samedi 11 septembre 2010

A propos d’hier soir (1986)

Danny et Debbie se rencontrent dans un pub et passent la nuit ensemble. Ils décident de se revoir mais leurs confidents respectifs n’apprécient guère et tentent de les dissuader.

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils se rencontrent, ils s’aiment puis décident de vivre ensemble et là, très vite, les premiers nuages arrivent. Pas facile de tout partager et de renoncer à sa liberté ni de s’engager pour la vie. Le sujet est banal mais pas si souvent traité. Et cette adaptation d’une œuvre de David Mamet tient bien la route malgré une mise en scène quelconque. Le point fort du film, ce sont les personnages, vrais, qui rendent cette histoire d’amour des 80s plaisante et même prenante.

Rob Lowe et Demi Moore avait déjà partagé l’affiche de St. Elmo’s Fire un an plus tôt. Ils forment un couple idéal. A leurs côtés, James Belushi et Elizabeth Perkins s’en donnent à cœur joie, tirant le film vers la comédie à chacune de leurs scènes. Il manque à A propos d’hier soir un petit plus qui en ferait une grande comédie romantique mais c’est assurément un bon petit film.

About last night…
- USA (1986), de Edward Zwick, avec Rob Lowe, Demi Moore, James Belushi, Elizabeth Perkins, Rosanna DeSoto.






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samedi 4 septembre 2010

St. Elmo’s Fire (1985)

Un groupe d’amis fraîchement sortis de l’université a bien du mal à entrer dans la vie adulte. Tous ou presque semblent chercher un sens à leur vie et hésitent à s’engager sentimentalement et professionnellement.

Ce film sur une bande de copains fonctionne parfaitement. Joel Schumacher qui a réalisé le film et co-écrit le scénario semble avoir mis beaucoup de lui-même dans ce projet. Il a su créer des personnages crédibles et attachants dont on suit l’apprentissage avec plaisir. Un plaisir que ne partageaient pas les critiques de l’époque choqués par ces enfants gâtés, puérils et égocentriques. Il est vrai que ces personnages semblent parfois sortir d’un roman de Bret Easton Ellis mais quoi d’étonnant à cela, il s’agit d’un film des années 80, les années Yuppies. Aujourd’hui, ce film est intéressant car très représentatif de cette époque et il traite d’un thème, l’entrée dans la vie adulte (le couple, le travail, la politique), riche mais bizarrement sous exploité par Hollywood. L’autre intérêt du film est que Joel Schumacher ait su réunir un groupe de jeunes comédiens talentueux, Rob Lowe et Demi Moore en tête. L’alchimie entre eux est parfaite et quand le générique de fin arrive on espère une suite, un film qui nous raconte ce qu‘ils sont devenus, plus de vingt après.

St. Elmo’s Fire - USA (1985), de Joel Schumacher, Rob Lowe, Demi Moore, Andrew McCarthy, Judd Nelson, Ally Sheedy, Emilio Estevez, Mare Winningham, Martin Balsam, Andie McDowell.






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dimanche 29 août 2010

Les Feux de la nuit (1988)

Jeune employé dans un quotidien new-yorkais, Jamie Conway vient d’être largué par son épouse. Il passe ses soirées et ses nuits dans les boites de la ville et sniffe de la cocaïne nuit et jour alors que sa vie s’écroule.

Adapté le roman Bright Light, Big City n’est pas simple. Le réalisateur James Bridges s’y est cassé les dents même s’il avait confié le script à Jay McInerney, l'auteur du roman. Pourquoi un tel échec ? D’abord à cause du scénario défaillant qui ne parvient pas à instaurer l'ombre d'un suspense et à des personnages secondaires inexistants. La mise en scène est elle aussi coupable. Une mise en scène nerveuse et audacieuse comme celle de Roger Avary qui a su adapter l’inadaptable Les Lois de l’attraction avec succès aurait été plus adaptée à cette histoire que la mise en scène gentillette de James Bridges, digne d’un vulgaire téléfilm. Enfin on a beau aimer Michael J. Fox, force est de constater qu’il ne parvient pas à convaincre dans ce rôle de looser accroc à la coke. Les acteurs de comédies peuvent se révéler extraordinaires lorsqu’ils sont utilisés à contre-emploi dans des rôles dramatiques mais dans le cas des Feux de la nuit, c’est un fiasco. Concernant les autres comédiens, difficile de rendre compte de leur performance tant leurs personnages sont négligés et donc transparents. Dommage pour Kiefer Sutherland, Phoebe Cates et Dianne West. Seule la bande-son signée Donald Fagen est à la hauteur.

Bright Light, Big City
- USA (1988) de James Bridges, avec Michael J. Fox, Kiefer Sutherland, Phoebe Cates, Dianne West.






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dimanche 22 août 2010

La Balance (1982)

Après l’assassinat de son principal indic, l’inspecteur Palouzi et ses coéquipiers sont décidés à faire tomber une fois pour toute Roger Massina, le caïd local. Pour cela ils partent à la recherche d’une nouvelle balance et leur choix se porte sur Dédé, un gangster sur le déclin et sa compagne, Nicole, prostituée.

La Balance, César du meilleur film en 1983, est le grand polar français des années 80. Un film que l’on peut voir et revoir sans se lasser. Tout marche parfaitement : une intrigue bien ficelée, des personnages crédibles parfaitement interprétés, des seconds rôles attachants et en plus de l’action, de la vraie, à l’américaine. Les bandits sont abjects mais certains d’entre eux sont attendrissant comme le malheureux Dédé, interprété par Philippe Léotard qui a obtenu le César du meilleur acteur pour ce film. Sa touchante histoire d’amour avec Nicole (Nathalie Baye, César de la meilleure actrice pour ce rôle), une prostituée, est au cœur du film. Les personnages de flics, bien qu’au premier plan, sont secondaires dans la mesure où ils ne sont pas développés. Ils sont donc un peu caricaturaux mais séduisants, notamment Richard Berry en flic cool mais prêt à tout pour parvenir à ses fins, et son acolyte Christophe Malavoy. Mais le personnage principal de ce film, c’est peut être tout simplement Paris et notamment le quartier de Belleville et ses taudis malfamés. Un Paris filmé au début des années 80. Une autre époque.

La Balance - France (1982), de Bob Swaim, avec Nathalie Baye, Philippe Léotard, Richard Berry, Maurice Ronet, Christophe Malavoy, Tcheky Karyo, Bernard Freyd, Florent Pagny.






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mercredi 18 août 2010

Alma (2004)

Alma, jeune femme issue de la bourgeoisie viennoise, épouse le compositeur et chef d’orchestre Gustav Malher avec qui elle fonde une famille. Mais elle s’éprend d’un autre homme...

Alma Malher était parait-il une femme remarquable. Le problème, c’est qu’il est bien difficile de comprendre pourquoi en regardant ce film. On y voit une belle femme qui passe d’un homme à l’autre. Certes ces hommes sont des célébrités (Klimt, Malher, Kokoschka… ) mais n’a-t-elle rien fait de plus admirable dans sa vie ? Bruce Beresford, qui est capable de mieux (Son alibi, Miss Daisy et son chauffeur), filme une succession de tableaux, qui représentent les différents moments clés de la vie de cette femme mais qui sont censés aussi rendre compte de Vienne et de sa vie artistique à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Malheureusement tout cela est filmé sans passion, avec peu de moyens et des images soignées qui semblent faites pour la télévision. En fait, tout semble bien artificiel à commencer par le jeu des comédiens et on n’y croit pas une seule seconde.

Bride of the Wind - Grande-Bretagne (2004), de Bruce Beresford, avec Sarah Wynter, Jonathan Pryce, Vincent Perez, Simon Verhoeven.






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vendredi 23 juillet 2010

L’Homme de la tour Eiffel (1949)

Un jeune bourgeois américain commandite l’assassinat de sa tante afin de toucher un héritage qu’il attend avec impatience. Maigret ne tarde pas à démasquer l’assassin qui joue avec le commissaire, persuadé que ce dernier ne pourra jamais prouver sa culpabilité.

Ce Maigret « made in USA », adapté du roman La Tête d’un homme, est fort décevant. Mais est-ce une surprise ? Le film a beau avoir été tourné à Paris, le metteur en scène et comédien Burgess Meredith n’a pas su utiliser la ville comme il aurait fallu, n’en montrant qu’une image d’Epinal, un Paris de carte postale bien éloigné du Paris quotidien des romans de Georges Simenon. Quant aux personnages et à leur psychologie, le point fort des roman de Simenon, ils sont rapidement survolés. Reste une intrigue peu captivante, une mise en scène mollassonne qui frise l’amateurisme et des comédiens sans charisme à l’exception du grand Charles Laughton hélas guère convainquant dans le rôle de Maigret.

The Man on the Eiffel Tower - USA (1949) de Burgess Meredith, avec Charles Laughton, Franchot Tone, Burgess Meredith, Robert Hutton, Jean Wallace, Patricia Roc.




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lundi 19 juillet 2010

La Femme en vert (1945)

A Londres, des jeunes femmes sont assassinées et l’un de leur doigt est systématiquement sectionné. Scotland Yard fait appel à Sherlock Holmes pour mettre un terme à ces crimes.

Cette énigme est un peu décevante. On comprend très vite que l’on n’a pas à faire à un serial killer mais à une organisation criminelle menée par le brillant professeur Moriarty, ennemi juré de Sherlock Holmes. Mais cette ambiance mystérieuse et inquiétante sur fond d’hypnose a du charme tout comme la complice du Dr. Moriarty, une blonde fatale interprétée par Hillary Brooke. Difficile de ne pas être charmé. Et comme à son habitude, Basil Rathbone campe Sherlock Holmes à la perfection. On jurerait que le personnage de Sir Arthur Conan Doyle a été créé pour lui.

The Woman in Green - USA (1945), de Roy William Neill, avec Basil Rathbone, Nigel Bruce, Hillary Brooke, Henry Daniell, Paul Cavanagh, Matthew Boulton.






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mercredi 14 juillet 2010

Le Train de la mort (1946)

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont engagés pour assurer la sécurité d’un diamant de grande valeur à bord d’un train. Mais cela n’empêche pas leur client d’être assassiné et le diamant d’être volé. Holmes part à la recherche du coupable.

Ce court film (une heure pile) est brillant car aucune scène n’est superflue. Tout est fait pour servir une énigme bien ficelée mettant en scène de nombreux suspects : les quelques passagers à bord de la voiture sont tous suspects et ce sont tous des personnages savoureux ou intrigants. Parmi eux, on remarquera la ravissante Renee Godfrey qui aurait méritée une plus belle carrière. Et c’est évidemment un plaisir de voir le légendaire Sherlock Holmes mener cette enquête, assisté par le Dr. Watson et l’inspecteur Lestrade, deux enquêteurs peu doués. Le fameux détective privé est interprété avec savoir-faire par Basil Rathbone, un habitué du rôle, qui colle parfaitement au personnage de Sir Arthur Conan Doyle. C’est sans doute aussi pour cette raison que le film fonctionne si bien.

Terror by night
- USA (1946) de Roy William Neill, avec Basil Rathbone, Nigel Bruce, Alan Mowbray, Dennis Hoey, Renee Godfrey, Mary Forbes.






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lundi 5 juillet 2010

Gung Ho (1943)

A la suite de l’attaque de Pearl Harbour, le colonel Thorwald (Randolph Scott) forme un bataillon d’élite pour prendre l’île Makin, tombée aux mains des Japonais.

Réalisé en pleine seconde guerre mondiale, ce film est de toute évidence destiné à glorifier l’action de l’armée américaine et à gonfler le moral des troupes. Film de propagande donc mais très bon film de guerre, classique dans sa structure. La première partie décrit le recrutement et la formation des soldats destinés au bataillon d’élite. On fait connaissance avec les personnages principaux et l’humour est de mise. La seconde partie est consacrée à la mission. La tension y est palpable du début à la fin et les combats sont remarquablement filmés et souvent très crédibles. Côté casting, personne pour faire contrepoids à la star du film, Randolph Scott, parfait dans le rôle principal, alors que, parmi ses hommes, on remarque un Robert Mitchum débutant mais déjà très charismatique.

Gung Ho - USA (1943), de Ray Enright, avec Randolph Scott, Alan Curtis, Noah Beery Jr, J. Carrol Naish, Sam Levene, David Bruce, Richard Lane, Robert Mitchum, Grace McDonald.




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lundi 28 juin 2010

Un million d’années avant J.C. (1966)

A l’époque de la préhistoire, Tumac, un solide guerrier est chassé de sa tribu par le cruel Sakana (c’est drôle, ça veut dire poisson en japonais). Il erre jusqu’à rencontrer une autre tribu plus civilisée dans laquelle vit la belle Loana.

Regarder un film sur la préhistoire demande toujours un grand effort car il faut accepter de voir des individus hirsutes pousser des grognements pendant 1h30. Si le film est bon, cela peut valoir le coup hélas Un million d’années avant J.C. est un nanar comme la Hammer en a fait beaucoup avec un scénario bâclé. On se contentera de savourer les effets spéciaux de Ray Harryhausen qui ont dû faire forte impression à l’époque et à qui l’ont peut trouver une certaine poésie désormais. On savourera aussi Raquel Welch, charmante pin-up préhistorique, bien maquillée, les cheveux soyeux, le brushing impeccable et portant une petite tenue en peau qui met parfaitement en valeur ses jolis seins. Le spectateur apprécie mais pas sûr que la spectatrice apprécie son homme, le vaillant Tumac joué par John Richardson. Le teint halé, les dents d’une blancheur éclatante, une belle crinière et une barbe pas trop négligé font qu’il rappelle parfois Barry Gibb. Du coup, on s’attend un peu à le voir chanter « Stayin’ Alive ». Il pourrait car il n’est pas facile de survivre aux attaques des dinosaures et des animaux géants (caméléon, araignée, tortue).

On n’apprendra pas grand-chose de ce film si ce n’est que les blonds sont plus civilisés et plus ingénieux que les bruns. Ainsi la tribu de Tumac, dans laquelle tout le monde est brun, est violente et peu évoluée alors que la tribu de Loana, où tous sont blonds, évite la violence, aime s’amuser et pratique l’agriculture, la pêche ou encore la couture.

One million year B.C. - Grande-Bretagne (1966) de Don Chaffey, avec John Richardson, Raquel Welch, Percy Herbert, Martine Beswick.






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samedi 12 juin 2010

Les Marmottes (1993)

Une grande famille se retrouve dans un chalet pour les fêtes de fin d’année : trois générations de couples solidaires malgré les problèmes et les disputes.

Elie Chouraqui qui fut l’assistant de Claude Lelouch s’amuse à faire du Lelouch. Mais pas du grand Lelouch. Du petit Lelouch sympathique mais qui manquerait d’ambition et de profondeur. Le film rassemble plusieurs couples, tous très sympathiques, mais qui sont en crise. Hélas on a trop souvent l’impression de suivre les aventures de personnages et non pas de véritables personnes. Contrairement à son maître, Chouraqui ne parvient pas à créer des personnages crédibles. Pourtant les nombreux comédiens de ce film, souvent très talentueux, ne déméritent pas à commencer par André Dussolier et Gérard Lanvin. Le problème vient plutôt du scénario. Tout semble trop écrit et trop beau aussi, car le cinéaste et sa scénariste Danièle Thomson ont concocté pour chacun des couples un happy end. Pas de problème, tout est bien qui finit bien, ce n’est que du cinéma !

Les Marmottes - France (1993), d’Elie Chouraqui, avec Gérard Lanvin, André Dussolier, Jean-Hugues Anglade, Jacqueline Bisset, Christine Boisson, Marie Trintignant, Christopher Thomson, Virginie Ledoyen, Anne Roussel, Anouk Aimée, Daniel Gélin.




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mardi 8 juin 2010

Melancoly Baby (1979)

Une jeune bourgeoise s’ennuie dans sa vaste demeure en Suisse. Elle profite d’un voyage d’affaires de son mari pour rencontrer d’autres hommes.

Melancoly Baby est un film qui n’avance pas. Il ne s’y passe pas grand chose et la jeune femme au centre de l’histoire n’évolue pas. Ce film contemplatif, parfois trop verbeux, est d’un ennui mortel, les dialogues sont plats et inintéressants, les personnages sont peu crédibles et la mise en scène est médiocre. N’ayons pas peur de le dire, tout est raté. Ce film d’auteur est vide et le manque d’inspiration des scénaristes et de la réalisatrice est criant. Dans ces conditions, qu’importe la qualité et le charme des comédiens, ils ne peuvent rien pour sauver ce film. La seule réussite de Clarisse Gabus est de faire partager au spectateur l’ennui éprouvé par son héroïne.

Melancoly baby – France, Belgique, Suisse (1979) de Clarisse Gabus, avec Jane Birkin, François Beukelaers, Jean-Louis Trintignant, Jean-Luc Bideau.


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jeudi 20 mai 2010

Prostitution (1975)

Ce documentaire part à la rencontre des prostituées parisiennes, les fait parler d’elles, de leur histoire, de leur travail, de leurs peines. Il s’intéresse également à leurs revendications exprimées lors d’un meeting à la Mutualité à Paris.

Dans ce documentaire, plusieurs prostituées racontent leur quotidien, leurs passes, mais aussi comment et pourquoi elles ont commencé le métier (ce sont souvent des femmes abandonnées et sans ressources). Elle évoquent aussi leurs relations avec la police, les proxénètes, les féministes. Certaines semblent bien le vivre, d’autres sont de toute évidence mal dans leur peau. Les conversations sont très spontanées et se font souvent autour d’un verre. Cela permet une grande franchise comme dans ce passage où elles expliquent ne pas accepter de clients arabes, noirs ou portugais ou lorsqu’elles décrivent, le plus souvent en riant, les demandes les plus bizarres qui leur aient été faites. Parmi les autres scènes intéressantes, celle dans laquelle une prostituée discute de son métier avec des ouvrières dans un atelier de confection ou le meeting, très médiatique, organisé par les associations de prostituées à la Mutualité. Le film comporte aussi quelques reconstitutions (la passe standard, la rafle policière, la prostituée qui refuse un client arabe, la passe qui tourne mal) qui n’apportent pas grand chose.

Certes, on apprend peu de ce documentaire qui aborde en vrac les différentes problématiques de la prostitution mais on éprouve un grand plaisir à écouter ces femmes, intéressantes et parfois émouvantes, parler de leur métier et de leur vie. On appréciera particulièrement le charme de Claude Janna, qui tournera par la suite dans des films pornographiques, et le discours passionnant de Grisélidis Réal, prostituée mais aussi peintre et écrivain. En leur donnant la parole et en les laissant parler librement, Jean-François Davy a signé un document sociologique d’un intérêt évident, sur une superbe musique mélancolique d’Alan Reeves qui rappelle les mélodies de Francis Lai.

Prostitution
- France (1975), de Jean-François Davy.


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mercredi 19 mai 2010

La Grosse magouille (1980)

Les employés d’un magasin de voitures d’occasion regorgent d’inventivité et de filouterie pour résister à la concurrence de leur ignoble rival, installé sur le trottoir d’en face.

Produit par Steven Spielberg, ce film de jeunesse de Robert Zemeckis rappelle les petites productions pour drive-in de Roger Corman. Autant dire que cette comédie farfelue ne vole pas bien haut et n’a pour but que de divertir le spectateur en lui offrant humour lourdingue, cascades en voitures, et quelques (rares) filles dénudées. Bien sûr, on pourrait facilement y voir une critique de la société de consommation américaine puisque le film dresse un portrait d’une Amérique corrompue et malhonnête où tout les coups sont permis pour parvenir à ses fins : vendre. Mais il serait exagéré de prêter de telles intentions à ce simple divertissement.

Le principal intérêt de ce film vient de Kurt Russell qui se retrouve en tête d’affiche pour la première fois et cela dans un rôle comique, ce qui est assez inhabituel. Il n’est d’ailleurs pas très convainquant dans ce registre.

Used Cars
- USA (1980), de Robert Zemeckis, avec Kurt Russell, Jack Warden, Gerrit Graham, Frank McRae, Deborah Harmon, Joe Flaherty, Michael Talbott.






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mardi 18 mai 2010

Les Hommes du président (1976)

Deux jeunes journalistes enquêtent sur le cambriolage d’un local du parti démocrate. Il semblerait que les donneurs d’ordre travaillent à la Maison Blanche.

Les Hommes du président
n’est pas à proprement parlé un film sur le Watergate mais plutôt un film sur l’enquête de deux petits journalistes qui finira par aboutir à la démission du président des États-Unis. Pour filmer cette histoire très peu cinématographique puisque dénuée d’action, le réalisateur a misé sur le contraste entre les deux personnages principaux, interprétés par Dustin Hoffman et Robert Redford, également producteur du film. Il a aussi donné de la complexité à ses plans en attachant une grande importance aux arrière-plans et filmé les scènes d’extérieur de manière à les rendre angoissantes : on a l’impression que les deux journalistes sont suivis, épiés, voire même menacés. On retrouve dans ce film de très bons acteurs à commencer par Jason Robarts qui campe avec brio le rédacteur en chef du Washington Post, le quotidien pour lequel travaillent les deux personnages principaux.

All the President’s Men
- USA (1976), de Alan J. Pakula, avec Robert Redford, Dustin Hoffman, Jack Warden, Martin Balsam, Hal Holbrook, Jason Robarts, Jane Alexander, Meredith Baxter, Ned Beatty, F. Murray Abraham.






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lundi 17 mai 2010

Saw (2004)

Deux hommes sont enfermés dans une pièce avec l’obligation de s’entretuer pour s’en sortir, telle est la dernière trouvaille de celui que l’on surnomme Jigsaw, le tueur au puzzle. Leur vie dépend d’un vieux flic qui traque sans relâche ce terrible serial killer.

Ce film du réalisateur James Wan est un thriller diablement efficace et sans temps mort, qui parvient à scotcher le spectateur à son écran du début à la fin. Un bel exercice de style qui rappelle parfois Se7en puisque dans ces deux films très nerveux, le méchant est un serial killer à l’esprit ludique (dans Saw, le tueur fabrique des casse-têtes grandeur nature dans lesquels il enferme ses malheureuses victimes). Mais le problème de Saw, c’est que si l’on y réfléchit bien, l’intrigue n’est guère crédible et la peur et la violence y sont totalement gratuites au point que l’on peut vite être dégouté par cette entreprise quelque peu malsaine. On peut également regretter la faiblesse du scénario en ce qui concerne l’enquête policière et le manque de consistance du personnage de flic interprété par Danny Glover. Cette partie de l’histoire qui semble bâclée ou trop coupée au montage était-elle bien utile ? Tout cela montre bien que Saw est un bon divertissement (pour les amateurs du genre) mais rien de plus.

Saw - USA (2004), de James Wan, avec Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Shawnee Smith, Ken Leung, Dina Meyer, Mike Butters, Michael Emerson.






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dimanche 16 mai 2010

Junior Bonner (1972)

Un cowboy est de retour dans sa ville natale le temps d’un rodéo. Il y retrouve ses parents et son frère, un arriviste dont les affaires marchent très bien et qui veut le convaincre de mettre un terme à ses activités.

Junior Bonner est un western moderne avec des cowboys qui ne jouent plus avec des armes à feu mais qui ont conservé leurs autres habitudes : rodéos et bagarres de saloon. Le personnage principal est un cowboy qui refuse de changer de vie malgré sa pauvreté et la dangerosité de son métier. Il préfère marcher dans les pas de son père et de ses ancêtres, quitte à être considéré comme un looser aux yeux de son frère, un homme d’affaires avide qui tourne le dos aux valeurs de sa famille et fait main basse sur les biens des siens pour s’enrichir. Ce film, qui tenait sans doute beaucoup à cœur à Steve McQueen, est un film sur la fin d’une époque, le renoncement à des valeurs qui ont fait l'histoire du pays, la perte d’identité d’un peuple, le tout presque filmé à la manière d’un documentaire. Hélas, le scénario manque singulièrement de consistance. Dénué de temps forts, le film est ennuyeux et l’on ne s’intéresse guère aux personnages, trop stéréotypés.

Junior Bonner - USA (1972), de Sam Peckinpah, avec Steve McQueen, Robert Preston, Ida Lupino, Ben Johnson, Barbara Leigh.




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Voyage en Italie (1954)

Un couple britannique se rend dans le sud de l’Italie le temps de vendre la propriété d’un oncle décédé. Il réalise dès le début du séjour qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre et profitent de Naples et de ses alentours séparément.

L’idée était bonne de mettre en scène un couple qui se défait lors d’un voyage mais Roberto Rossellini n’a sans doute pas été assez audacieux, ce qui nuit à la crédibilité de l’histoire. Ainsi quand Monsieur part en goguette à Capri, il garde suffisamment de sang froid pour ne pas tromper son épouse. Quant à Madame, elle est d’un ennui mortel. Et quel ennui de la suivre dans ses visites des monuments de la région ! L’aspect documentaire du film prend alors le pas sur la fiction et sur l’intrigue, finalement presque inexistante. En fait, l’ennui est tel et les personnages sont si peu intéressants que le film perd rapidement tout intérêt.

Viaggio in Italia
- Italie (1954), de Roberto Rossellini, avec Ingrid Bergman, George Sanders.




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vendredi 14 mai 2010

Casino Royale (2006)

L’agent secret James Bond traque le Chiffre, un dangereux ennemi de l’Etat en manque de fonds. Le Chiffre a l’intention de parvenir à ses fins en remportant une partie de poker. Bond doit l’en empêcher.

Un James Bond un peu mièvre, des films souvent médiocres, l’ère Brosnan fut bien décevante. Ce Casino Royale devait donc nous ramener le vrai James Bond. Et effectivement, on voit qu’un effort a été fait avec le recrutement de Paul Haggis, scénariste de talent (Crash, Million Dollar Baby), qui crée un univers sombre et violent, et le choix d’un acteur (Daniel Craig) bien décidé à refaire de James Bond un personnage ambigu.

Seulement voilà ça ne prend pas. D’abord ce James Bond là est certes une belle brute mais il manque d’humour, de charme, de glamour. Les femmes ne l’intéressent guère, il n’hésite d’ailleurs pas à interrompre l’un de ses rares coïts pour partir à la poursuite de son ennemi. Il préfère l’action, la bagarre, et il va être servi. Le spectateur aussi avec une première scène qui relève presque du jeu vidéo dans laquelle James Bond poursuit un homme à pied, courant et bondissant tel un yamakasi. On se demande presque si ce n’est pas une machine, un cyborg, tant de tels exploits sportifs laissent incrédule. Et malgré tout cela on s’ennuie. L’intrigue un peu trop compliquée et des retournements de situations beaucoup trop nombreux (ce film ne finira-t-il donc jamais !) perdent le spectateur qui sort de la projection hagard, déboussolé mais absolument pas séduit.

Casino Royale - USA, Grande-Bretagne (2006), de Martin Campbell, avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini, Isaach de Bankolé, Ivana Milicevic.






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Gran Torino (2008)

Un vieux veuf raciste, hanté par ses souvenirs de la guerre de Corée, apprend à connaître ses voisins asiatiques, s’y attache et les défend contre le gang qui les tourmente.

Un vieil homme bougon qui s’attache à un enfant et s’ouvre à la vie, un justicier solitaire qui vient en aide à de pauvres bougres sans défense… on a déjà vu cela bien souvent. Mais cette version d’une histoire que l’on peut sans crainte qualifier d’éculée est parfaitement réussie. On ne peut qu’être ému par ce portrait d’un vieil homme au grand cœur, aigri, et par son soudain retour à la vie grâce à l’amitié qu’il noue avec ses jeunes voisins. On apprécie aussi le soin minutieux avec lequel Clint Eastwood peint ses personnages et l’humour pudique qu’il distille tout au long de ce film, souvent nerveux et sombre. Au fond, il ne manque pas grand chose pour que Gran Torino soit un grand film. Sans doute est-ce cette histoire de gang, ce côté western moderne, qui est de trop.

Gran Torino - USA (2008), de Clint Eastwood, avec Clint Eastwood, Christopher Carley, Bee Vang, Ahney Her, Brian Haley, John Carroll Lynch.






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