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dimanche 22 juillet 2012

Pacte avec un tueur (1987)

Le lieutenant de police David Mitchum est également un auteur renommé de romans policiers. Un séduisant tueur à gage le contacte pour qu’il écrive un livre témoignage qui dévoilera les crimes sur lesquels son ex-employeur a construit son succès.

Pacte avec un tueur est un film d’action bien mené qui repose sur la relation ambiguë d’amitié/haine entre le bon policier et le tueur psychopathe, qui décident de collaborer ensemble. Évidemment, comme souvent dans ces films de série B, le psychopathe est un peu sur joué (ici par James Woods) et du coup pas très crédible. En revanche le jeu tout en retenu de Brian Dennehy, qui joue le rôle du flic, est impeccable. Ce petit polar se laisse regarder facilement même s’il n’est pas toujours très crédible. Ainsi la fin déçoit un peu. Trop facile et du coup sans surprise. Enfin, on remarquera que le méchant est un chef d’entreprise qui s’est élevé grâce au crime. Le film dénonce donc les excès d’un capitalisme sauvage mais on ne peut guère le considérer comme un film engagé. Le réalisateur John Flynn ne semble pas avoir d’autre but que d’offrir au spectateur un divertissement efficace.

Best Seller - USA (1987), de John Flynn, avec James Woods, Brian Dennehy, Victoria Tennant, Paul Shenar. Acheter le DVD sur Amazon



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dimanche 1 mai 2011

Tragique rendez-vous (1946)

Après avoir passée quelque temps à Chicago, Mary revient chez elle retrouver son mari mais celui-ci n’a pas changé, il passe ses journées à boire et à jouer. Elle est courtisée par Lentz, le playboy de la ville.

Tragique rendez-vous
, réalisé par le français Léonide Moguy, est un film noir. L’histoire d’un vrai looser, paresseux et qui n’a pas vraiment confiance en lui, qui laisse filer sa vie et la femme qu’il aime et qui l’aime, la magnifique Mary. Celle-ci semble prête à succomber aux avances du beau Lew Lentz, un homme d’affaires suffisant. L’histoire fonctionne plutôt bien même si le comportement des personnages posent problème, ce qui nuit au réalisme. Ils ont tous tendance à changer en cours de route : les mauvais se découvrent un bon fonds et certains bons ne le sont finalement pas tant que ça. Ces changements de personnalités sont un peu déroutant car souvent maladroits.

Côté casting, George Raft n’est qu’à moitié convaincant dans ce rôle de looser, pas vraiment sympathique. On remarque plutôt les rôles secondaires et notamment Victor McLaglen. Et bien sûr, le regard est aimanté par la magnétique Ava Gardner, ravissante dans ce qui fut l’un de ses tout premiers rôles majeurs.

Whistle Stop
- USA (1946), de Léonide Moguy, avec George Raft, Ava Gardner, Victor McLaglen, Tom Conway. (Acheter le DVD sur Amazon)

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dimanche 24 avril 2011

Détour (1946)

Un new-yorkais fait de l’auto-stop pour rejoindre sa fiancé en Californie. Il monte dans la voiture d’un homme étrange et sa vie en sera bouleversée à tout jamais.

Détour est l’archétype du film noir. L’histoire d’un homme brisé par le destin pour s’être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Très court, ce film va à l’essentiel, pas de scènes inutiles. Mais le personnage principal, narrateur de l’histoire, est particulièrement crédible et attachant. Comment ne pas apprécier ce personnage, en proie aux pires maux après être devenu criminel par accident ? Et surtout, comment ne pas éprouver de la compassion pour cet homme malmené par une abominable mégère qui le maintient prisonnier et le contraint à exécuter ses plans diaboliques. On a rarement vu un personnage féminin aussi détestable que celui-ci, interprété avec savoir-faire par Ann Sauvage. Un authentique chef d’œuvre de série B.

Detour
- USA (1945), de Edgar J. Ulmer, avec Tom Neal, Ann Sauvage, Claudia Drake, Edmund MacDonald. (Acheter le DVD sur Amazon)




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vendredi 15 avril 2011

Il marchait la nuit (1948)

Un soir à Los Angeles, un policier est abattu alors qu'il contrôlait l'identité d'un homme au comportement suspect. Les enquêteurs disposent de peu d'indices pour retrouver l'assassin.

Une ville, un fait divers. L'occasion pour le réalisateur (Alfred L. Werker au générique, Anthony Mann dans les faits) de filmer avec réalisme à la manière d'un documentaire le travail de la police pour résoudre l'énigme et interpeler l'assassin. La présence d'un narrateur qui adopte le ton d'un journaliste d'actualité de l'époque renforce l'aspect documentaire tout comme l'emploi de visages anonymes (pas de star dans ce film). Cette bonne série B, produite par la petite société de production Eagle-Lion Films, bénéficie de plans soignés et d'un montage relativement nerveux. On pense inévitablement au feuilleton Dragnet qui connut un grand succès dans les années 50 à la radio puis à la télévision. Normal puisque c'est ce film qui inspira la série. On retrouve d'ailleurs dans le casting Jack Webb qui devint l'acteur principal de Dragnet. Ce n'est pourtant pas lui qui aimante la caméra mais Richard Basehart, alors inconnu, dans le rôle de l'assassin, à la fois beau et inquiétant.

He Walked by Night - USA (1948) de Alfred L. Werker, avec Richard Basehart, Scott Brady, Roy Roberts, Whit Bissell, Jack Webb. (Acheter le DVD sur Amazon)


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dimanche 10 avril 2011

Le Voyage de la peur (1953)

Deux hommes partent en virée au Mexique. Ils s’arrêtent en route pour prendre un auto-stoppeur. Manque de chance, il s’agit d’un tueur en fuite particulièrement dangereux.

Ce petit thriller au budget limité s’est imposé avec le temps comme un grand film de série B des années 50. La tension monte progressivement à bord de la voiture conduite par les deux personnages principaux sous la menace d’une tueur psychopathe qui, ils le savent, les éliminera dès qu’il n’aura plus besoin d’eux. Il leur faudra donc ruser pour pouvoir s’échapper mais, face à un adversaire aussi coriace, ce n’est pas aisé. Tout le film repose sur William Talman, très inquiétant dans le rôle du tueur. Son côté inquiétant est renforcé par une belle trouvaille : une blessure l’empêche de fermer un œil, même quand il dort, ce qui rend l’évasion des deux otages beaucoup plus compliquée et contribue au malaise du spectateur. On aurait quand même pu espérer quelques péripéties en plus, le film semblant parfois un peu lent. Enfin, il faut noter qu’il s’agit là de la plus fameuse réalisation d’Ida Lupino, la seule actrice de son temps à être passée derrière la caméra.

The Hitch-Hiker - USA (1953) de Ida Lupino, avec Edmond O’Brien, Frank Lovejoy, William Talman, José Torvay. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 30 octobre 2010

A cause d’un assassinat (1974)

Alerté par la mort de nombreux témoins de l’assassinat d’un homme politique, un journaliste enquête et découvre que la mystérieuse entreprise Parallax serait mêlée à cette affaire.

A cause d’un assassinat est un thriller paranoïaque typique du début des années 70. L’intrigue est de toute évidence inspirée par la vague d’assassinats politiques qui a marqué la fin des années 60. Et si tous ces mystérieux déséquilibrés qui ont mis fin aux jours de John et Robert Kennedy ou encore de Martin Luther King ne s’étaient pas trouvés là par hasard ? Voici l’idée sur laquelle a été basée l’intrigue, l’auteur imaginant une société recrutant des dangereux déséquilibrés pour en faire des coupables idéals. A partir du moment où l’on accepte cette idée pas très crédible mais que l’on ne peut pas totalement écarter, le film devient très prenant. Il ne s’agit pas pour autant d’un thriller haletant comme le I comme Icare de Verneuil par exemple. Pakula a choisi la froide démonstration, filmant un univers sombre et oppressant, sans vie, sans émotions. La mort semble être la seule issue de ce cauchemar. Elle hante ce film dans lequel les personnages ne sont que des abstractions, les rouages d’une machine inarrêtable.

The Parallax View – USA (1974) de Alan J. Pakula, avec Warren Beatty, Hume Cronyn, William Daniels, Paula Prentiss. (Acheter le DVD sur Amazon)




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samedi 9 octobre 2010

Du Rififi à Paname (1966)

Un agent des services secrets américains devient l’homme de main d’un gros trafiquant français pour démanteler un trafic d’armes vers Cuba. Tout en menant son enquête, il protège son nouveau patron menacé par une bande rivale.

Du rififi à Paname, ce titre fait penser aux bons vieux polars français écrits par Michel Audiard mais le grand dialoguiste n’est pas de l’aventure, remplacé et imité par le talentueux Alphonse Boudard. Les dialogues sont plaisants mais l’histoire d’un premier abord très compliquée mais en fait assez simple n’a rien de captivant. Tout est fait pour nous faire croire à un grand film international (quelques scènes filmées à Tokyo, Londres et Munich, la présence de George Raft et de Gert Froebe) mais derrière ces artifices qui ne trompent personne, on décèle le petit produit français classique filmé sans talent par Denys de La Patellière. Tout n’est que prétexte pour nous montrer Jean Gabin faire son numéro habituel de vieux malfrat bougon. Et comme celui-ci n’est plus de la première jeunesse, on lui a mis dans les pattes un second personnage principal plus glamour et plus fougueux, le beau Claudio Brook, et l’on a rendu le produit un peu mode en y ajoutant quelques jeunes qui se déhanchent sur de la musique twist ou des strip-teaseuses qui enlèvent le haut. Un film décevant.

Du Rififi à Paname - France (1966), de Denys de La Patellière, avec Jean Gabin, Claudio Brook, Gert Froebe, Marcel Bozzuffi, George Raft, Nadja Tiller, Daniel Ceccaldi, Mireille Darc, Claude Brasseur. (Acheter le DVD sur Amazon)


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samedi 2 octobre 2010

Borderline (1950)

Deux agents qui ne se connaissent pas infiltrent des gangs de trafiquants de drogue au Mexique. Ils font équipe pour transporter de la drogue aux États-Unis, chacun œuvrant pour piéger l’autre.

Borderline a tout pour être un film noir mais ce n’en est pas vraiment un. Il s’agit plutôt d’un film hybride qui mêle film noir et comédie romantique car les deux agents, joués par la rigolote Claire Trevor et le plus sobre Fred MacMurray, vont, on s’en doute, tomber amoureux l’un de l’autre au cours de leur aventure. Mais bien évidemment, ils se doivent de résister, chacun pensant que l’autre est un véritable contrebandier. Le fait que le réalisateur (le vétéran William A. Seiter) soit considéré comme un spécialiste de la comédie y est sans doute pour beaucoup. Reste que l’on ne tremble pas trop et que l’on ne rit pas vraiment non plus. On est donc un peu déçu de ce film qui ne satisfera ni les amateurs de comédies ni les amateurs de films noirs.

Borderline - USA (1950) de William A. Seiter, avec Claire Trevor, Fred MacMurray, Raymond Burr, José Torvay. (Acheter le DVD sur Amazon)


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samedi 18 septembre 2010

Serpico (1973)

Frank Serpico est un flic pas comme les autres. D’abord parce qu’il est hippie et s’intéresse à l’art mais surtout parce que contrairement à la plupart de ses collègues, il refuse de se laisser corrompre.

Avec ce film la police de New York (NYPD) en prend pour son grade. On y voit des flics violents, vulgaires et corrompus qui passent leur temps à racketter les voyous plutôt qu’à faire régner la loi. Parmi eux, Serpico refuse de participer au racket et met un point d’honneur à faire son travail correctement. Isolé, menacé par ses collègues, il résiste et décide de mettre fin à tout cela en dénonçant les agissements de ses collègues. Mais trouvera-t-il quelqu’un prêt à s’attaquer à la police ? Ce film est tiré d’une histoire vraie mais on espère que les faits ont été un peu exagérés. Cela semble un peu trop manichéen, le petit flic qui lutte seul contre toute la police et les politiques de la ville. Mais il faut se souvenir que, dans les 70s, on aimait ces films dans lesquels un héros se bat seul ou presque contre une organisation pour révéler un scandale. L’effet du Watergate sans doute. Mais que les faits aient été exagérés ou pas, Serpico est un excellent film grâce au talent de conteur de Sidney Lumet et au talent de comédien d’Al Pacino, impressionnant dans ce rôle de flic sympathique et original.

Serpico - USA (1973) de Sidney Lumet, avec Al Pacino, John Randolph, Jack Kehoe, Barbara Eda-Young, Cornelia Sharpe, Allan Rich. (Acheter le DVD sur Amazon)




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dimanche 22 août 2010

La Balance (1982)

Après l’assassinat de son principal indic, l’inspecteur Palouzi et ses coéquipiers sont décidés à faire tomber une fois pour toute Roger Massina, le caïd local. Pour cela ils partent à la recherche d’une nouvelle balance et leur choix se porte sur Dédé, un gangster sur le déclin et sa compagne, Nicole, prostituée.

La Balance, César du meilleur film en 1983, est le grand polar français des années 80. Un film que l’on peut voir et revoir sans se lasser. Tout marche parfaitement : une intrigue bien ficelée, des personnages crédibles parfaitement interprétés, des seconds rôles attachants et en plus de l’action, de la vraie, à l’américaine. Les bandits sont abjects mais certains d’entre eux sont attendrissant comme le malheureux Dédé, interprété par Philippe Léotard qui a obtenu le César du meilleur acteur pour ce film. Sa touchante histoire d’amour avec Nicole (Nathalie Baye, César de la meilleure actrice pour ce rôle), une prostituée, est au cœur du film. Les personnages de flics, bien qu’au premier plan, sont secondaires dans la mesure où ils ne sont pas développés. Ils sont donc un peu caricaturaux mais séduisants, notamment Richard Berry en flic cool mais prêt à tout pour parvenir à ses fins, et son acolyte Christophe Malavoy. Mais le personnage principal de ce film, c’est peut être tout simplement Paris et notamment le quartier de Belleville et ses taudis malfamés. Un Paris filmé au début des années 80. Une autre époque.

La Balance - France (1982), de Bob Swaim, avec Nathalie Baye, Philippe Léotard, Richard Berry, Maurice Ronet, Christophe Malavoy, Tcheky Karyo, Bernard Freyd, Florent Pagny.






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vendredi 23 juillet 2010

L’Homme de la tour Eiffel (1949)

Un jeune bourgeois américain commandite l’assassinat de sa tante afin de toucher un héritage qu’il attend avec impatience. Maigret ne tarde pas à démasquer l’assassin qui joue avec le commissaire, persuadé que ce dernier ne pourra jamais prouver sa culpabilité.

Ce Maigret « made in USA », adapté du roman La Tête d’un homme, est fort décevant. Mais est-ce une surprise ? Le film a beau avoir été tourné à Paris, le metteur en scène et comédien Burgess Meredith n’a pas su utiliser la ville comme il aurait fallu, n’en montrant qu’une image d’Epinal, un Paris de carte postale bien éloigné du Paris quotidien des romans de Georges Simenon. Quant aux personnages et à leur psychologie, le point fort des roman de Simenon, ils sont rapidement survolés. Reste une intrigue peu captivante, une mise en scène mollassonne qui frise l’amateurisme et des comédiens sans charisme à l’exception du grand Charles Laughton hélas guère convainquant dans le rôle de Maigret.

The Man on the Eiffel Tower - USA (1949) de Burgess Meredith, avec Charles Laughton, Franchot Tone, Burgess Meredith, Robert Hutton, Jean Wallace, Patricia Roc.




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lundi 19 juillet 2010

La Femme en vert (1945)

A Londres, des jeunes femmes sont assassinées et l’un de leur doigt est systématiquement sectionné. Scotland Yard fait appel à Sherlock Holmes pour mettre un terme à ces crimes.

Cette énigme est un peu décevante. On comprend très vite que l’on n’a pas à faire à un serial killer mais à une organisation criminelle menée par le brillant professeur Moriarty, ennemi juré de Sherlock Holmes. Mais cette ambiance mystérieuse et inquiétante sur fond d’hypnose a du charme tout comme la complice du Dr. Moriarty, une blonde fatale interprétée par Hillary Brooke. Difficile de ne pas être charmé. Et comme à son habitude, Basil Rathbone campe Sherlock Holmes à la perfection. On jurerait que le personnage de Sir Arthur Conan Doyle a été créé pour lui.

The Woman in Green - USA (1945), de Roy William Neill, avec Basil Rathbone, Nigel Bruce, Hillary Brooke, Henry Daniell, Paul Cavanagh, Matthew Boulton.






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mercredi 14 juillet 2010

Le Train de la mort (1946)

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont engagés pour assurer la sécurité d’un diamant de grande valeur à bord d’un train. Mais cela n’empêche pas leur client d’être assassiné et le diamant d’être volé. Holmes part à la recherche du coupable.

Ce court film (une heure pile) est brillant car aucune scène n’est superflue. Tout est fait pour servir une énigme bien ficelée mettant en scène de nombreux suspects : les quelques passagers à bord de la voiture sont tous suspects et ce sont tous des personnages savoureux ou intrigants. Parmi eux, on remarquera la ravissante Renee Godfrey qui aurait méritée une plus belle carrière. Et c’est évidemment un plaisir de voir le légendaire Sherlock Holmes mener cette enquête, assisté par le Dr. Watson et l’inspecteur Lestrade, deux enquêteurs peu doués. Le fameux détective privé est interprété avec savoir-faire par Basil Rathbone, un habitué du rôle, qui colle parfaitement au personnage de Sir Arthur Conan Doyle. C’est sans doute aussi pour cette raison que le film fonctionne si bien.

Terror by night
- USA (1946) de Roy William Neill, avec Basil Rathbone, Nigel Bruce, Alan Mowbray, Dennis Hoey, Renee Godfrey, Mary Forbes.






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mardi 18 mai 2010

Les Hommes du président (1976)

Deux jeunes journalistes enquêtent sur le cambriolage d’un local du parti démocrate. Il semblerait que les donneurs d’ordre travaillent à la Maison Blanche.

Les Hommes du président
n’est pas à proprement parlé un film sur le Watergate mais plutôt un film sur l’enquête de deux petits journalistes qui finira par aboutir à la démission du président des États-Unis. Pour filmer cette histoire très peu cinématographique puisque dénuée d’action, le réalisateur a misé sur le contraste entre les deux personnages principaux, interprétés par Dustin Hoffman et Robert Redford, également producteur du film. Il a aussi donné de la complexité à ses plans en attachant une grande importance aux arrière-plans et filmé les scènes d’extérieur de manière à les rendre angoissantes : on a l’impression que les deux journalistes sont suivis, épiés, voire même menacés. On retrouve dans ce film de très bons acteurs à commencer par Jason Robarts qui campe avec brio le rédacteur en chef du Washington Post, le quotidien pour lequel travaillent les deux personnages principaux.

All the President’s Men
- USA (1976), de Alan J. Pakula, avec Robert Redford, Dustin Hoffman, Jack Warden, Martin Balsam, Hal Holbrook, Jason Robarts, Jane Alexander, Meredith Baxter, Ned Beatty, F. Murray Abraham.






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dimanche 9 mai 2010

Zodiac (2007)

San Francisco, fin des années 60, un tueur qui se fait appeler le Zodiac sème la terreur et nargue la police en envoyant des lettres à la presse locale. Des inspecteurs de police, un journaliste et un dessinateur enquêtent.

Ce film est tiré d’une histoire vraie. Le tueur du zodiaque a réellement existé et personne n’a jamais pu l’arrêter. A partir de ce fait divers sinistre, David Fincher a réussi un film exceptionnel. Pour cela, il a reconstitué la Californie de l’époque grâce notamment à une bande-son de premier choix qui mêle chansons sirupeuses et musique psychédélique. Le cinéaste filme les crimes du Zodiac avec réalisme, montrant ainsi une violence à l’état brut, simple et presque banale, bien plus terrifiante que les délires sadiques des serial killers de fiction tel que le tueur de Se7en, un autre film de Fincher. Voyeur impuissant, le spectateur garde les yeux grands ouverts alors que sa gorge et son estomac se serrent.

Mais si ces scènes sont marquantes, elles ne représentent qu’un court moment du film. La caméra de Fincher s’intéressent surtout aux différents enquêteurs qui creusent chaque piste, dissèquent chaque témoignage pouvant les amener à l'arrestation du tueur, un tueur qui va continuer à les hanter même quand il ne fera plus parler de lui. Fascinés par le Zodiac, ils sacrifient souvent leur vie privée et professionnelle pour se consacrer à sa traque et vont de frustrations en frustrations. Pour jouer ces trois personnages, Fincher a choisi trois acteurs de talent : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo et Robert Downey Jr. Et si le premier tient le rôle principal, il est éclipsé par les deux autres qui livrent des interprétations impressionnantes. On se souviendra longtemps de ce flic attachant joué par Mark Ruffalo.

Zodiac – USA (2007) de David Fincher, avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, Robert Downey Jr, Brian Cox, John Carroll Lynch, Chloe Sevigny, Dermot Mulroney.






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Deux rouquines dans la bagarre (1956)

Deux sœurs pactisent avec un truand pour faire élire à la mairie l’homme qu’elles soutiennent, déclenchant ainsi une guerre des gangs.

Le film suit avant tout le personnage joué par John Payne, crapule opportuniste qui utilise l’élection municipale pour renverser le parrain local et prendre sa place. Pourtant il ne s’agit pas là du personnage le plus intéressant. Comme les autres personnages masculins de ce film (le parrain, le maire), il est assez prévisible. La caméra et les yeux des spectateurs sont braqués sur les « deux rouquines » : celle interprétée par Rhonda Fleming qui semble bonne et vertueuse à première vue mais qui se révèle prête à toutes les manipulations pour défendre ses intérêts, et l’autre (Arlene Dahl), sa sœur, son fardeau, qui sort de prison et qui semble plus délurée. Cette dernière se révèle être une cleptomane doublée d’une nymphomane.

Les personnages qui se manipulent tous les uns les autres réussissent leur coup. Tous sortent gagnants mais un incident va dérégler ce plan parfait et les mettre en danger. Les voilà tout d’un coup sur le point de tout perdre. On reconnaît bien dans ce scénario la patte de James M. Cain. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de ce grand maître du polar. Les femmes belles et très sensuelles semblent sans défense mais elles se révèlent être fatales. Ce sont elles qui tiennent les rênes. Les hommes, mêmes puissants ou violents, ne sont que des pions sur leur échiquier. Ils leurs doivent leur réussite et leur perte. Mais, et c’est peut-être dommage, cette histoire est moins noire qu’à l’accoutumé pour du Cain. C’est comme si le scénariste avait fait machine arrière au dernier moment pour remettre l’histoire et les personnages sur le droit chemin.

On appréciera la mise en scène soignée et efficace d’Allan Dwan qui n’a pas eu peur de filmer des scènes très osée à une époque où la censure se montrait sévère. Les admirateurs de Rhonda Fleming et d’Arlene Dahl ne seront pas déçus. Ils ne les verront pas souvent dans de si beaux rôles.



Slightly Scarlet - USA (1956) de Allan Dwan, avec John Payne, Rhonda Fleming, Arlene Dahl, Kent Taylor, Lance Fuller.


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samedi 24 avril 2010

Le Pharmacien de garde (2002)

Un pharmacien écologiste, d'apparence paisible, se révèle être un serial killer. Il sympathise avec le flic qui mène l'enquête sur ses crimes.

Yan Lazarrec (Vincent Perez) est un pharmacien pas comme les autres. Il occupe son temps libre en éliminant les ennemis de la nature et il le fait avec une facilité et une imagination qui suscite l'admiration. Pas de doute, il s'agit d'un véritable tueur en série. Au cas où l'on ne s'en serait pas rendu compte, Vincent Perez grimace, roule des yeux, prend des airs vraiment inquiétants et pique des crises de colère terribles. François Barrier (Guillaume Depardieu), lui, est un flic paumé et il faut bien le reconnaître pas très malin. Comme il aime lui aussi la nature, il sympathise avec le pharmacien, ignorant que son nouvel ami et le tueur qu'il traque ne font qu'un. Quant à l'enquête, elle ne l'intéresse guère. Il pense plutôt à sa copine qui le trompe avec son meilleur ami quand il ne va pas errer du côté du zoo, la nuit, avec un travesti tapineur (surprenant Pascal Légitimus) qu'il rencontre par hasard et qui s'avérera être un témoin capital.

Difficile de croire en cette histoire tant les invraisemblances sont nombreuses. Qu'importe alors l'amitié ambiguë qui unit le flic et l'assassin et les dialogues souvent amusants... on regarde sa montre en espérant que ce thriller sans suspense se termine vite.

Le Pharmacien de garde - France (2002), de Jean Veber avec Vincent Perez, Guillaume Depardieu, Clara Bellar, Pascal Légitimus, Gabrielle Lazure.




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samedi 10 avril 2010

Les Flics ne dorment pas la nuit (1972)

Dans le commissariat d’un quartier chaud de Los Angeles, la vie difficile des flics qui patrouillent la nuit.

Los Angeles, début des années 70, des flics débutants font leur apprentissage dans le quartier le plus difficile de Los Angeles, guidés par les plus anciens. Les macs noirs et leurs putes, les braqueurs, les gangs latinos, les homos qui draguent dans les parcs, mais aussi les citoyens plus ordinaires dont la vie bascule soudainement dans un fait divers, voici le quotidien de ces flics de nuit. Pas d’histoire mais une succession de péripéties qui se déroulent sur plusieurs années et qui tournent autour du personnage de Roy Fehler, jeune flic interprété par Stacy Keach.

L’aspect social du film est très intéressant et assez rare pour l’époque. Les personnages principaux ne sont pas des héros mais des hommes fragiles qui s’égarent souvent (alcoolisme, suicide, divorce, bavures…). Les interpellés, souvent noirs, ne sont pas tous antipathiques et les plus dangereux ne sont pas toujours ceux que l’on croit. La mise en scène qui se veut réaliste donne au film un air de blaxploitation que vient renforcer la somptueuse musique jazz/funk signée Quincy Jones.

Côté casting, on retrouve au côté de l’excellent George C. Scott, touchant en flic roublard et expérimenté proche de la retraite, une nouvelle génération d’acteurs qui ne connaîtra pas la gloire même si certains deviendront célèbres, un temps, grâce au petit écran : Stacy Keach dans Mike Hammer et Erik Estrada dans Chips. Les amateurs de séries TV pourront également reconnaître Roger E. Mosley (T.C. dans Magnum) dans un petit rôle.

The New Centurions - USA (1972), de Richard Fleischer, avec Stacy Keach, George C. Scott, Jane Alexander, Scott Wilson, Rosalind Cash, Erik Estrada, Clifton James, Ed Lauter, Richard E. Kalk, Roger E. Mosley.


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Driver (1978)

Un as du volant, qui monnaye ses services comme chauffeur pour des hold-up, est traqué par un flic prêt à tout pour le capturer.

Driver est un film visuel. Le réalisateur Walter Hill a réduit au strict minimum les dialogues et la musique, laissant parler les belles images de ville la nuit. L’atmosphère est un peu spéciale : le rythme calme et sensuel des chaudes nuits d’été laisse souvent place à de brusques montées de tension lorsque interviennent les poursuites en voitures à couper le souffle avec leurs rugissements de moteurs et leurs crissements de pneus.

Driver est aussi un film construit pour mettre en valeur son acteur principal : Ryan O’Neal. Le comédien, qui était une grande star à l’époque, la joue playboy, dans un rôle de cowboy moderne relooké 70s. Son charisme est tellement évident que l’on se demande pourquoi Ryan O’Neal a perdu son statut de star dans les années 80. Face à lui, on remarque un Bruce Dern déchaîné dans le rôle d’un flic antipathique qui oublie la loi et s’associe à des truands pour monter la machination diabolique qui lui permettra de piéger sa proie. L’acteur s’en donne à cœur joie, entrant dans des colères mémorables. Entre les deux, une femme mystérieuse aux motivations pour le moins ambiguës interprétée par une Isabelle Adjani qui semble un trop jeune pour ce type de rôle.

The Driver - USA (1978), de Walter Hill, avec Ryan O’Neal, Bruce Dern, Isabelle Adjani, Ronee Blakley, Matt Clark, Felice Orlandi.






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dimanche 28 mars 2010

Kiss Kiss Bang Bang (2004)

En fuyant la police à la suite d'un casse foireux, Harry Lockhardt, un petit voleur minable, se retrouve dans un casting de film hollywoodien. Sélectionné pour le rôle du privé, il doit apprendre le métier aux côtés de Perry Van Shrike, alias Gay, un véritable détective privé. L'occasion pour Harry d'enquêter sur le meurtre d'une jeune femme et de retrouver son amour d'enfance.

Kiss Kiss Bang Bang est l'œuvre de Shane Black, scénariste hollywoodien à qui l'on doit quelques grands succès du cinéma d'action parmi lesquels L'Arme fatale. Mais pour sa première réalisation, Black n'a pas filmé ce qu'il avait l'habitude d'écrire pour d'autres. Il s'est plutôt fait plaisir en parodiant les pulps d'autrefois et en rendant un hommage appuyé à Chandler.

Comme dans les œuvres de ce maître du roman policier, on retrouve donc une intrigue complexe, un peu trop complexe même. Disons que l'on ne comprend pas grand chose à cette histoire mais qu'au fond cela n'a pas grande importance. Ce qui compte, c'est la peinture sombre de Los Angeles, ville décadente, et l'évolution des relations entre les trois personnages principaux : Harry, minable, maladroit et halluciné, interprété avec brio par l'excellent Robert Downey Jr., Gay, le privé homo joué par un surprenant Val Kilmer que l'on n'a pas l'habitude de voir dans une comédie, et la charmante Michelle Monaghan. Un trio survolté qui subit les pires sévices car l'humour de Shane Black est féroce, voire même franchement sadique et vire parfois au gore. On assiste ainsi à des scènes surprenantes qui semblent être l'œuvre d'un fou.

Kiss Kiss Bang Bang
est un film extravagant, un véritable ovni qui déroute mais qui fait plaisir à voir.

Shane Black's Kiss Kiss Bang Bang
- USA (2004) de Shane Black, avec Robert Downey Jr. , Val Kilmer, Michelle Monaghan.






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