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vendredi 30 avril 2010

Au-dessous du volcan (1984)

Ex-consul britannique au Mexique, Geoffrey Firmin ne dessaoule plus depuis que sa femme l’a trompé avec son frère puis quitté. Mais voilà l’épouse de retour au foyer, décidée à redonner une chance à leur couple. Parviendra-t-elle à changer le cours des choses ?

On disait le roman de Malcolm Lowry inadaptable. John Huston a eu l’imprudence d’en faire un film, s’attirant les foudres de la critique. Pourtant son film tient la route. Il décevra peut-être les fans du roman mais il s’agit d'un très beau film, hanté par la mort : les symboles de la mort y sont nombreux à commencer par cette fête des morts durant laquelle se déroule toute l’intrigue et qui incite à penser que la mort est inéluctable et que l’on assiste à une tragédie.

Dans des rôles difficiles, les comédiens s’en sortent bien. Albert Finney semble s’amuser à jouer les alcooliques lucides, ivre du début à la fin du film. A ses côtés, Jacqueline Bisset, qui incarne celle par qui le malheur est arrivé et qui représente pourtant, pour son mari, l’unique chance de s’en sortir, nous émerveille par sa beauté. Signalons aussi la présence de la senior Katy Jurado en tenancière de troquet.

Under The Volcano
- USA (1984) de John Huston, avec Albert Finney, Jacqueline Bisset, Anthony Andrews, Katy Jurado, Sergio Calderon.






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Il était une fois (1941)

Au cours d’un procès, les différents protagonistes de l’intrigue se succèdent à la barre pour raconter l’histoire d’un crime commis par une femme défigurée.

Ce remake d’un film suédois avec Ingrid Bergman est une belle réussite. A mi-chemin entre le mélo et le suspense policier, le film tient en haleine le spectateur qui ne sait si la femme est toujours défigurée ou si son opération esthétique a réussi et si elle a tué l’enfant qu’on lui a demandé d’assassiner.

Joan Crawford, qui tient le haut de l’affiche, y interprète l’un de ses plus beaux rôles, celui d’un personnage ambigu qui oscille entre le bien et le mal, et qui apparaît tour à tour comme une créature profondément méchante ou comme la plus charmante des femmes. L’interprétation de Conrad Veidt vaut également le détour, l’acteur paraît plus méphistophélique que jamais dans le rôle d’un ignoble gentleman.



A Woman’s Face - USA (1941) de George Cukor, avec Joan Crawford, Melvyn Douglas, Osa Massen, Conrad Veidt, Reginald Owen, Donald Meek.


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La Brune brûlante (1959)

Un bon père de famille, poursuivi par une voisine très entreprenante, est chassé de son foyer parce que sa femme le pense infidèle. Il s’efforce de la reconquérir alors que le projet d’une implantation de base militaire les oppose.

Inspiré d’un roman de Max Shulman, cette comédie est l’avant dernier film de Leo McCarey, un vétéran qui construisit l’essentiel de sa filmographie dans les années 20 et 30. Il s’agit d’un pur vaudeville, l’histoire tant de fois racontée d’un homme qui perd la confiance de sa femme et qui fait tout pour la reconquérir. Pour jouer cet homme, on retrouve un surprenant Paul Newman que l’on a rarement vu dans ce registre. L’acteur s’en tire très bien et forme un beau duo avec Joanne Woodward, son épouse à la ville. Le couple est bien aidé par de talentueux seconds rôles : Jack Carson, très drôle dans le rôle du militaire stupide et borné à qui rien ne réussit, et surtout Joan Collins, parfaite dans le rôle de la « brune brûlante » qui poursuit de ses assiduités son malheureux voisin et qui vole la vedette à Joanne Woodward.

Rally 'Round The Flag, Boys !
- USA (1959) de Leo McCarey, avec Paul Newman, Joanne Woodward, Joan Collins, Jack Carson, Tuesday Weld, Dwayne Hickman.


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dimanche 25 avril 2010

Suzanne et ses idées (1939)

Suzanne, qui vient de rejoindre une secte chrétienne, est bien décidée à convertir ses amis et à les remettre dans le droit chemin. Pourtant elle a abandonné son mari et sa fille qui la supplient de revenir vivre avec eux.

Cette pièce de boulevard gentillette de Rachel Crothers adaptée par Anita Loos, manque un peu de rythme et oublie en cours de route ses personnages secondaires. C’est bien dommage car ceux-ci sont interprétés par d’excellents comédiens parmi lesquels la jeune Rita Hayworth. La comédie loufoque des premières minutes devient alors une comédie romantique plus banale durant laquelle le mari fait de son mieux pour reconquérir la femme qu’il aime.

Joan Crawford, qui interprète Susan, surprend agréablement dans un registre inhabituel pour elle : celui de la femme gaie, un peu fofolle et infatigable façon Katharine Hepburn. Par contre, dans le rôle de son mari, Fredric March livre une interprétation un peu mollassonne.

Susan and God - USA (1939) de George Cukor, avec Joan Crawford, Fredric March, Ruth Hussey, Rita Hayworth, John Caroll, Nigel Bruce, Bruce Cabot.


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Tarnished Lady (1931)

Une jeune femme de la bonne société, dont la famille est ruinée, choisit d’épouser un milliardaire qui l’indiffère plutôt que le jeune dramaturge dont elle est amoureuse. Elle regrette vite ce choix.

Ce conte pour petites filles de bonnes familles a de quoi dérouter le spectateur. Difficile en effet de s’attacher à ce personnage de pauvre petite fille riche qui doit faire des sacrifices pour maintenir son niveau de vie élevé, devant même parfois s’abaisser à travailler ! Néanmoins l’ensemble est plaisant grâce à un scénario bien ficelé avec de multiples rebondissements et une très bonne interprétation de Tallulah Bankhead. Cukor ne s’impose pas encore comme un grand maître mais il offre avec ce film une peinture intéressante de la haute société américaine des années folles, comme à son habitude.

Tarnished Lady - USA (1931), de George Cukor, avec Tallulah Bankhead, Clive Brooks, Phoebe Forster, Alexander Kirkland.


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Girls About Town (1931)

Dans le New York des années 30, Wanda et Mary, deux belles jeunes femmes, sont payées pour accompagner de riches hommes d’affaires à des fêtes. A l’une d’elles, Wanda tombe amoureuse de son client alors que Mary à la malchance de tomber sur un homme particulièrement avare.

C’est le New York de Fitzgerald, celui des grandes fêtes des années folles. Le champagne coule à flot et les élégantes et longilignes new-yorkaises se dandinent sur des airs de jazz. Une époque qui convient parfaitement à George Cukor qui fait encore ses gammes mais réussit là un bon divertissement. On y rie de la pingrerie et de l’orgueil des hommes mais aussi de l’avidité des femmes. Le cinéaste s’amuse à faire le portrait de deux amies très différentes l’une de l’autre (la douce brune qui rêve de se caser et la blonde gouailleuse qui n’a pas l’intention d’arrêter la fête) sans pour autant perdre de vue une histoire bien construite bien qu’un peu prévisible.

Pour interpréter les deux jeunes escort girls, Cukor a réuni deux belles actrices du début des années 30 : la brune Kay Francis et la blonde Lilyan Tashman, très douée pour les rôles comiques et qui mourut peu de temps après le tournage, au cours d’une opération chirurgicale. A leurs côtés, on retrouve le beau Joel McCrea dans le rôle de l'homme d’affaire que Wanda veut épouser.

Girls About Town - USA (1931), de George Cukor, avec Kay Francis, Lilyan Tashman, Joel McCrea, Eugene Pallette, Alan Dinehart, Anderson Lawler.


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L'Esclave libre (1957)

Une jeune bourgeoise sudiste découvre, à la mort de son père, qu’elle a du sang noir dans les veines. Elle est déshéritée et vendue comme esclave à un riche aventurier de la Nouvelle-Orléans.

Film en technicolor flamboyant sur la vie d’une belle sudiste bouleversée et ruinée par la guerre de Sécession, qui aime malgré elle un riche aventurier incarné par Clark Gable, L’Esclave libre fait immanquablement penser à Autant en emporte le vent. Il serait néanmoins injuste de le considérer comme une simple imitation même s’il n’est pas impossible que les producteurs n’aient vu dans ce film qu’un bon moyen d’exploiter un sujet qui avait déjà fait ses preuves.

Premier argument en sa faveur, L’Esclave libre a le mérite de ne pas montrer une image d’Epinal de la guerre de Sécession. Les soldats Nordistes ne sont pas présentés comme des idéalistes venus délivrer le peuple noir de l’esclavage. Au contraire, ils se montrent souvent aussi racistes que leurs adversaires Sudistes, utilisant les esclaves noirs « confisqués » comme de la chair à canon. De son côté, le personnage principal, interprété par Clark Gable, est un riche Sudiste qui possède de vastes plantations dans lesquelles travaillent des esclaves. Il ne se montre pas pour autant inhumain, élevant un jeune homme noir comme son propre fils. Ce personnage secondaire est très intéressant dans sa complexité : il hait son père adoptif pour sa générosité et rejoint l’armée du Nord mais se voit traité là-bas comme un moins que rien. La jeune héroïne de ce film, interprétée par Yvonne De Carlo, vit une situation comparable : traitée comme une princesse par son maître, elle est méprisée par les soldats de Lincoln pour qui les quelques goûtes de sang noir qu’elle a dans les veines comptent plus que sa personnalité, sa beauté et son éducation. Le Nord peut lui offrir la liberté mais ne la laissera jamais redevenir la grande dame qu’elle a été.

Autre différence majeure entre les deux films, L’Esclave libre est un film très sensuel dans lequel la belle Yvonne De Carlo incarne l’objet de tous les désirs. Walsh ose beaucoup, filmant son actrice dans des poses très lascives pour l’époque ou dans des scènes aux connotations sado-masochistes évidentes : la jeune femme prisonnière d’un ignoble marchand d’esclaves qui la maltraite et veut lui prendre sa vertu, la vente dans un marché aux esclaves où des hommes libidineux l’examinent et la tâtent...

Loin d’être une pâle copie d’Autant en emporte le vent, L’Esclave libre est donc un bon film d’aventures, moderne, qui présente les hommes et l’Histoire avec beaucoup d’acuité et de cynisme.

Band of Angels
- USA (1957), de Raoul Walsh, avec Clark Gable, Yvonne De Carlo, Sidney Poitier, Efrem Zimbalist Jr., Andrea King.


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samedi 17 avril 2010

Les Girls (1957)

Sybil, une ancienne danseuse de cabaret, a écrit un livre sur sa vie passée. Attaquée pour diffamation par son ancienne partenaire, elle comparaît au tribunal. Mais bien difficile de connaître la vérité tant les versions de l’histoire diffèrent selon les personnes interrogées…

Dans cette charmante comédie, on retrouve le vieux Paris idéalisé par Hollywood d’Un Américain à Paris. On retrouve aussi Gene Kelly, toujours irrésistible, surtout lorsqu’il baragouine français. Mais malgré ce premier rôle, l’acteur américain ne semble pas être la préoccupation principale de la caméra qui s’intéresse plutôt aux trois personnages féminins du film : Angèle, la française, qui séduit les hommes pour réussir, Sybil, l’anglaise, alcoolique et cynique et Joy, l’Américaine, froide et distante.

Qu’est ce que la vérité ? Tel est le letmotiv de ce film. Mais la réflexion philosophique s’arrête là et la vérité, on ne la connaîtra jamais vraiment. C’est au spectateur de la reconstituer à l’aide des trois témoignages, tous mensongers, qui lui sont présentés. Mais au fond, quelle importance tant l’histoire est futile. Il ne s’agit que d’un prétexte pour divertir le spectateur. Le film est glamour grâce à la beauté de Mitzi Gaynor et drôle grâce notamment aux pitreries de la dynamique Kay Kendall, toujours excellente dans les rôles comiques. En revanche les numéros musicaux déçoivent sans doute parce que Cole Porter, qui a composé les chansons, est capable de beaucoup mieux. Notons malgré tout un très bon dernier numéro dans lequel on retrouve Gene Kelly en biker dans un décor de bar peint de rouge et de blanc.

Les Girls
- USA (1957), de George Cukor, avec Gene Kelly, Mitzi Gaynor, Kay Kendall, Taina Elg, Jacques Bergerac, Leslie Phillips, Patrick Macnee.




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vendredi 16 avril 2010

Des serpents dans l'avion (2006)

A bord d’un avion de ligne, deux agents du FBI escortent un témoin qui doit faire condamner un mafieux cruel. Leur ennemi fait lâcher des serpents enragés dans l’avion et ceux-ci ne tardent pas à s’attaquer aux passagers mais aussi à l’avion lui-même.

Le cinéma américain nous avait déjà montré tant de cauchemars que l’on pensait avoir tout vu. Erreur, un cerveau malin à Hollywood a eu une nouvelle idée diabolique : « et si l’on imaginait une horde de serpents s’attaquant à de malheureux passagers coincés dans un avion ? ». La plupart des gens ayant peur des serpents, il fallait y penser. Évidemment ça marche même si le film est loin d’être un chef d’œuvre. Il fonctionne plutôt comme un film catastrophe classique avec différents stéréotypes qui se retrouvent à bord de l’avion et qui réagissent chacun à leur manière, certains faisant preuve d’héroïsme et d’autres de la pire des lâchetés. Mais l’objectif est atteint : on sursaute et l’on grimace à chaque fois qu’un malheureux se fait morde par un serpent. Le réalisateur s’en donne à cœur joie : une multitude de ces reptiles, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, rendus hyper agressifs par une drogue, rampent, crachent et attaquent, mordant où ils peuvent (l’œil de madame, le kiki de monsieur…) et injectant leur venin mortel. Un vrai petit bonheur de cinéma de genre dans lequel Samuel L. Jackson joue les gros bras avec savoir-faire. Quant à Julianna Margulies, elle est parfaire en hôtesse de l’air qui fait preuve de beaucoup de courage. Après Le Vaisseau de l’angoisse l’infirmière au grand cœur d’Urgences semble se spécialiser dans les séries B horrifiques.

Snakes on a Plane - USA (2006), de David R. Ellis, avec Samuel L. Jackson, Julianna Margulies, Nathan Phillips, Rachel Blanchard, Flex Alexander, Sunny Mabrey.






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Le Carnaval des âmes (1962)

Unique rescapée d’un accident de voiture, Mary Henry quitte sa ville pour se rendre dans une petite ville provinciale où elle a trouvé un poste d’organiste dans une église. Mais la jeune femme est témoin de phénomènes étranges et d’inquiétantes hallucinations. Est-ce son imagination qui lui joue des tours ou la menace est-elle réelle ?

Contrairement à la majorité des films d’horreur, Le Carnaval des âmes n’est pas une minable production de série Z mais une œuvre remarquable, maîtrisée de bout en bout par son auteur.

L’atmosphère, inquiétante dès le début du film, va crescendo jusqu’à devenir étouffante pour la jeune héroïne, d’une blondeur et d’une froideur hitchcockienne, qui devient de plus en plus émouvante au fur et à mesure que sa santé mentale se fragilise.

Pour parvenir à un tel résultat, pas d’effets gores, simplement des images oniriques et fantasmatiques comme celles que l’on peut voir dans nos pires cauchemars. Le réalisateur emploie les effets les plus simples : musique lugubre qui glace le sang, mouvements de caméra qui donnent le vertige, jeux avec l’ombre et la lumière, apparitions soudaines de figures menaçantes... Et l’on y croit d’autant que le film est d’un grand réalisme : scènes de vie banales, décors naturels, comédiens inconnus jouant avec naturel. Un film très Quatrième dimension qui fait froid dans le dos !

Carnival of Souls - USA (1962), de Herk Harvey, avec Candace Hilligoss, Frances Fiest, Sidney Berger.






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Miami Vice (2006)

Sonny Crockett et Ricardo Tubbs, deux agents de la police de Miami, se font passer pour des transporteurs de drogue pour piéger un trafiquant au bras long qui semble avoir infiltré le FBI.

Quinze ans après l’arrêt de la série Deux flics à Miami dont il était l’influent producteur exécutif, Michael Mann (Collateral) reprend ses personnages pour une aventure sur grand écran. Il ne s’agit pas vraiment d’une suite mais plutôt d’une nouvelle vision de Deux flics à Miami, plus conforme à notre époque. Exit donc l’humour et la frime des années 80 qui passent un peu au second plan, exit également les portraits en profondeur des personnages principaux, en 2h15 le réalisateur n’a pas le temps de s’attarder là-dessus. Mais le changement le plus notable vient de la technique utilisée : l’apport de la caméra numérique. En tournant en HD (haute définition), Michael Mann transforme radicalement Deux flics à Miami. Les scènes d’action ainsi filmées sont extrêmement confuses et rappellent les images que l’on voit sur CNN. On est loin des fusillades nocturnes clinquantes de la série TV filmées avec des ralentis façon John Woo. Pour quel résultat ? Plus de modernisme ? Sans doute. Plus de réalisme ? Pas sûr…

Les fans de la série retrouveront néanmoins les scènes de villes la nuit, les voitures de sports et les hors-bord qui fusent, les décors tropicaux des Caraïbes, et les narco trafiquants qui n’ont rien perdu de leur cruauté, le tout rythmé par une musique électro-pop planante qui rappelle sans l'égaler la bande-son de légende de Jan Hammer.

Enfin, côté casting, si Jamie Foxx est irréprochable, le pataud Colin Farrell déçoit dans le rôle de Sonny Crockett et ne parvient pas à faire oublier le charismatique Don Johnson.

Miami Vice
– USA (2006), de Michael Mann avec Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Naomie Harris, Justin Theroux, Luis Tosar, John Ortiz, Isaach de Bankolé.






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Tuck Everlasting (2002)

Au début du XIXe siècle aux Etats-Unis, une jeune fille, refusant l'éducation stricte que sa famille de la haute bourgeoisie lui propose, fugue. Elle se perd dans la forêt et rencontre la famille Tuck qui lui fait découvrir les petits bonheurs que procure une vie simple en harmonie avec la nature. Elle aimerait rester auprès des Tuck mais pour cela, il lui faudrait accepter de devenir comme eux, c'est à dire devenir immortelle et ne plus vieillir en buvant leur eau magique, convoité par un homme sans scrupules.

Tuck Everlasting est un produit Disney. Un conte propret pour jeunes filles, dépourvu d'images pouvant heurter leur sensibilité. Le genre de film que les chaînes de télévision programment dans l'après-midi, pendant les vacances de Noël. Et la mise en scène de Jay Russell, désespérément dépourvue de personnalité, n’arrange rien. Comme on plaint William Hurt, Ben Gazarra et Sissy Spacek d’avoir dû tourner cet insipide Tuck Everlasting qui ressemble à un téléfilm bas de gamme.

Tuck Everlasting
- USA (2002) de Jay Russell avec Alexis Bledel, William Hurt, Ben Gazarra, Amy Irving, Sissy Spacek.






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Vol 93 (2006)

Le matin du 11 septembre 2001, grosse tension à l’aéroport de New York : des avions semblent avoir été détournés. C’est le cas du vol United 93 dont on suit le cauchemar en temps réel.

On sait le cinéma américain très réactif sur l’actualité et c’est bien là l’une de ses grandes qualités. Vol 93 se veut donc le premier film sur les évènements du 11 septembre 2001. On aurait pu craindre un film catastrophe traditionnel qui aurait théâtralisé le drame avec une grosse dose de pathos mais Paul Greengrass (Bloody Sunday, La mort dans la peau) a parfaitement su maîtriser ce sujet délicat. Le cinéaste, qui est également l’auteur du scénario, livre une œuvre haletante où tout se passe en temps réel. Il filme caméra à l’épaule, la tension qui se transforme en panique dans les tours de contrôle des aéroports et dans le QG de l’armée de l’air, ainsi que le détournement sanglant du Vol United 93 et la révolte de ses passagers. La conséquence de cette façon de filmer peu académique mais très en vogue donne à la tragédie un réalisme extrême renforcé par un excellent casting où les stars manquent à l’appel, remplacées par des visages inconnus qui auraient pu être ceux qui se trouvaient à bord du vol 93.

United 93
- USA (2006) de Paul Greengrass, avec Christian Clemenson, Trish Gates, Polly Adams, Cheyenne Jackson, Opal Alladin, Gary Commock, David Alan Basche.






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samedi 10 avril 2010

Les Flics ne dorment pas la nuit (1972)

Dans le commissariat d’un quartier chaud de Los Angeles, la vie difficile des flics qui patrouillent la nuit.

Los Angeles, début des années 70, des flics débutants font leur apprentissage dans le quartier le plus difficile de Los Angeles, guidés par les plus anciens. Les macs noirs et leurs putes, les braqueurs, les gangs latinos, les homos qui draguent dans les parcs, mais aussi les citoyens plus ordinaires dont la vie bascule soudainement dans un fait divers, voici le quotidien de ces flics de nuit. Pas d’histoire mais une succession de péripéties qui se déroulent sur plusieurs années et qui tournent autour du personnage de Roy Fehler, jeune flic interprété par Stacy Keach.

L’aspect social du film est très intéressant et assez rare pour l’époque. Les personnages principaux ne sont pas des héros mais des hommes fragiles qui s’égarent souvent (alcoolisme, suicide, divorce, bavures…). Les interpellés, souvent noirs, ne sont pas tous antipathiques et les plus dangereux ne sont pas toujours ceux que l’on croit. La mise en scène qui se veut réaliste donne au film un air de blaxploitation que vient renforcer la somptueuse musique jazz/funk signée Quincy Jones.

Côté casting, on retrouve au côté de l’excellent George C. Scott, touchant en flic roublard et expérimenté proche de la retraite, une nouvelle génération d’acteurs qui ne connaîtra pas la gloire même si certains deviendront célèbres, un temps, grâce au petit écran : Stacy Keach dans Mike Hammer et Erik Estrada dans Chips. Les amateurs de séries TV pourront également reconnaître Roger E. Mosley (T.C. dans Magnum) dans un petit rôle.

The New Centurions - USA (1972), de Richard Fleischer, avec Stacy Keach, George C. Scott, Jane Alexander, Scott Wilson, Rosalind Cash, Erik Estrada, Clifton James, Ed Lauter, Richard E. Kalk, Roger E. Mosley.


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National Lampoon’s European Vacation (1985)

Une famille de beaufs américains gagne un voyage en Europe. Elle connaîtra là-bas de nombreuses mésaventures.

La série des National Lampoon est bien connue pour son humour lourdingue. Cet épisode n’échappe pas à la règle. Les gags sont poussifs, les scénaristes (parmi lesquels John Hughes) se contentant bien souvent d’accumuler les clichés que les Américains se font des pays visités (Angleterre, France, Allemagne, Italie) pour tenter, en vain, de faire rire le spectateur. Le salut aurait pu venir de l’interprétation mais le pitre Chevy Chase ne se surpasse pas.

Quelques bons moments néanmoins dans cette « teenage comedy » oubliable : la séquence où la famille s’incruste par erreur chez un vieux couple allemand en pensant avoir affaire à de lointains cousins ou encore les apparitions hilarantes de l’ex-Monthy Python Eric Idle en victime à répétition du maladroit Chevy Chase.

Notons enfin, pour l’anecdote, la présence inattendue du français Victor Lanoux.

National Lampoon’s European Vacation - USA (1985), d’Amy Heckerling, avec Chevy Chase, Beverly d’Angelo, Jason Lively, Dana Hill, Eric Idle, Victor Lanoux, John Astin, Paul Bartel, Mel Smith, Robbie Coltrane.






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Driver (1978)

Un as du volant, qui monnaye ses services comme chauffeur pour des hold-up, est traqué par un flic prêt à tout pour le capturer.

Driver est un film visuel. Le réalisateur Walter Hill a réduit au strict minimum les dialogues et la musique, laissant parler les belles images de ville la nuit. L’atmosphère est un peu spéciale : le rythme calme et sensuel des chaudes nuits d’été laisse souvent place à de brusques montées de tension lorsque interviennent les poursuites en voitures à couper le souffle avec leurs rugissements de moteurs et leurs crissements de pneus.

Driver est aussi un film construit pour mettre en valeur son acteur principal : Ryan O’Neal. Le comédien, qui était une grande star à l’époque, la joue playboy, dans un rôle de cowboy moderne relooké 70s. Son charisme est tellement évident que l’on se demande pourquoi Ryan O’Neal a perdu son statut de star dans les années 80. Face à lui, on remarque un Bruce Dern déchaîné dans le rôle d’un flic antipathique qui oublie la loi et s’associe à des truands pour monter la machination diabolique qui lui permettra de piéger sa proie. L’acteur s’en donne à cœur joie, entrant dans des colères mémorables. Entre les deux, une femme mystérieuse aux motivations pour le moins ambiguës interprétée par une Isabelle Adjani qui semble un trop jeune pour ce type de rôle.

The Driver - USA (1978), de Walter Hill, avec Ryan O’Neal, Bruce Dern, Isabelle Adjani, Ronee Blakley, Matt Clark, Felice Orlandi.






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Marqué par la haine (1956)

L’histoire romancée de Rocky Graziano, petit voyou de Little Italy à New York, militaire révolté puis champion de boxe.

Si Robert Wise réussit la première partie du film dans laquelle on s’amuse des aventures et des mésaventures du jeune délinquant Rocky Graziano, il n’en va pas de même pour la seconde partie, totalement ridicule, consacrée à la carrière de boxeur du personnage. D’abord parce que Paul Newman a beau rouler des mécaniques et parler avec l’accent italien, il ne parvient jamais à se faire passer pour Graziano. Ensuite parce que Robert Wise, pourtant connu pour être un cinéaste très documenté, n’a visiblement jamais vu de sa vie un combat de boxe. Comment expliquer sinon le ridicule de ces matchs où les boxeurs se battent comme des cowboys dans un saloon ? Pour ses raisons, on préfèrera le Rocky de Sylvester Stallone, inspiré de la même histoire mais beaucoup plus crédible.

A noter les débuts de Robert Loggia ainsi que ceux de Steve McQueen dans un tout petit rôle de délinquant au début du film.

Somebody Up There Likes Me
- USA (1956) de Robert Wise, avec Paul Newman, Pier Angeli, Everett Sloane, Eileen Heckart, Sal Mineo, Jospeh Buloff, Robert Loggia, Steve McQueen.






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Marie-Antoinette (2006)

Arrivée d’Autriche, la jeune Marie-Antoinette découvre la Cour de France et ses règles farfelues. Elle fait aussi la connaissance de son mari, le futur Louis XVI, un homme bien brave qui ne s’intéresse pas du tout à elle.

Sofia Coppola a choisi de peindre Marie-Antoinette, comme une brave fille enthousiaste, entourée de nobles médisants et parfois même vulgaires, comme cette malheureuse Comtesse du Barry qui ressemble ici à une putain de saloon tout droit sortie d’un western spaghetti. Quant au personnage de Marie-Antoinette, il n’est guère plus crédible. On s’attend à tout instant à voir Kirsten Dunst sortir du château en jean et en basket, une cannette de Coca à la main et un chewing-gum dans la bouche. Il faut dire que l’atroce musique new-wave choisie par la réalisatrice pour rythmer les séquences n’arrange rien. Quelle étrange vision de Versailles et de ses personnalités !

Plus grave encore que cette peinture risible des personnages de l’Histoire de France, le film est ennuyeux à mourir. Entre quelques images de la grande histoire (Marie-Antoinette se marie, Marie-Antoinette devient reine de France, la Révolution commence…), on suit la vie quotidienne (et visiblement sans grand intérêt) de Marie-Antoinette. La reine choisit des vêtements, des chaussures, mange des pâtisseries, discute de tout et surtout de rien avec son mari. Passionnant… Et l’histoire dans tout cela ? Et bien il n’y en a pas et ça dure plus de 2 heures !

Marie-Antoinette – USA (2006), de Sofia Coppola, avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman, Rip Torn, Molly Shannon, Asia Argento, Marianne Faithfull, Judy Davis, Steve Coogan, Aurore Clément, Rose Byrne, Mathieu Amalric.






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Truman Capote (2005)

L’écrivain Truman Capote se rend dans une petite ville des Etats-Unis afin d’écrire un article sur le meurtre d’une famille de fermiers. Fasciné par l’affaire, il décide de mener une enquête approfondie et d’entrer en relation avec les coupables afin d’écrire le récit "De sang froid" qui devint son chef d’œuvre.

Comme son titre l’indique, le sujet central du film est l’écrivain Truman Capote. Cependant, le réalisateur n’a pas mis en scène une biographie de l’écrivain. Il a centré son récit sur une période précise de la vie de Capote : celle de la genèse et de l’écriture de son chef d’œuvre, De sang froid.

Handicapé par un physique disgracieux et une voix de flûtiaux, incapable de nouer contact avec les gens ordinaires qui ignorent tout de sa célébrité, le personnage de Truman Capote fait pitié au début du film et l’on éprouve une certaine sympathie à son encontre. Mais très vite, on se rend compte que le personnage est arrogant, faux jeton, malsain et manipulateur. Qu’importe alors qu’il ait un esprit brillant et que ses écrits soient d’authentiques chefs d’œuvres, on le méprise et l’on s’attache plutôt aux deux coupables qui attendent leur exécution. Ces deux tueurs ont beau avoir commis un crime atroce, ils n’en sont pas moins des victimes. Victimes du jeu pervers de l’écrivain qui les fait parler, non pas pour les aider comme il le prétend mais pour trouver la substance nécessaire à l’écriture de son œuvre.

L’écriture d’un chef d’œuvre justifie-t-elle le recours à tant de bassesses ? Non semble répondre le metteur en scène, sentiment que partagea peut-être Truman Capote qui sombra dans l’alcoolisme et ne parvint plus à achever un seul livre après De sang froid.

L’acteur Philip Seymour Hoffman qui interprète Truman Capote joue là le rôle de sa vie. Presque méconnaissable, il livre une interprétation stupéfiante qui lui valu notamment un Oscar et un Golden Globe. Autour de lui, des comédiens de talent (Catherine Keener, Clifton Collins Jr., Chris Cooper, Bruce Greenwood) profitent des seconds rôles de choix qui leur sont proposés.

L’un des grands films des 2000s à n’en pas douter.

Capote - USA (2005) - de Bennett Miller, avec Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Clifton Collins Jr., Chris Cooper, Bruce Greenwood, Bob Balaban, Amy Ryan, Mark Pellegrino.






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dimanche 4 avril 2010

November (2004)

Sophie vient de vivre un drame douloureux. Alors qu’elle l’attendait dans sa voiture, son ami est abattu par un braqueur dans une petite boutique. Elle tente de surmonter cette épreuve mais une mystérieuse photo va la bouleverser. Les choses se sont-elles bien passées comme elle le pensait ?

November est le second film du jeune réalisateur américain Greg Harrison. Présenté au festival de Sundance en 2004, il s’est fait remarqué pour sa photographie (en DV) bien léchée et ses images choc qui expriment remarquablement bien le vertige et l’effroi ressentis par l’héroïne du film au fur et à mesure que son subconscient lui délivre les images qui lui permettront de reconstituer la tragédie dont elle a été victime.

Ce thriller psychologique teinté de surnaturel n’est pas un grand film mais c’est un exercice de style plaisant dont l’intrigue n’est pas sans rappeler un petit film indépendant devenu culte : Le Carnaval des âmes (1962).

Dans le rôle principal, Courteney Cox montre enfin ce dont elle est capable dans un rôle dramatique majeur. L’actrice a su saisir sa chance et prouver qu’elle pouvait tenir un rôle bien différent de celui de Monica Geller dans la série Friends. A ses côtés, on retrouve avec plaisir, dans des petits rôles, James LeGros, Nora Dunn ou encore Anne Archer.



November - USA (2004) – de Greg Harrison, avec Courteney Cox, James LeGros, Michael Ealy, Nora Dunn, Anne Archer.


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