique à l’idée non plus de marier sa fille, mais de devenir grand-père. Cette comédie familiale est sympathique mais trop gentille, les péripéties sont attendues, et le talent comique de Spencer Tracy est très limité. Au final, Allons donc, papa est un divertissement décevant, une œuvre mineure dans la filmographie du talentueux Vincente Minnelli.

Father’s Little Didivend - USA (1951) de Vincente Minnelli, avec Spencer Tracy, Joan Bennett, Elizabeth Taylor, Don Taylor, Billie Burke, Russ Tamblyn. (Acheter le film sur Amazon)




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