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vendredi 14 mai 2010

Mamma Mia ! (2008)

Sophie vit avec sa mère sur une île grecque. Elle n’a jamais connu son père et cela l’obsède. Pour son mariage, elle invite trois anciens amants de sa mère, sachant que l’un d’eux est forcément son père.

Mamma Mia ! est une comédie musicale finalement assez classique puisqu’elle reprend les ficelles du genre : une histoire abracadabrante, un scénario léger et cousu de fil blanc, un décor en carton pâte, des personnages stéréotypés, de l’humour, de la danse et une musique entraînante. La musique justement, élément central du film, est constituée par les plus grands succès du groupe ABBA. Des chansons ultra mélodiques que tous le monde connaît et qui semblent faites pour un tel spectacle. On regrettera par contre que les chorégraphies soient relayées au second plan. On pouvait espérer mieux d’un film Hollywoodien.

Côté casting c’est une grosse surprise de retrouver Meryl Streep dans un film de ce genre. L’actrice se débrouille très bien contrairement à son partenaire Pierce Brosnan qui beugle plus qu’il ne chante. On ne lui en veut pas pour autant car avec ses deux compères Colin Firth et Stellan Skarsgard, ils forment un trio attendrissant. C’est plaisant mais le succès phénoménal obtenu par ce film dans certains pays, en Grande-Bretagne notamment, laisse perplexe.

Mamma Mia! - USA (2008) de Phyllida Lloyd, avec Amanda Seyfried, Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth, Stellan Skarsgard.






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jeudi 13 mai 2010

The Reader (2008)

Dans l’Allemagne d’après-guerre, un adolescent bourgeois découvre l’amour dans les bras d’une femme un peu frustre et de condition modeste. Quelques années après la fin de leur liaison, il la retrouve sur le banc des accusés où elle est jugée pour des crimes nazis.

Cette adaptation du magnifique roman de Bernard Schlink est une vraie réussite. Son réalisateur Stephen Daldry (Billy Elliott, The Hours) a parfaitement su traduire en images cette histoire d’amour belle, sensuelle et à mille lieues des romances habituelles. Tout d’abord parce qu’il est rare de voir un film dans lequel un homme jeune tombe sous le charme d’une femme plus âgée et surtout sans une once de sophistication. Ensuite, parce que la découverte soudaine du passé effroyable de cette ancienne amante donne à cette histoire d’amour simple une impressionnante profondeur. Le film aborde alors le thème de la culpabilité de ces employés nazis qui ont participé aux crimes de guerre en obéissant aux ordres reçus. Sont-ils coupables ? Que pouvaient-ils faire d’autre qu’obéir ? Et plus intéressant, il se pose aussi la question de savoir si l’on peut continuer à aimer une personne après avoir découvert qu’elle a commis ce genre de crime. Kate Winslet sur qui repose tout le film est absolument fabuleuse dans ce rôle qui lui a valu un Oscar. On reprochera juste à ce film une américanisation de l'intrigue qui nuit un peu au réalisme : pourquoi ces personnages allemands lisent-ils et écrivent-ils en anglais ? On comprend bien qu’ils parlent anglais puisqu’il s’agit d’un film américain mais un minimum d’allemand pour ces passages sans importance pour la compréhension de l’histoire aurait été plus judicieux.

The Reader - USA, Allemagne (2008), de Stephen Daldry, avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross, Bruno Ganz, Jeanette Hain.






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Le Grand McLintock (1963)

McLintock, un riche éleveur de bétail dans un territoire sauvage du far-west, voit sa vie bouleversée par le retour de son épouse, une furie, revenue pour réclamer le divorce et la garde de leur fille.

Ce western peu connu de John Wayne est une comédie familiale, une sorte de Mégère apprivoisée de l’Ouest. John Wayne y est très mal à l’aise. Imaginez un peu, on lui a demandé de jouer son personnage de cowboy habituel mais il n’a pas à se servir de son arme. Il y a bien un politicien très antipathique, quelques vieux guerriers indiens, et un rodéo, mais tout cela fait partie du décor. Le seul adversaire de John Wayne, c’est la ravissante Maureen O’Hara, une épouse caractérielle qui lui rend la vie impossible. Le pauvre John Wayne doit donc faire rire et ça n’est pas dans ses cordes. Il joue souvent horriblement faux et le scénario navrant ne l’aide pas. Les personnages ont l’air d’avoir été créés par un enfant de sept ans tant ils sont superficiels et stéréotypés. Pas de chance pour Maureen O’Hara qui se donne beaucoup de mal et pour les autres comédiens dont les personnages ont un rôle purement décoratif.

Après deux longues heures de péripéties inintéressantes et inutiles, le film se conclut non pas par un duel comme aurait pu l’espérer John Wayne ou tout spectateur à la recherche d’un peu d’émotion, mais sur une longue poursuite à travers les rues de la ville. McLintock court après son épouse, qui finit la scène en sous-vêtements, et la fesse avec une poêle à frire sous les hourras approbateurs des villageois. Une fin qui ravira les féministes qui ne devaient de toute manière pas placer beaucoup d’espoir en John Wayne...

McLintock!
- USA (1963), de Andrew V. McLaglen, avec John Wayne, Maureen O’Hara, Patrick Wayne, Stefanie Powers, Yvonne de Carlo, Chill Wills, Bruce Cabot.






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Stand By Me (1986)

Un romancier se souvient d’un été où, enfant, il était parti en expédition avec trois amis pour retrouver le cadavre de la malheureuse victime d'un accident.

Avec cette fidèle adaptation d’une longue nouvelle de Stephen King, Rob Reiner se souvient de l’Amérique de sa jeunesse, celle du tout début des années 60. Mais c’est surtout les amitiés fortes, propres à cette période de la vie où l’on quitte l’enfance pour entrer doucement dans l’adolescence, que le cinéaste dépeint. Une peinture réussie grâce à la parfaite alchimie qui s’opèrent entre les quatre jeunes acteurs de ce film. Tous sont talentueux et ont poursuivi leur carrière de comédien après ce film mais on est surtout marqué par River Phoenix qui possédait déjà à 15 ans un charisme rare.

L'histoire est simple et belle et certaines scènes sont presque devenues cultes (les enfants qui courent sur un pont pour échapper au train, la marre aux sangsues, l'histoire du concours de bouffeurs de tartes). Stand By Me est un film touchant, un peu nostalgique et gentiment mélancolique que l’on peut voir et revoir avec le même plaisir.

Stand By Me
- USA (1986), de Rob Reiner, avec Wil Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman, Jerry O’Connell, Kiefer Sutherland, Richard Dreyfuss.






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Chiens de paille (1971)

David, un mathématicien venu s’isoler avec sa femme dans la campagne anglaise pour faire des recherches, est confronté à l’hostilité des habitants de la région : de jeunes hommes oisifs et buveurs qui vont l’humilier jusqu’à ce que, à bout, il décide d’avoir recours à la violence.

Le thème du personnage principal qui refuse la violence mais qui, humilié et harcelé, finit par se révolter et devenir un héros est relativement fréquent dans le cinéma américain. Et Sam Peckinpah qui aime filmer la violence se régale avec ce film qui repose essentiellement sur l’interprétation de Dustin Hoffman. L’acteur est extraordinaire dans le rôle de l’américain couard qui subit sans broncher les pires camouflets avant de se révolter lors d’un final d’une grande violence. Mais ce film dérange parce qu’il fait de la violence un spectacle jouissif mais aussi par la vision ambiguë qu’il donne des femmes : perverses et provocatrices, celles-ci sont la cause de toutes les violences.

On aime en revanche cette atmosphère de Far West qui règne sur la campagne anglaise avec ses mauvais garçons dégénérés qui passent leurs journées et leurs soirées a boire au pub comme leurs homologues américains de jadis dans leur saloon. La campagne anglaise que l’on a l’habitude de voir comme un cadre agréable et paisible devient ici un désert inquiétant où tout peut arriver.

Straw Dogs - USA (1971) – de Sam Peckinpah, avec Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan, T.P. McKenna, Ken Hutchison.






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Les Copains d’abord (1983)

Des amis d'université, désormais trentenaires, se retrouvent le temps d’un week-end suite au décès d’un des leurs. Ils font le point sur leur vie, leurs succès, leurs déceptions.

Les Copains d’abord est le film d’une génération, celle des anciens hippies, devenus yuppies. La réunion de ce groupe d’amis qui ne se voyaient plus trop depuis la fin de leurs études et qui se retrouvent une décennie plus tard permet au cinéaste de s’interroger sur le sens de la vie. Ces jeunes adultes ambitieux qui gagnent bien leur vie ont-ils trahi les jeunes gens idéalistes qu’ils étaient ? Mais au-delà de cette question métaphysique à laquelle il est bien difficile de répondre, Lawrence Kasdan filme surtout des personnages attachants avec beaucoup d’humour et de tendresse. Et pour interpréter ces personnages, il a engagé de jeunes acteurs talentueux qui ont, pour la plupart, réalisé une belle carrière par la suite. Un film enthousiasmant.

The Big Chill - USA (1983) de Lawrence Kasdan, avec Kevin Kline, Glenn Close, Tom Berenger, William Hurt, Jeff Goldblum, Mary Kay Place, JoBeth Williams, Meg Tilly.






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dimanche 9 mai 2010

Trouble in Texas (1937)

Deux balladins écument les rodéos dans l'espoir de venger la mort du frère de l’un d’eux. Ils finissent par retrouver les assassins dans une petite ville où ces derniers ont l’intention de truquer un rodéo et d’attaquer une banque.

Ce petit western d’usine ne mérite pas d’être sorti de l’oubli. Il fait partie d’une série de westerns ayant pour héros Rex Masters, un cowboy souriant et chantant au visage poupin. Celui-ci est flanqué d’un compagnon grassouillet qui porte de grosses moustaches et qui n’est franchement pas futé. Il s’agit de l’élément comique du film. Comme souvent dans ce genre de films de série B, les personnages n’ont aucune profondeur et le film manque singulièrement de tension. D’ailleurs pas une goutte de sang n’est versée. Les quelques balles tirées désarment les méchants sans les blesser comme dans un Lucky Luke. Et pour couronner le tout, le réalisateur casse le rythme de l’intrigue avec des chansons d’une médiocrité affligeante et de trop nombreuses scènes de rodéo. Le seul intérêt de ce film, c’est Rita Hayworth qui interprète un agent double, pour ce qui est l’un de ses premiers rôles. Son charisme et son charme lui permettent de tirer son épingle du jeu. Elle éclipse sans aucune difficulté l’irritant Tex Ritter et son canasson White Flash, les deux seules vedettes du film à en croire le générique.

Trouble in Texas - USA (1937), de Robert M. Bradbury, avec Tex Ritter, Rita Hayworth, Yakima Canutt, Earl Dwire.




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Zodiac (2007)

San Francisco, fin des années 60, un tueur qui se fait appeler le Zodiac sème la terreur et nargue la police en envoyant des lettres à la presse locale. Des inspecteurs de police, un journaliste et un dessinateur enquêtent.

Ce film est tiré d’une histoire vraie. Le tueur du zodiaque a réellement existé et personne n’a jamais pu l’arrêter. A partir de ce fait divers sinistre, David Fincher a réussi un film exceptionnel. Pour cela, il a reconstitué la Californie de l’époque grâce notamment à une bande-son de premier choix qui mêle chansons sirupeuses et musique psychédélique. Le cinéaste filme les crimes du Zodiac avec réalisme, montrant ainsi une violence à l’état brut, simple et presque banale, bien plus terrifiante que les délires sadiques des serial killers de fiction tel que le tueur de Se7en, un autre film de Fincher. Voyeur impuissant, le spectateur garde les yeux grands ouverts alors que sa gorge et son estomac se serrent.

Mais si ces scènes sont marquantes, elles ne représentent qu’un court moment du film. La caméra de Fincher s’intéressent surtout aux différents enquêteurs qui creusent chaque piste, dissèquent chaque témoignage pouvant les amener à l'arrestation du tueur, un tueur qui va continuer à les hanter même quand il ne fera plus parler de lui. Fascinés par le Zodiac, ils sacrifient souvent leur vie privée et professionnelle pour se consacrer à sa traque et vont de frustrations en frustrations. Pour jouer ces trois personnages, Fincher a choisi trois acteurs de talent : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo et Robert Downey Jr. Et si le premier tient le rôle principal, il est éclipsé par les deux autres qui livrent des interprétations impressionnantes. On se souviendra longtemps de ce flic attachant joué par Mark Ruffalo.

Zodiac – USA (2007) de David Fincher, avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, Robert Downey Jr, Brian Cox, John Carroll Lynch, Chloe Sevigny, Dermot Mulroney.






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Scaramouche (1952)

A la veille de la Révolution française, un homme apprend l’escrime pour venger la mort de son meilleur ami tout en se cachant au sein d’une troupe de théâtre ambulant pour laquelle il interprète le personnage de Scaramouche.

Scaramouche est un incontestable chef d’œuvre du film de cape et d’épée grâce à un scénario brillant, qui réserve son lot de surprises. On navigue entre comédie, histoire d’amour et action. L’humour est burlesque façon Comedia del arte puisque tel est l’art pratiqué par la troupe de théâtre dans laquelle vit André Moreau, le personnage principal. Un art que les comédiens pratiquent sur scène mais aussi en dehors : les scènes explosives mais réjouissantes entre André Moreau et son amante, elle aussi actrice.

A côté de cela, il y a le film d’aventure. Une histoire de vengeance avec ses nombreuses scènes de combats dont la finale, mémorable, qui se déroule dans un somptueux théâtre à l’italienne. Stewart Granger, portant un magnifique collant zébré noir et blanc, y livre le plus long combat d’épée de l’histoire du cinéma, un combat extrêmement spectaculaire contre le cruel marquis de Maynes interprété par Mel Ferrer. Ce dernier a tué le meilleur ami d’André Moreau et il est aussi sur le point d’ épouser la femme dont André est épris (Janet Leigh, plus belle que jamais).

Stewart Granger interprète André Moreau/Scaramouche avec un charisme et une puissance extraordinaire. Son personnage est en quête d’identité. Il sait que son vrai nom n’est pas André Moreau et cherche à savoir qui il est réellement mais sa véritable identité ne lui sera dévoilée qu’à la fin comme cela arrive parfois dans les pièces de Molière. Le personnage avance donc masqué tout le long du film, retirant un masque pour en découvrir un nouveau. Il est André Moreau au début du film, puis Scaramouche bien sur, mais aussi la personne qu’il croit être et celle qu’il est véritablement.

Face à Stewart Granger, Mel Ferrer joue un méchant cruel mais fort séduisant et assez humain, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Côté féminin, Janet Leigh est divinement belle en jeune comtesse douce et pure alors qu’à l’opposé Eleanor Parker interprète avec talent une actrice forte et rouée.

La mise en scène de George Sidney est magistrale. Le réalisateur, qui avait déjà réussi une brillante adaptation des Trois mousquetaires quatre ans plus tôt, s'impose comme le grand maitre des films de cape et d'épée.

Scaramouche - USA (1952) de George Sidney, avec Stewart Granger, Eleanor Parker, Mel Ferrer, Janet Leigh, Henri Wilcoxon, Nina Foch, Richard Anderson, Robert Coote, Lewis Stone.




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Deux rouquines dans la bagarre (1956)

Deux sœurs pactisent avec un truand pour faire élire à la mairie l’homme qu’elles soutiennent, déclenchant ainsi une guerre des gangs.

Le film suit avant tout le personnage joué par John Payne, crapule opportuniste qui utilise l’élection municipale pour renverser le parrain local et prendre sa place. Pourtant il ne s’agit pas là du personnage le plus intéressant. Comme les autres personnages masculins de ce film (le parrain, le maire), il est assez prévisible. La caméra et les yeux des spectateurs sont braqués sur les « deux rouquines » : celle interprétée par Rhonda Fleming qui semble bonne et vertueuse à première vue mais qui se révèle prête à toutes les manipulations pour défendre ses intérêts, et l’autre (Arlene Dahl), sa sœur, son fardeau, qui sort de prison et qui semble plus délurée. Cette dernière se révèle être une cleptomane doublée d’une nymphomane.

Les personnages qui se manipulent tous les uns les autres réussissent leur coup. Tous sortent gagnants mais un incident va dérégler ce plan parfait et les mettre en danger. Les voilà tout d’un coup sur le point de tout perdre. On reconnaît bien dans ce scénario la patte de James M. Cain. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de ce grand maître du polar. Les femmes belles et très sensuelles semblent sans défense mais elles se révèlent être fatales. Ce sont elles qui tiennent les rênes. Les hommes, mêmes puissants ou violents, ne sont que des pions sur leur échiquier. Ils leurs doivent leur réussite et leur perte. Mais, et c’est peut-être dommage, cette histoire est moins noire qu’à l’accoutumé pour du Cain. C’est comme si le scénariste avait fait machine arrière au dernier moment pour remettre l’histoire et les personnages sur le droit chemin.

On appréciera la mise en scène soignée et efficace d’Allan Dwan qui n’a pas eu peur de filmer des scènes très osée à une époque où la censure se montrait sévère. Les admirateurs de Rhonda Fleming et d’Arlene Dahl ne seront pas déçus. Ils ne les verront pas souvent dans de si beaux rôles.



Slightly Scarlet - USA (1956) de Allan Dwan, avec John Payne, Rhonda Fleming, Arlene Dahl, Kent Taylor, Lance Fuller.


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samedi 8 mai 2010

Le Signe de Zorro (1940)

De retour d’Espagne, un gentilhomme Mexicain apprend que son père, gouverneur de Californie, a été renversé par un infâme dictateur. Il joue au bel hidalgo superficiel et un peu idiot en public, mais lutte clandestinement et masqué pour évincer le tyran sous le nom de Zorro.

La mise en scène de Mamoulian est soignée, le réalisateur joue avec l’ombre et la lumière dans ce divertissement en noir et blanc. Et ce qui séduit surtout, c’est qu’il conduit parfaitement son récit en alternant la comédie (les scènes dans lesquelles Don Diego joue les dandys précieux) et l’action (les scènes de combat avec Zorro). Tout le film repose sur les épaules de Tyrone Power qui s’en tire très bien, lui que l’on savait doué pour les scènes d’action et le maniement de l’épée mais dont on ignorait le talent pour la comédie. Don Diego/Zorro version Power est un vrai régal à côté duquel le Zorro de Banderas fait pâle figure.

Face à Tyrone Power, Mamoulian a trouvé le meilleur des adversaires en la personne de Basil Rathbone qui interprète l’éminence grise du tyran, celui qui tire toutes les ficelles et qui est le vrai responsable des malheurs du pays.

The Mark of Zorro - USA (1940) de Rouben Mamoulian, avec Tyrone Power, Linda Darnell, Basil Rathbone, Gale Sondergaard.




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Arènes sanglantes (1941)

La destinée d’un enfant andalou qui devient un glorieux toréador comme son père avant de vivre la déchéance.

L’Andalousie d’Arènes sanglantes est une Andalousie d’opérette, un peu comme le Paris d’Un Américain à Paris. On y croit peu mais on ne peut qu’apprécier ce petit monde idéalisé et admirer l’impeccable esthétique Technicolor, qui rappelle celle de l’excellent Douglas Sirk. Le film a d’ailleurs été récompensé d’un Oscar pour sa photographie.

L’histoire de ce mélo est sans surprise. Tout commence comme un conte de fée mais la fin tragique du héros semble inévitable, quoi qu’il fasse, on sent qu’il ne peut échapper à son implacable destinée. Le malheur semble habiter le pays du Flamenco. On assiste donc à la réussite d’un jeune adolescent qui atteint son rêve : il devient le plus grand toréador de son époque, épouse celle qu’il aime depuis toujours et met à l’abri du besoin ses proches. Mais que peut faire un jeune homme qui a obtenu tout ce dont il rêvait si tôt dans la vie ? Après avoir atteint le sommet, il ne peut que redescendre. Sa perte viendra de sa rencontre avec une riche croqueuse d’hommes. Celle-ci est interprétée par une très sensuelle Rita Hayworth qui humilie sa rivale (Linda Darnell), venue lui demander de lui rendre son mari, dans une scène mémorable.

Qui d’autre que Tyrone Power, aurait pu interpréter ce beau toréador ténébreux, avide de gloire, qui perd peu à peu goût à tout ? L’acteur est parfait dans ce rôle plus exigeant que ses rôles habituels. Un rôle tenu par Rudoph Valentino vingt ans plus tôt puisqu’il s’agit d’un remake. On remarquera, à ses côtés, un bon Anthony Quinn dans le rôle du rival agressif et un très bon John Carradine dans le rôle de l’ami fidèle et lucide. Côté féminin, Linda Darnell est la plus belle mais Rita Hayworth lui vole la vedette grâce à la perversité de son personnage.

Blood and Sand - USA (1941) de Rouben Mamoulian, avec Tyrone Power, Linda Darnell, Rita Hayworth, Anthony Quinn, John Carradine, George Reeves.






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Le Come-back (2007)

Star déchue des 80s, Alex Fletcher a l’occasion de revenir sur le devant de la scène grâce à une chanteuse à la mode qui le sollicite pour un duo. Mais pour cela, il lui faut écrire une bonne chanson et il en est bien incapable. Heureusement il rencontre Sophie Fisher, jeune poétesse inspirée.

Le Come-back est une comédie romantique construite sur le même canevas que les autres films du genre. Ne vous attendez donc pas à être surpris. Vous pourrez par contre être séduit par le sympathique duo formé par Hugh Grant, dont le jeu est assez sobre pour une fois, et la craquante Drew Barrymore. Et vous serez sans doute très amusé par les séquences musicales qui ridiculisent la pop/new wave des 80s (le clip du groupe d’Alex Fletcher qui ouvre le film est déjà culte) et la pop dansante actuelle façon Britney Spears (ridicule Cora). Un film léger mais fort distrayant.

Music and Lyrics - USA (2007) de Mark Lawrence, avec Hugh Grant, Drew Barrymore, Brad Garrett, Kristen Johnston, Campbell Scott, Scott Porter.






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dimanche 2 mai 2010

La Flèche brisée (1950)

Alors que les massacres entre colons américains et Comanches vont bon train, un aventurier apprend à connaître le peuple Comanche, gagne la confiance de son chef Cochise et tente d’instaurer la paix.

Ce western humaniste obtint un joli succès en son temps et fut même nominé trois fois aux Oscars. Il affiche une réelle volonté d’humaniser les Indiens, trop souvent décrits comme des hommes hostiles et sanguinaires. Ce rejet de tout manichéisme fait de ce film un ancêtre direct de Little Big Man et Danse avec les Loups. Le script signé par le blacklisté Albert Maltz est très réussi et la mise en scène de Delmer Daves est sans défaut, passant habillement des scènes d’actions au scènes plus calmes durant lesquelles l’aventurier joué par James Stewart, plus fougueux qu’à l’accoutumée, apprend à connaître puis à respecter les Comanches et vit une belle romance avec une jeune squaw, interprétée par Debra Paget, qui n’avait alors que 16 ans. Mais l’interprétation la plus mémorable vient de Jeffrey Hunter, très convainquant dans le rôle de Cochise, qu’il reprendra d’ailleurs deux ans plus tard dans The Battle at Apache Pass.

Broken Arrow - USA (1950) de Delmer Daves, avec James Stewart, Jeffrey Hunter, Debra Paget, Will Geer, Jay Silverheels.




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Votez McCay (1972)

Un jeune militant écologiste est recruté par le parti démocrate pour affronter aux élections sénatoriales un indéboulonnable sénateur républicain.

Réalisé en 1972, à l’époque où Robert Redford était une vedette de blockbusters, Votez McCay est un film à petit budget, engagé, produit par Robert Redford lui-même. L’acteur s’intéresse aux dilemmes de la politique. Un candidat idéaliste doit-il refuser toute compromission ou accepter de policer son discours et de se mettre en scène pour parvenir à être élu et imposer toutes ou partie de ses idées ? Le scénario de Jeremy Larner, récompensé par un Oscar, est très habile. Ni naïf, ni cynique, il possède cet optimisme propre aux films américains des années 70. La mise en scène très réaliste de Michael Ritchie est à la hauteur du scénario. Le cinéaste évite tout manichéisme et son film ressemble souvent à un documentaire.

La présence de nombreuses personnalités qui interviennent dans la campagne dans leur propre rôle (Natalie Wood notamment) renforce la confusion entre réalité et fiction.

The Candidate - USA (1972), de Michael Ritchie, avec Robert Redford, Peter Boyle, Don Porter, Allen Garfield, Karen Carlson, Melvyn Douglas.






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Neuf mois aussi (1995)

Un couple très BCBG apprend qu’il va avoir un enfant. La femme attendait ce moment depuis longtemps mais l’homme est terrorisé à l’idée de cet évènement qui promet de chambouler toute sa vie.

Neuf Mois Aussi s'intitule ainsi pour marquer une différence avec le film français Neuf mois dont il est le remake. Comme souvent le remake américain est meilleur que l'original français.

Neuf Mois Aussi est à classer dans la catégorie comédie romantique. La romance entre Hugh Grant, assez irritant par ses mimiques de grandes coquettes, et Julianne Moore, ne présente guère d’intérêt car elle est assez attendue. Par contre, ce qui fait l’intérêt du film, c’est le burlesque qui vient essentiellement des personnages secondaires. Il y a tout d’abord Robin Williams, hilarant en obstétricien russe très nerveux, qui multiplie les maladresses et les lapsus malheureux. Autre élément comique du film, Tom Arnold, cet « ami » sans gêne papa gaga d’une portée de petites filles assez perturbées. Ces deux personnages font de Neuf Mois Aussi, une comédie romantique au-dessus de la moyenne.

Nine Months - USA (1995), de Chris Columbus, avec Hugh Grant, Julianne Moore, Jeff Goldblum, Tom Arnold, Joan Cusack, Robin Williams.






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Buck Rogers au XXVe siècle (1979)

Un spationaute parti en mission dans les années 70 revient sur Terre au XXVe siècle. La civilisation et les mentalités ont quelque peu changé et la menace d’une invasion extra-terrestre pèse sur la Terre.

Buck Rogers au XXVe siècle
est un cas unique dans l’histoire du cinéma puisqu’il s’agit du pilote d’une série de télévision qui est sorti au cinéma. Buck Rogers est un héros de bande-dessinée puis de serial dans les années 30. Les producteur de Galactica l’ont ressorti des cartons après le succès de La Guerre des étoiles. Le film a beaucoup emprunté au classique de George Lucas : le design des engins spatiaux, les robots, l’inspiration des civilisations antiques et le personnage de Buck Rogers fait souvent penser à Hann Solo par son culot et son sens de la dérision.

Hélas, Buck Rogers au XXVe siècle n’est qu’une pâle imitation : les effets spéciaux sont souvent minables, les personnages extrêmement caricaturaux et le scénario médiocre. Il en résulte un film kitsch et souvent ridicule à l’image de cette scène de bal néo-baroque où Buck Rogers danse un disco ringard avec la reine des extra-terrestres. Enfin, on ne parlera pas de la réalisation inexistante de Daniel Haller, réalisateur de télévision lancé par Roger Corman.



Buck Rogers In The 25th Century - USA (1979) de Daniel Haller, avec Gil Gerard, Pamela Hensley, Henry Silva, Erin Gray.


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Ma vie à moi (1950)

Une jeune provinciale arrive à New York pour devenir top model. Elle parviendra à ses fins mais ne trouvera pas le bonheur, tombant amoureuse d’un homme d’affaires qui ne peut quitter son épouse handicapée.

George Cukor est considéré à juste titre comme un maître de la comédie américaine. Ce film montre qu’il est beaucoup moins adroit dans le mélodrame. Certaines scènes montrant le désespoir des personnages ont beau être très réussies, l’histoire, très sombre et sans surprise, lasse rapidement le spectateur. Et si Lana Turner ne manque pas de charme, il semble évident qu’elle est trop âgée pour ce rôle. On appréciera tout de même le réalisme de ce film qui bénéficie d’une très belle photographie en noir et blanc.

A Life Of Her Own - USA (1950) de George Cukor, avec Lana Turner, Ray Milland, Tom Ewell, Louis Calhern, Ann Dvorak, Margaret Phillips, Jean Hagen.


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Crossroads (1986)

Un jeune guitariste aide un vieux bluesman à s’évader d’une maison de retraite et part avec lui sur la route du blues dans l’espoir de devenir à son tour un grand bluesman.

Que faire de Ralph Macchio après Karate Kid ? Les studios ne se sont pas posés trop de questions et ont refait le même film en apportant de légères modifications. Le blues a remplacé le karaté et un vieux maître noir a pris la place du vieux maître japonais. Hélas, ça ne marche pas. Cela aurait pu être une belle histoire d’apprentissage mais le film manque de charme et surtout de subtilité. Le scénario est attendu et le personnage de Ralph Macchio n’est pas crédible. Qui peut croire qu’une balade d’une semaine dans le Sud des États-Unis et une peine de cœur font d’un jeune adolescent un as du blues ? Du coup Ralph Macchio en devient horripilant.

Le final, un combat de solos de guitares électriques entre un Ralph Macchio, doublé par Ry Cooder, et un Steve Vai déchaîné, est catastrophique et fait définitivement sombrer le film dans le ridicule.

Crossroads – USA (1986) de Walter Hill, avec Ralph Macchio, Joe Seneca, Jami Gertz, Joe Morton, Robert Judd, Harry Carey Jr., Steve Vai.






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samedi 1 mai 2010

L'Héritière (1949)

Dans la bourgeoisie américaine du XIXe siècle, une riche jeune femme sans charme tombe amoureuse d’un beau jeune homme qui ne la courtise que pour sa dote.

Adapter un roman de Henry James n’est pas facile. William Wyler a pourtant réussi à faire un grand film de ce magnifique roman (Washington Square). Le cinéaste adapte l’histoire avec fidélité et sa caméra scrute avec précision les personnages car ce sont eux qui sont au cœur de ce suspense psychologique. Montgomery Clift en jeune homme irrésistiblement ambitieux est transcendant et il n’est pas étonnant que George Stevens lui ait confié, deux ans plus tard, un rôle similaire dans le fameux Une place au soleil. La partenaire de Clift, Olivia de Havilland est étonnante en jeune femme complexée et sans cesse humiliée. Nul doute qu’il s’agit là de son plus grand rôle. L’actrice a d’ailleurs reçu un Oscar et un Golden Globe pour son interprétation dans ce film. Mais les deux acteurs principaux ne doivent pas faire oublier deux autres comédiens fabuleux dans ce film : Ralph Richardson, dans le rôle du père qui n’éprouve que de la pitié pour une fille qu’il rabaisse constamment, et Miriam Hopkins, tante malicieuse qui joue les entremetteuses et tombe sous le charme du beau prétendant de sa nièce. L’interprétation de ces deux comédiens est pour beaucoup dans la réussite du film.

Signalons enfin que la musique de ce film, signée Aaron Copland, a également été récompensée d’un Oscar, tout comme les décors et les costumes permettant à L’Héritière de remporter 4 Oscars sur ses 8 nominations.

The Heiress – USA (1949) de William Wyler, avec Montgomery Clift, Olivia de Havilland, Ralph Richarson, Miriam Hopkins, Vanessa Brown.






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