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dimanche 4 avril 2010

Du sang dans le désert (1957)

Un chasseur de prime s’installe dans une petite ville de l’Ouest et accepte de s’occuper de l’apprentissage d’un jeune shérif en grande difficulté face à une bande d’assassins.

Du sang dans le désert est un western jouissif dans lequel il y a peu de sang et encore moins de désert. Le réalisateur, Anthony Mann, un spécialiste du genre, abandonne les grands espaces à couper le souffle qu’il affectionne pour concentrer son histoire sur une petite ville typique de l’Ouest américain.

Il dresse un tableau très pessimiste de cet Ouest légendaire en montrant des habitants intolérants, racistes et couards. Le portrait qu’il dresse des notables bien-pensants qui veulent une ville plus civilisée, sans violence et personnages peu fréquentables, mais qui retournent leur veste et fuient à l’approche du danger, est savoureux.

Quant au duo Perkins/Fonda, il est l’atout majeur de ce film. Anthony Perkins, loin des rôles inquiétants qui lui apportèrent le succès, est parfait en jeune shérif maladroit et désireux de bien faire. Face à lui Henry Fonda, chasseur de prime expérimenté et généreux, est plus charismatique que jamais. Le contraste, souvent comique, entre ces deux personnages plus ou moins contraints de faire équipe ensemble fait de ce film un « buddy movie » avant l’heure.

On s’amuse beaucoup en voyant ce western d’autant qu’Anthony Mann maîtrise aussi l’humour noir comme le prouve cette scène remarquable dans laquelle on voit la voiture à cheval du médecin entrer dans la ville sous les chants et les « viva » des habitants de la ville qui célèbrent ainsi l’anniversaire de leur bienfaiteur, ignorant encore que le vieil homme à bord est mort.

Enfin, cerise sur le gâteau, l’intrigue, même si elle n’a rien de très orginale, est remarquablement bien ficelée. Les scénaristes ont d’ailleurs été nominés aux Oscars pour ce film.

The Tin Star
- USA (1957) – de Anthony Mann, avec Henry Fonda, Anthony Perkins, Betsy Palmer, Neville Brand, John McIntire, Lee Van Cleef.




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Saving Face (2004)

Wil est une jeune célibataire d’origine chinoise, qui consacre tout son temps à son métier de médecin dans un hôpital de New York. Sa vie tranquille va être bouleversée par la venue de sa mère, elle-aussi célibataire, qui attend un enfant d’un homme dont elle ne veut révéler l’identité, puis par sa rencontre avec la charmante Vivian dont elle tombe follement amoureuse.

Le cinéma américain s’intéresse peu à la communauté asiatique, pourtant importante, qui vit sur son sol. Ce film indépendant, réalisé et joué par des américains d’origine chinoise, est donc une œuvre rare et précieuse. Une petite merveille, d’un point de vue sociologique, qui montre les difficultés de la communauté chinoise à accepter l’américanisation de ses jeunes. On y assiste à un véritable bras de fer entre les vieilles générations, gardiennes des traditions, et les jeunes générations, qui refusent tout repli communautaire et revendiquent leur liberté sexuelle. Ainsi la mère de Wil accepte mal le mode de vie occidental et l’homosexualité de sa fille mais elle est elle-même rejetée par ses aînés qui refusent de voir parmi eux une mère célibataire.

Un sujet grave que la réalisatrice, Alice Wu, a choisi de traiter sur le mode de la comédie. Saving Face est une comédie romantique pleine de grâce, de sensualité et de suspense. Ses deux jeunes actrices (Michelle Krusiec et Lynn Chen) sont de vraies révélations que l'on espère revoir dans d'aussi beaux rôles alors que l’on retrouve avec plaisir Joan Chen (Le Dernier empereur, Twin Peaks) dans le rôle de la mère. Notons enfin, pour l'anecdote, que ce film est produit par Overbrook Entertainment, la société de production de l’acteur Will Smith.

Saving Face
– USA (2004), de Alice Wu, avec Michelle Krusiec, Joan Chen, Lynn Chen, Ato Essandoh, Jessica Hecht.






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La Tour des ambitieux (1954)

Stupeur au siège social de la société de meubles Tredway, le président vient de mourir d’une attaque. Le remplaçant doit être désigné au plus vite parmi les cinq responsables majeurs de la société. Deux candidats s’affrontent, le responsable de la recherche et du développement, idéaliste, modeste, droit, et le responsable des finances, ambitieux, arrogant et sinistre. Ils ont un week-end pour convaincre les membres du conseil d’administration de voter pour eux.

Nous ne sommes qu'en 1954 et l’on parle déjà de politique d’entreprise avec un débat très actuel entre la grandeur et le rôle social de l’entreprise d'un coté (fabrication de produits de qualité, respect de l’emploi et des salariés, investissement en recherche et développement) et la quête du pur profit de l'autre coté (recherche perpétuelle des dividendes maximum à distribuer aux actionnaires quitte à sacrifier qualité des produits et services offerts et à supprimer des emplois). Le film reste donc d'actualité des décennies après mais outre sa pertinence sociologique, La Tour des ambitieux a bien d'autres qualités.

Western financier, volontairement tourné en noir et blanc pour plus de réalisme, La Tour des ambitieux tient le spectateur en haleine grâce à des comédiens de grand talent. Fredric March est époustouflant dans le rôle du financier sombre et dévoré par l’ambition et William Holden, en patron de rêve incarnant toutes les valeurs positives, lui donne la réplique avec brio, même si son personnage énerve un peu. Tant de qualités et si peu de défauts réunis chez un seul homme, cela sonne faux. C’est d’ailleurs là le principal défaut du film. Les personnages apparaissent un peu trop stéréotypés : le couard, le superficiel, l’intéressé, l’ambitieux et le parfait honnête homme. Mais le suspense est total et le vote final au conseil d’administration tient autant en haleine que les duels de fin des meilleurs westerns.

La direction de Robert Wise est habile avec des trouvailles magnifiques comme ce générique du début où les noms de comédiens s’affichent à l’écran à chaque tintement de cloche ou encore la caméra subjective au début du film qui nous place dans la peau du président de la société jusqu’à la mort de celui-ci. Quant au scénario d’Ernest Lehman, il est exemplaire.

Enfin, un mot du casting féminin, à la hauteur du casting masculin, même s’il faut bien reconnaître que les dames ont des rôles beaucoup moins intéressants. Elles interprètent des femmes soumises, qu’elles soient héritières membres du conseil d’administration, épouses, maîtresses ou secrétaires de dirigeant. La libération des femmes semble encore bien loin mais quoi de plus normal dans une grande société américaine des années 50 ? Notons que Nina Foch, qui n’est pas la plus célèbre des actrices de ce film, est celle qui tire le mieux son épingle du jeu. Elle joue avec talent le rôle d’une secrétaire endeuillée par la mort de l’homme qu’elle servait, toujours très digne, refoulant parfois avec le plus grand mal ses émotions.

Executive Suite – USA (1954), de Robert Wise, avec William Holden, Fredric March, June Allyson, Barbara Stanwick, Walter Pidgeon, Shelley Winters, Paul Douglas, Louis Calhern, Dean Jagger, Nina Foch.


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Et si c'était vrai... (2005)

David Abbott loue un appartement de rêve à San Francisco. Mais celui-ci est hanté par l’ectoplasme de l’occupante précédente, une blonde furibarde, victime quelques temps plus tôt d’un accident de voiture. Pour pouvoir s’en débarrasser, David consent à l’aider à découvrir qui elle est et ce qui lui est arrivé.

Les lecteurs du célèbre best-seller de Marc Lévy savent à quoi s’attendre. Les autres doivent savoir qu’il s’agit là d’une comédie romantique fantastique, une sorte de conte de fée contemporain. Autant dire que les allergiques au merveilleux et aux belles histoires d’amour made in Hollywood feraient mieux de passer leur chemin. Les autres se régaleront de cette histoire souvent amusante et parfois émouvante, bien amenée par deux comédiens qui parviennent à apporter un peu de fraîcheur à un genre qui en manque beaucoup. Mark Ruffalo est très convaincant dans le rôle du brun ténébreux solitaire qui tombe peu à peu sous le charme du charmant ectoplasme, et Reese Witherspoon est craquante quand elle fait la tête et qu’elle se met en colère et plus encore quand elle s’adoucit.

Just Like Heaven - USA (2005) de Mark Waters, avec Reese Witherspoon, Mark Ruffalo, Donald Logue, Ben Shenkman, Jon Heder.






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samedi 3 avril 2010

Flightplan (2005)

Kyle Pratt, ingénieur ayant participé à la construction d’un avion de deux étages, embarque à bord de l’un des ces « paquebots » volants avec sa jeune fille et, dans la soute, le corps de son mari récemment décédé. Au cours du vol, la fille de Kyle disparaît.

Pour son premier film américain, Robert Schwentke filme avec beaucoup d’énergie ce thriller angoissant. Et lorsque l’avion décolle, on a vraiment l’impression d’être à bord. On se dit donc que l’on va assister à un grand spectacle, surtout lorsque la petite fille disparaît et que la mère la cherche désespérément. L’angoisse est alors à son paroxysme et l’on se demande si la mère a perdu la tête ou si quelqu’un a vraiment enlevé son enfant.

Hélas, l’atterrissage est difficile. Jodie Foster a beau gesticuler dans tous les sens et jouer les mères affolées et les femmes d’action avec savoir-faire, elle est impuissante face à un scénario aussi peu inspiré. Difficile, en effet, de croire à cette intrigue franchement tirée par les cheveux et à cette fin un peu convenue. Du coup, le spectateur a l’impression d’avoir été abusé : toutes ces émotions fortes pour un dénouement aussi décevant… Difficile aussi de ne pas être exaspéré par l’inexpressif Peter Sarsgaard qui donne la réplique à Jodie Foster. Pas de doute, Flight Plan n’est pas le grand thriller aérien que l’on pouvait espérer.

Flightplan - USA (2005) de Robert Schwentke, avec Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Sean Bean, Erika Christensen, Kate Beahan, Greta Scacchi.



Match Point (2005)

Professeur de tennis dans un club huppé de Londres, Chris Wilton, un jeune arriviste, semble bien décidé à entrer dans la haute société britannique. Pour parvenir à ses fins, il séduit une jeune héritière mais ses certitudes sont mises à mal lorsqu’il rencontre une ravissante américaine dont il va tomber follement amoureux. Choisira-t-il l’ambition ou la passion ?

Match Point a créé l’événement parce qu’il s’agissait du premier film anglais de Woody Allen. Pour la première fois, le cinéaste laissait de côté New York, sa ville fétiche, dont il avait visiblement fait le tour, pour s’intéresser à un autre décor et à une autre société. Fini, les psys et les intellectuels new-yorkais, place aux financiers londoniens. Un dépaysement qui ne fait pas perdre au cinéaste son esprit critique. Il peint avec une évidente délectation cette haute société britannique conservatrice mais décadente, où nul n’a besoin de talent pour réussir : des relations et un peu de chance suffisent pour s’y imposer. Quant aux personnages, ils semblent dénués de complexes. Ce sont des êtres vides, entièrement absorbés par le désir d’afficher leur réussite.

Autre effet de l’exil, Woody Allen adopte l’humour noir et l’ironie dramatique des cinéastes qui ont fait le succès de la comédie britannique dans les années 50 et 60. On se délecte donc d’une histoire monstrueuse et immorale mais on ne rit pas vraiment car il n’y pas de gags dans Match Point. L’humour vient de la légèreté de la narration mais l’histoire est une véritable tragédie. Le sujet rappelle d’ailleurs Une Tragédie américaine du romancier Theodore Dreiser que George Stevens avait adapté au cinéma sous le titre Une place au soleil en 1951.

Côté casting, si Jonathan Rhys-Meyers semble encore un peu tendre, Scarlett Johansson plait toujours autant et inscrit un nouveau grand film dans sa filmographie. Les seconds rôles sont parfaits comme toujours dans les films de Woody Allen. Mention particulière à Matthew Goode et Emily Mortimer, frères et sœurs plein de charme et de nonchalance, dans ce surprenant Match Point.

Match Point, USA-Royaume Uni (2005), de Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Matthew Goode, Emily Mortimer, Brian Cox, Penelope Wilton.






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dimanche 28 mars 2010

A history of violence (2005)

En tuant deux braqueurs en état de légitime défense, Tom Stahl qui coulait des jours paisibles avec sa femme et ses enfants dans un petit bled des Etats-Unis, voit son passé d’ancien truand le rattraper.

Certes, ce polar, tiré d’une bande-dessinée américaine pour adulte signée John Wagner et Vince Locke, semble à première vue d’une grande banalité. Il s’agit là de la énième histoire d’un truand qui s’est rangé et qui doit soudain affronter son passé. Pourtant David Cronenberg a réussi à tirer une excellent film de cette intrigue sans originalité. Le mérite en revient à un scénario impeccablement ciselé où aucune scène ni aucun dialogue ne semble superflu. La mise en scène de Cronenberg mérite aussi des louanges. Le cinéaste canadien tente de créer la surprise dans les choix de mise en scène, en évitant les clichés, et ça marche. Ainsi dans A History of Violence, tout est dans le détail, dans la façon de filmer : l’atmosphère pesante qui s’installe au sein de la famille Stahl qui ignore tout du passé du père, les scènes d’amour audacieuses, les scènes de violence d’une terrible soudaineté, loin des chorégraphies au ralenti que l’on voit souvent dans les mauvaises séries B…

Quant au casting, il est sans faille. Viggo Mortensen est parfaitement crédible dans le rôle du truand rangé, Maria Bello livre une interprétation d’épouse et de mère de famille énergique, et, cerise sur le gâteau, Ed Harris et William Hurt, qui jouent habituellement les braves types, rivalisent de cruauté et multiplient les mines patibulaires.

A History of Violence – USA (2005), de David Cronenberg, avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris, William Hurt.






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Kiss Kiss Bang Bang (2004)

En fuyant la police à la suite d'un casse foireux, Harry Lockhardt, un petit voleur minable, se retrouve dans un casting de film hollywoodien. Sélectionné pour le rôle du privé, il doit apprendre le métier aux côtés de Perry Van Shrike, alias Gay, un véritable détective privé. L'occasion pour Harry d'enquêter sur le meurtre d'une jeune femme et de retrouver son amour d'enfance.

Kiss Kiss Bang Bang est l'œuvre de Shane Black, scénariste hollywoodien à qui l'on doit quelques grands succès du cinéma d'action parmi lesquels L'Arme fatale. Mais pour sa première réalisation, Black n'a pas filmé ce qu'il avait l'habitude d'écrire pour d'autres. Il s'est plutôt fait plaisir en parodiant les pulps d'autrefois et en rendant un hommage appuyé à Chandler.

Comme dans les œuvres de ce maître du roman policier, on retrouve donc une intrigue complexe, un peu trop complexe même. Disons que l'on ne comprend pas grand chose à cette histoire mais qu'au fond cela n'a pas grande importance. Ce qui compte, c'est la peinture sombre de Los Angeles, ville décadente, et l'évolution des relations entre les trois personnages principaux : Harry, minable, maladroit et halluciné, interprété avec brio par l'excellent Robert Downey Jr., Gay, le privé homo joué par un surprenant Val Kilmer que l'on n'a pas l'habitude de voir dans une comédie, et la charmante Michelle Monaghan. Un trio survolté qui subit les pires sévices car l'humour de Shane Black est féroce, voire même franchement sadique et vire parfois au gore. On assiste ainsi à des scènes surprenantes qui semblent être l'œuvre d'un fou.

Kiss Kiss Bang Bang
est un film extravagant, un véritable ovni qui déroute mais qui fait plaisir à voir.

Shane Black's Kiss Kiss Bang Bang
- USA (2004) de Shane Black, avec Robert Downey Jr. , Val Kilmer, Michelle Monaghan.






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Broken Flowers (2005)

Don est un quinquagénaire fortuné qui passe ses journées à ne rien faire. Rien ne peut le sortir de son apathie, pas même d'être plaqué par sa petite amie ou de recevoir une lettre anonyme lui révélant qu'il a un fils de 20 ans. Son sympathique voisin va néanmoins le convaincre de partir à la recherche de ses ex pour découvrir l'auteur de la lettre.

On pourrait s'attendre à un film émouvant sur un homme qui, arrivé à mi-chemin de la vie, se retourne sur son passé avec nostalgie et retrouve les femmes qu'il a aimé. Mais Jim Jarmusch en a décidé autrement. Le film est sombre. Chaque visite à une ex ressemble à la découverte d'un monde étrange. Et qu'ils soient chaleureux ou hostiles, ces mondes sont totalement étrangers à Don. Ces femmes, qui furent jadis si proches, n'ont désormais plus rien en commun avec lui ou avec ce qu'elles étaient. Rien ne sert de rechercher un sens à sa vie dans le passé nous dit le film.

Jim Jarmusch est un magicien. Il nous le montre une fois de plus avec Broken Flowers, une histoire sombre et angoissante dont il tire un film léger, tendre et élégant avec un casting parfaitement maîtrisé. Bill Murray est magnifique. Que de chemin parcouru par cette star de l'humour potache des années 80-90, devenue l'une des icônes du nouveau cinéma indépendant américain depuis sa collaboration avec Wes Anderson (Rushmore, La Famille Tenenbaum, La Vie aquatique et surtout avec Sofia Coppola (Lost in Translation)! Jeu sobre, attitude désabusée, humour pince-sans-rire, il est parfait en paumé, spectateur de sa propre vie. Parfaites aussi les actrices à qui Jim Jarmusch a offert les seconds rôles : Julie Delpy, Sharon Stone, Frances Conroy, Jessica Lange et Tilda Swinton.

Broken Flowers - USA (2005) de Jim Jarmusch, avec Bill Murray, Sharon Stone, Julie Delpy, Frances Conroy, Jessica Lange, Ilda Swinton, Jeffrey Smith.






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Disparitions (2003)

En Argentine, à la fin des années 70, une journaliste est enlevée, séquestrée et torturée par la dictature militaire. Son mari, un metteur en scène de théâtre, tente de la retrouver en utilisant son don de clairvoyance.

Conspué par la critique, Disparitions a le mérite de réveiller les vieux fantômes de la dictature argentine, que le monde du cinéma avait choisi d’oublier. Hélas, le film ne semble pas s’y intéresser pour autant. Il ne s’agit pas d’un film témoignage ou militant même si le réalisateur, Christopher Hampton, glorifie la résistance passive des intellectuels et de ces femmes de disparus, qui manifestaient pour qu’on leur rende leur époux. Hampton donne plutôt l’impression de se servir de cette période de l’histoire pour en faire la toile de fonds de son intrigue. Il est vrai que les généraux argentins de la dictature changent un peu des pontes de la CIA ou des SS généralement utilisés comme méchants dans les thrillers politico-historiques…

Plus ennuyeux encore, l’intrigue ne tient pas la route. Thriller tout court avant de sombrer dans le thriller surnaturel puis dans le drame et enfin dans le mélo, Disparitions déroute. Hampton semble avoir eu beaucoup de mal à savoir quel film il voulait réaliser. A moins qu’il n’ait voulu regrouper tous ces genres à la fois et dans ce cas là, il n’a pas su faire le film ambitieux qu’il souhaitait. Dommage car le climat oppressant de la dictature argentine est bien rendu et Antonio Banderas livre une interprétation convaincante. On a l’impression qu’il aurait suffit de pas grand-chose pour que Disparitions soit un bon film.

Imagining Argentina
– USA (2003) – de Christopher Hampton, avec Antonio Banderas, Emma Thompson, Rubén Blades, Claire Bloom, John Wood.






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Final Cut (2003)

Zoë Tech est une société qui implante des puces électroniques dans le corps des nouveaux nés afin d’enregistrer tout ce qu’ils voient et tout ce qu’ils rêvent et de réaliser, à leur mort, le film de leur vie. Alan, le meilleur monteur de Zoë Tech, est un homme triste et solitaire, hanté par un souvenir d’enfance douloureux. Sa vie sans histoire va changer le jour où il se voit confier les souvenirs d’un immonde milliardaire.

Si Final Cut s’intéresse à la mémoire et aux souvenirs, c’est avant tout un film sur la manipulation par les images. Omar Naïm, le metteur en scène, nous montre comme il est aisé de falsifier la vérité en n’utilisant que des éléments réels. Alan, le personnage principal, visionne une vie, coupe tout ce qui n’a pas d’intérêt, ce qui peut nuire à la mémoire du défunt ou choquer ses proches, puis réalise le montage final. Il en résulte un film mielleux et aseptisé qui donne une image faussée du défunt. C’est pourtant cette image que l’on gardera de lui.

On peut alors s’interroger sur la finalité de toute cela. A quoi bon toutes ces prouesses technologiques, ce fonds documentaire d’une richesse inouïe si le résultat obtenu est si éloigné de la vérité ? Et la réponse est l’argent, tout simplement. Les films produits par Zoë Tech sont extrêmement lucratifs. En cela on peut dire que Final Cut est le 1984 de notre époque, une époque où le fantasme de Big Brother demeure mais où la quête de richesse a remplacé l’idéologie politique.

Comme dans le roman de Orwell, le monde dépeint par Omar Naïm est d’une noirceur extrême. D’un côté la multinationale et ses employés asservis, prêts à tout pour le profit, et de l’autre des opposants, dont les idées et les slogans peuvent rassurer, mais qui se révèlent être des activistes dangereux, prêts à toutes les violences pour parvenir à leurs fins. La seule lumière dans ce film vient du personnage d’Alan, qui va progressivement découvrir la vérité et s’ouvrir ainsi à la vie. Un excellent rôle pour Robin Williams qui interprète Alan avec beaucoup d’humanité et de sobriété, à l’image de sa performance dans le très réussi Photo Obsession en 2002.

The Final Cut - USA (2003), de Omar Naïm, avec Robin Williams, Jim Caviezel, Mira Sorvino.




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Aviator (2004)

Howard Hugues était un milliardaire américain très en vue dans l’Amérique des années 40 et 50. Il investissait des sommes colossales dans la production cinématographique et la construction aéronautique, s’attirant ainsi les foudres des patrons de ces deux industries qui ne voyaient pas d’un bon œil l’arrivée d’un tel concurrent. Mais derrière le génial homme d'affaires se cache un homme peu sûr de lui, qui sombre peu à peu dans la folie.

Aviator se divise clairement en trois parties. Dans la première, on suit les aventures de Howard Hugues producteur de films à Hollywood. Le génial « auteur » de Scarface, Hell’s Angels ou Le Banni parvient à rivaliser avec les grands studios et en profite pour fréquenter le tout Hollywood et nouer des idylles avec de ravissantes actrices telles que Jean Harlow, Katharine Hepburn ou Ava Gardner. La seconde partie est consacrée à la percée de Howard Hugues dans l’industrie aéronautique. Ce fou d’aviation laisse peu à peu tomber les fêtes hollywoodiennes et ses liaisons tourmentées avec les belles actrices pour fabriquer des avions extraordinaires et reprendre la fameuse compagnie aérienne TWA. Le film fait alors penser au superbe Tucker de Coppola. La dernière partie relate la déchéance du playboy excentrique. Sous pression, victime d’un complot, il sombre peu à peu dans la folie.

La filmographie de Martin Scorsese est passionnante. Voilà un cinéaste qui ne tourne jamais deux fois le même film. Cela n’empêche pas le thème de la folie de revenir dans un grand nombre de ses œuvres. Combien de fois n’a-t-il pas raconté l’histoire d’un homme dont le destin tragique le conduisait vers la folie. Rien d’étonnant alors de le voir s’attaquer à la biographie de Howard Hugues. Surtout lorsqu’on sait que Hugues a joué un rôle important dans le cinéma de années 40. L’occasion pour Scorsese de revenir sur le grand Hollywood d'antan qui l’a tant fasciné et dont il est devenu l’un des historiens.

Aviator tient donc à cœur à Martin Scorsese qui transforme cette biographie en un film très personnel. Et pourtant, la touche Scorsese est bien difficile à retrouver. Le film est lent et la réalisation très académique. Sans doute le sujet s’y prêtait-il... Le parallèle entre la vie de Howard Hugues et celle de Hearst a peut-être influencé le réalisateur qui marche dans les pas du géant Welles et de son fameux Citizen Kane. S’il ne fait aucun doute qu’Aviator est un bon film, on peut néanmoins se demander s’il s’agit d’un grand Scorsese ? Pas sûr…

Du côté de la distribution, Leonardo DiCaprio livre une prestation impressionnante qui révèle enfin toute l’étendue de son talent et mériterait un Oscar. A ses côtés, on remarque plutôt les bons seconds rôles masculins (Danny Huston, Alan Alda, Alec Baldwin, John C. Reilly) que les actrices, qui ont bien du mal à se faire passer pour leurs glorieuses aînées. Ainsi Cate Blanchett est peu crédible et agaçante en Katharine Hepburn alors que Kate Beckinsale incarne une bien fade Ava Gardner.

The Aviator – USA (2004) de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, John C. Reilly, Kate Beckinsale, Alec Baldwin, Alan Alda, Danny Huston, Ian Holm, Jude Law, Willem Dafoe.






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De-Lovely (2004)

La vie de Cole Porter, formidable songwriter américain de l’âge d’or des comédies musicales. Ce dandy qui composait des succès à la chaîne pour le music hall et le cinéma ("Anything goes", "I get a kick out of you", "In the still of the night", "I’ve got you under my skin", "Night and day", "You’re the top"...), a vécu une belle histoire d’amour avec sa femme Linda Lee tout en multipliant les conquêtes masculines.

Le vieux Cole Porter voit défiler les moments clés de sa jeunesse alors que des stars actuelles de la chanson reprennent quelques uns de ses standards sur une petite scène, voilà qui est ennuyeux à mourir. Devant cette succession de numéros chantés et de scènes banales qui s’enchaînent mal, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’Irwin Winkler a trouvé d’intéressant à la vie de Cole Porter. Et surtout pourquoi avoir choisi cette narration décousue, sans cesse interrompue par des numéros de chant et les commentaires du vieux Cole Porter, qui instaurent une distance entre l’histoire, déjà guère passionnante, et le spectateur.

Mais que l’on se rassure la dernière demi-heure est un peu plus réussie. Le film se mue alors en drame de la vieillesse. Winkler qui avait été incapable de restituer la joie de vivre et l’insouciance du jeune Cole Porter, s’est montré plus inspiré par les dernières années du compositeur et de sa femme. On tombe en plein mélo et l’on sort de la projection avec le cafard en se disant que les chansons de Cole Porter sont bien mélancoliques.

Encore un rôle décevant pour Kevin Kline même si l’acteur délivre une excellente performance. Une bonne note aussi à la toujours jolie Ashley Judd qui n’a rien à se reprocher, elle non plus.

Au fond, plutôt que de voir ce film, le meilleur moyen de découvrir ou de redécouvrir Cole Porter est d’écouter ses chansons chantées par Dean Martin, Frank Sinatra, Ella Fitzgerald ou encore Liza Minnelli, des artistes qui ont su interpréter son répertoire avec swing et conviction.

De-Lovely – USA (2004) d’Irwin Winkler, avec Kevin Kline, Ashley Judd, Jonathan Pryce et les participations de Natalie Cole, Robbie Williams, Alanis Morissette, Elvis Costello, Sheryl Crow, Diana Krall, Lara Fabian.




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vendredi 5 mars 2010

Cabin Fever (2002)

Cinq étudiants vont fêter leurs diplômes en partant en vacances dans une cabane au milieu d’une forêt, près d’un petit bourg peuplé d’individus étranges. Ils rencontrent un homme ensanglanté, victime d’un mal horrible et peut-être contagieux...

Les cinéphiles le savent bien, partir en vacances dans la campagne américaine avec un groupe de potes n’est pas une très bonne idée. Hélas pour eux, Jeff, Karen, Paul, Mercy et Bert n’ont pas dû voir La Nuit des morts vivants, Massacre à la tronçonneuse, Evil Dead ou encore Le Projet Blair Witch. Pas trop de surprises donc pour ce petit film indépendant qui s’était fait remarqué au Festival de Sundance. Les recettes qui ont fait le succès des classiques de l’horreur y sont suivies à la lettre par le jeune réalisateur Eli Roth.

Mais si la surprise n’est pas au rendez-vous, la peur et l’horreur sont bien là, ce qui n’est déjà pas si mal. Les amateurs d’hémoglobine y trouveront leur bonheur. Et en prime, les spectateurs se régaleront d’un humour noir réjouissant, qui provoque souvent les rires de la salle, entre deux contractions d’effroi. Cabin Fever est un bon petit film d’horreur qui vaut mieux que les navrants « slashers » que l’on nous montre habituellement.

Cabin Fever - USA, GB (2002) de Eli Roth avec Jordan Ladd, Rider Strong, James DeBello, Cerina Vincent, Joey Kern.






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Ballistic (2002)

Ecks, un ancien agent du FBI, est forcé de reprendre du service pour retrouver un jeune enfant kidnappé par Sever, une femme de choc qui maîtrise à la perfection les sports de combat.

Ballistic est un film d'action de série Z sans aucun intérêt. Son piètre réalisateur, sans doute conscient de la nullité du scénario, s'est concentré sur les scènes d'actions : poursuites en voiture, explosions, combats à main nue, à l'arme automatique ou même au lance-roquettes se succèdent sans laisser de répit à des acteurs qui avaient vraisemblablement un besoin urgent d'argent pour avoir accepté de se compromettre dans un produit aussi bas de gamme.

Ballistic : Ecks vs. Sever - USA (2002) de Kaos avec Antonio Banderas, Lucy Liu, Talisa Soto, Gregg Henry.






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Amour et amnésie (2003)

Henry Roth est un coureur de jupon, l’homme d’une nuit mais jamais plus jusqu’au jour où il rencontre Lucy, une charmante jeune femme qui souffre d’amnésie partielle depuis un accident de voiture. Chaque jour est un recommencement pour cette femme qui se réveille en oubliant ce qui s’est passé la veille. Henry devra donc la séduire tous les jours pour pouvoir vivre avec elle, un sacré défit !

Cette comédie romantique rappelle, par son sujet, le fameux Un jour sans fin, grand classique de la comédie américaine des années 90. Hélas, la comparaison s’arrête là. Si le film d’Harold Ramis bénéficiait d’un brillant scénario, celui de Peter Segal manque de bonnes idées et les gags sont souvent si puérils qu’ils provoquent plus de sourires de gêne que d’éclats de rire. Dommage car les acteurs sont irréprochables : Adam Sandler se met en quatre pour nous distraire, Drew Barrymore multiplie les moues attendrissantes et les seconds rôles s’en donnent à cœur joie à l’image de Sean Astin en culturiste psychologiquement perturbé.

Il ne faut pas attendre trop de ce Amour et amnésie qui n’est qu’une sympathique comédie, vite oubliée, destinée avant tout à divertir le spectateur de multiplexe pendant qu’il déguste ses popcorns.

50 First Dates
- USA (2003) de Peter Segal, avec Adam Sandler, Drew Barrymore, Rob Schneider, Sean Astin, Dan Aykroyd.






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samedi 20 février 2010

Wonderland (2003)

John Holmes est une star déchue du cinéma porno. Drogué, il fréquente la faune dangereuse des trafiquants de drogue de Los Angeles, pour laquelle il rend des petits services afin de gagner sa vie et de s’assurer ses trips. Mais rendre des petits services à des dealers n’est pas toujours sans risque, et l’une de ses missions tourne au carnage.

Cinq personnes assassinées dans un petit appartement aux murs dégoulinants de sang. Le massacre le plus ignoble depuis l’affaire Charles Manson. Une histoire vraie dont on ne connaît pas le fin mot. Voilà le sujet choisit par le réalisateur James Cox pour son second film. Le problème c’est que James Cox ne semble avoir aucune conviction. Il présente trois points de vue, trois versions possibles du massacre, sans prendre partie. Une honnêteté qui nuit considérablement au film car le spectateur ne peut que ressortir avec l’idée que tout cette entreprise est bien vaine. Dommage pour Val Kilmer qui y exécute avec brio son numéro bien rôdé de camé (Les Doors, Salton Sea). Heureusement, la reconstitution de ce Los Angeles du tout début des années 80 où le slogan sexe, drogue et rock’n’roll était encore d’actualité sauvent le film du ratage total. Et la bande son est mémorable.

Wonderland
– USA (2003) de James Cox, avec Val Kilmer, Lisa Kudrow, Kate Bosworth, Josh Lucas, Ted Levine, Christina Applegate, Carrie Fisher, Dylan McDermott, Eric Bogosian.






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Starsky & Hutch (2004)

Dans une grande ville américaine des années 70, les détectives David Starsky et Ken "Hutch" Hutchinson font équipe. Pour leur première enquête, ils doivent retrouver un tueur de femmes.

Les fréquents fiascos des adaptations ciné de séries TV pouvaient faire craindre le pire. On imaginait avec crainte les producteurs du film reprendre les concepts de base de la série pour en faire un délirant blockbuster post-moderne. Heureusement, il n’en fut rien. Le réalisateur Todd Phillips, qui a sans doute beaucoup visionné la série avant de passer à l’action, a réussi une reconstitution visuelle des plus fidèles. L’atmosphère typiquement 70s est très réussie et les vêtements portés par les deux héros, leurs mimiques et leur gestuelle se retrouvent dans le film.

Mais Todd Phillips n’est pas allé jusqu’au bout de la reconstitution car son Starsky & Hutch est une parodie de la série télé. C’est sans doute la raison pour laquelle il a choisi pour interpréter les deux détectives, Ben Stiller et Owen Wilson, deux acteurs spécialisés dans les rôles comiques, un peu comme l’avait fait Tom Mankiewicks pour son adaptation de Dragnet en confiant les rôles clés à Dan Aykroyd et Tom Hanks. Le résultat est formidable car les deux acteurs s’en donnent à cœur joie et cabotinent à merveille en singeant les expressions de leurs prédécesseurs, leur façon de marcher, de courir… Owen Wilson allant même jusqu’à pousser la chansonnette pour reprendre « Don’t give up on us », le grand succès discographique de David Soul.

Des libertés ont aussi été prises vis-à-vis des personnages, ce qui pourra éventuellement choquer les spécialistes. Ainsi David Starsky est devenu un tantinet psychorigide alors que Ken Hutchinson n’est plus le bel idéaliste que l’on a connu mais plutôt un sympathique ripoux. Du côté des seconds rôles, le brave capitaine Dobey n’a pas perdu son caractère de cochon mais son personnage semble se résumer à cela alors que Huggy-les-bons-tuyaux qui n’était qu’un petit indic ringard s’est transformé en véritable caïd. Il faudra donc accepter ses petites infidélités à l’œuvre originale pour profiter pleinement d’un scénario policier classique, mais pas bâclé, ponctué de scènes souvent très drôles voire hilarantes.

Une petite scène à la fin du film permet de retrouver Paul Michael Glaser et David Soul, les deux acteurs qui avaient créé les rôles. Un clin d’œil qui fait plaisir et qui rend peu crédible un retour du tandem original tant les acteurs ont pris de la bouteille depuis deux décennies.

Starsky and Hutch – USA (2004) de Todd Phillips avec Ben Stiller, Owen Wilson, Snoop Dogg, Fred Williamson, Vince Vaughn, Juliette Lewis, Jason Bateman, Amy Smart, Carmen Electra, Chris Penn, Paul Michael Glaser, David Soul.






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vendredi 19 février 2010

L’Effet papillon (2003)

Evan Treborn (Ashton Kutcher) est un étudiant, qui a vécu des expériences traumatisantes dans son enfance mais dont il n’a aucun souvenir, sa mémoire faisant des blocages. En retrouvant son journal intime de l’époque, il se rend compte qu’il peut revivre son passé et même y apporter des modifications. Il en profite et se retrouve entraîné dans une spirale cauchemardesque.

Filmé comme un thriller, L’Effet papillon est une vraie réussite. Un climat oppressant s’installe dès les premières minutes du film. L’inquiétude gagne le spectateur et ne le quitte plus. La mise en scène, irréprochable, est très contemporaine, dans la lignée de Sixième sens et de Donnie Darko.

Mais ce qui fait de L’Effet papillon une réussite, c’est avant tout le scénario. Car L’Effet papillon est un film de scénaristes et cela se sent. L’intrigue, impeccablement construite, est d’une rare complexité. Bress et Gruber ont créé un véritable labyrinthe temporel, faisant évoluer leurs personnages dans plusieurs dimensions. Leur vie, leur personnalité et même leur apparence physique sont modifiés par le cours des évènements.

Au-delà du divertissement, L’Effet papillon est un film qui vous hante car il vous renvoie immanquablement à votre propre vie. Impossible après l’avoir vu de ne pas vous interroger sur vos choix et vous demander ce que vous seriez devenu si, en des moments clé de votre existence, vous aviez agi de manière différente.

The Buttefly Effect – USA (2003) d’Eric Bress et J. Mackye Gruber, avec Ashton Kutcher, Amy Smart, Elden Henson, William Lee Scott, Eric Stoltz, Melora Walters.






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Le Sourire de Mona Lisa (2003)

Dans le lycée très sélect de Wellesley dans le nord des Etats-Unis, on apprend aux élèves à devenir de charmantes femmes au foyer. Une situation difficile à accepter pour Katherine Watson (Julia Roberts), femme libérée venue de Californie pour leur enseigner l’histoire de l’art.

Le sujet n’est évidemment pas sans rappeler celui du célèbre Cercle des poètes disparus. Une ressemblance qui a suffi à certains pour expédier le film dans la catégorie des remakes non officiels. Mais pas de jugement hâtif : les apparences sont parfois trompeuses.

Après tout, Le Sourire de Mona Lisa n’est-il pas mis en scène par le brillant Mike Newell, auteur entre autre de Quatre mariages et un enterrement ? La toujours charmante Julia Roberts n’est-elle pas réputée pour l’intelligence de ses choix de rôles ? Et les jeunes actrices de ce film ne font-elles pas parti des plus prometteuses de leur génération ? Qu’une telle somme de talents aboutisse à un film décevant voilà qui serait surprenant et effectivement Le Sourire de Mona Lisa est un très joli film.

Mike Newell n’est certes pas le premier à aborder le sujet du professeur libéral qui bouleverse la vie des ses élèves mais il est peut-être celui qui s’en est le mieux sorti. Plus subtil que Weir, il évite les schémas simplistes et ne tranche pas. Là où Weir offrait une brillante démonstration à laquelle le spectateur ne pouvait qu’adhérer, Mike Newell se contente de poser des questions et de laisser le débat ouvert. Le professeur est-il dans le droit chemin ? Veut-il libérer ses élèves des contraintes qui leurs sont imposées par la société ou n’essaye t-il pas simplement de leur imposer sa propre vérité ?

Un film intelligent donc qui est aussi un très agréable divertissement dans la plus pure tradition hollywoodienne et merveilleusement interprété par des actrices de talent dont on attend beaucoup à l’avenir. Une mention particulière à Maggie Gyllenhaal révélée l’année passée dans le très peu banal La Secrétaire.

Mona Lisa Smile
– USA (2003) de Mike Newell, avec Julia Roberts, Kirsten Dunst, Julia Styles, Maggie Gyllenhaal, Dominic West, Juliet Stevenson, Marcia Gay Harden.






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