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samedi 2 avril 2011

La Mer regarde (2002)

A l’époque d’Edo, dans une maison close, des prostituées vivent ensemble en parfaite harmonie, espérant qu’un jour un client demandera leur main. C’est notamment le cas de Oshin, courtisée par un jeune samouraï à qui elle est venue en aide.

Le cinéma japonais regorge de films sur les bordels, le plus souvent des séries B voyeuristes. Tel n’est pas le cas de cette adaptation d’un scénario d’Akira Kurosawa qui propose de beaux portraits de femmes. La mise en scène très poétique de Kei Kumai appuie sur le symbolisme plus que sur le réalisme. Et le cinéaste semble se soucier plus d’esthétisme que de rythme. Le film, presque dépourvu de scènes d’action, s’étire sur deux longues heures et l’on peut trouver le temps long si l’on est insensible à l’élégance et au charme de ces poupées japonaises du siècle dernier, interprétées par d’excellentes actrices, la plus remarquable étant sans nul doute Misa Shimizu.

海は見ていた – Japon (2002), de Kei Kumai, avec Misa Shimizu, Nagiko Tôno, Masatoshi Nagase, Hidetaka Yoshioka, Michiko Kawai, Yumiko Nogawa, Tenshi Kamogawa. (Acheter le DVD sur Amazon)




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dimanche 21 novembre 2010

Les Revenants (2004)

Un jour, les morts des dix dernières années reviennent à la vie. Une municipalité doit faire face à cet afflux de population, les étudier et les réinsérer. Quant aux habitants, ils doivent se faire à l’idée que leurs morts sont de retour et apprendre à vivre avec eux. Et ce n’est pas facile car ces derniers ont un comportement très étrange...

Les morts qui reviennent à la vie par dizaines et marchent dans les rues, on a déjà vu ce genre de scène mais c’était toujours dans des films d’horreur et ces morts étaient toujours animés d’atroces intentions. Bizarre quand on y pense... C’est ce qu’a du se dire Robin Campillo, qui filme cette histoire fantastique avec réalisme. Du coup, les morts sont calmes et ne veulent de mal à personne.

Leur retour posent pourtant problème. Des problèmes sociétaux (comment retrouver leur famille ? Leur donner un toit ? Leur rendre leur travail ?) mais aussi des problèmes psychologiques pour les vivants qui voient leurs morts revenir : un parents, un enfant, ou un époux comme cela arrive à Rachel, campée par une Géraldine Pailhas très convaincante. On ressent alors un grand malaise mais aussi une inquiétude qui va crescendo car bien qu’inoffensifs, les morts inquiètent par leur comportement étrange. Pourquoi sont-ils si lents ? Pourquoi ne dorment-ils pas ? Que font-il la nuit ? Pourquoi se rassemblent-ils ? Les images glacées et la musique « lynchéenne » contribuent aussi pour beaucoup à rendre ce très bon film angoissant. Une œuvre unique et à voir.

Les Revenants - France (2004) de Robin Campillo, avec Géraldine Pailhas, Jonathan Zaccaï, Frédéric Pierrot, Victor Garrivier, Catherine Samie, Djemel Barek, Marie Matheron. (Acheter le DVD sur Amazon)


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vendredi 22 octobre 2010

Soyez sympas, rembobinez (2007)

Un homme un peu barge efface par accident toutes les cassettes du vidéo-club dans lequel travaille son ami. Les deux hommes décident de remplacer les enregistrements par leurs propres versions des films. Le succès est vite au rendez-vous.

Avec un tel sujet, on peut s’attendre au pire et c’est un peu ce à quoi on a le droit au début. L’humour lourdingue de Jack Black ne donne pas envie de continuer ni les versions que les deux compères enregistrent des grands succès du cinéma (SOS Fantômes, Rush Hour 2, Miss Daisy et son chauffeur…). C’est amusant mais on rit peu. Heureusement, Michael Gondry passe ensuite à autre chose. Les deux compères, devenus trois, décident de se lancer dans la production de leur propre film et enrôlent leurs fidèles clients pour tourner dedans. Le triste vidéo club qui permettait à chaque client de visionner un blockbuster impersonnel devient le lieu d’une aventure collective. Et la magie que le cinéma avait perdu en devenant une industrie renaît grâce à la passion de quelques amateurs unis dans ce projet fou. On retiendra aussi de ce film les performances des seconds rôles, Danny Glover et Mia Farrow, qui campent tout deux des personnages émouvants et attachants.

Be Kind Rewind - USA (2007), de Michael Gondry, avec Franck Black, Mos Def, Melonie Diaz, Danny Glover, Mia Farrow, Sigourney Weaver. (Acheter le film sur Amazon)




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mercredi 18 août 2010

Alma (2004)

Alma, jeune femme issue de la bourgeoisie viennoise, épouse le compositeur et chef d’orchestre Gustav Malher avec qui elle fonde une famille. Mais elle s’éprend d’un autre homme...

Alma Malher était parait-il une femme remarquable. Le problème, c’est qu’il est bien difficile de comprendre pourquoi en regardant ce film. On y voit une belle femme qui passe d’un homme à l’autre. Certes ces hommes sont des célébrités (Klimt, Malher, Kokoschka… ) mais n’a-t-elle rien fait de plus admirable dans sa vie ? Bruce Beresford, qui est capable de mieux (Son alibi, Miss Daisy et son chauffeur), filme une succession de tableaux, qui représentent les différents moments clés de la vie de cette femme mais qui sont censés aussi rendre compte de Vienne et de sa vie artistique à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Malheureusement tout cela est filmé sans passion, avec peu de moyens et des images soignées qui semblent faites pour la télévision. En fait, tout semble bien artificiel à commencer par le jeu des comédiens et on n’y croit pas une seule seconde.

Bride of the Wind - Grande-Bretagne (2004), de Bruce Beresford, avec Sarah Wynter, Jonathan Pryce, Vincent Perez, Simon Verhoeven.






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lundi 17 mai 2010

Saw (2004)

Deux hommes sont enfermés dans une pièce avec l’obligation de s’entretuer pour s’en sortir, telle est la dernière trouvaille de celui que l’on surnomme Jigsaw, le tueur au puzzle. Leur vie dépend d’un vieux flic qui traque sans relâche ce terrible serial killer.

Ce film du réalisateur James Wan est un thriller diablement efficace et sans temps mort, qui parvient à scotcher le spectateur à son écran du début à la fin. Un bel exercice de style qui rappelle parfois Se7en puisque dans ces deux films très nerveux, le méchant est un serial killer à l’esprit ludique (dans Saw, le tueur fabrique des casse-têtes grandeur nature dans lesquels il enferme ses malheureuses victimes). Mais le problème de Saw, c’est que si l’on y réfléchit bien, l’intrigue n’est guère crédible et la peur et la violence y sont totalement gratuites au point que l’on peut vite être dégouté par cette entreprise quelque peu malsaine. On peut également regretter la faiblesse du scénario en ce qui concerne l’enquête policière et le manque de consistance du personnage de flic interprété par Danny Glover. Cette partie de l’histoire qui semble bâclée ou trop coupée au montage était-elle bien utile ? Tout cela montre bien que Saw est un bon divertissement (pour les amateurs du genre) mais rien de plus.

Saw - USA (2004), de James Wan, avec Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Shawnee Smith, Ken Leung, Dina Meyer, Mike Butters, Michael Emerson.






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vendredi 14 mai 2010

Casino Royale (2006)

L’agent secret James Bond traque le Chiffre, un dangereux ennemi de l’Etat en manque de fonds. Le Chiffre a l’intention de parvenir à ses fins en remportant une partie de poker. Bond doit l’en empêcher.

Un James Bond un peu mièvre, des films souvent médiocres, l’ère Brosnan fut bien décevante. Ce Casino Royale devait donc nous ramener le vrai James Bond. Et effectivement, on voit qu’un effort a été fait avec le recrutement de Paul Haggis, scénariste de talent (Crash, Million Dollar Baby), qui crée un univers sombre et violent, et le choix d’un acteur (Daniel Craig) bien décidé à refaire de James Bond un personnage ambigu.

Seulement voilà ça ne prend pas. D’abord ce James Bond là est certes une belle brute mais il manque d’humour, de charme, de glamour. Les femmes ne l’intéressent guère, il n’hésite d’ailleurs pas à interrompre l’un de ses rares coïts pour partir à la poursuite de son ennemi. Il préfère l’action, la bagarre, et il va être servi. Le spectateur aussi avec une première scène qui relève presque du jeu vidéo dans laquelle James Bond poursuit un homme à pied, courant et bondissant tel un yamakasi. On se demande presque si ce n’est pas une machine, un cyborg, tant de tels exploits sportifs laissent incrédule. Et malgré tout cela on s’ennuie. L’intrigue un peu trop compliquée et des retournements de situations beaucoup trop nombreux (ce film ne finira-t-il donc jamais !) perdent le spectateur qui sort de la projection hagard, déboussolé mais absolument pas séduit.

Casino Royale - USA, Grande-Bretagne (2006), de Martin Campbell, avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini, Isaach de Bankolé, Ivana Milicevic.






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Gran Torino (2008)

Un vieux veuf raciste, hanté par ses souvenirs de la guerre de Corée, apprend à connaître ses voisins asiatiques, s’y attache et les défend contre le gang qui les tourmente.

Un vieil homme bougon qui s’attache à un enfant et s’ouvre à la vie, un justicier solitaire qui vient en aide à de pauvres bougres sans défense… on a déjà vu cela bien souvent. Mais cette version d’une histoire que l’on peut sans crainte qualifier d’éculée est parfaitement réussie. On ne peut qu’être ému par ce portrait d’un vieil homme au grand cœur, aigri, et par son soudain retour à la vie grâce à l’amitié qu’il noue avec ses jeunes voisins. On apprécie aussi le soin minutieux avec lequel Clint Eastwood peint ses personnages et l’humour pudique qu’il distille tout au long de ce film, souvent nerveux et sombre. Au fond, il ne manque pas grand chose pour que Gran Torino soit un grand film. Sans doute est-ce cette histoire de gang, ce côté western moderne, qui est de trop.

Gran Torino - USA (2008), de Clint Eastwood, avec Clint Eastwood, Christopher Carley, Bee Vang, Ahney Her, Brian Haley, John Carroll Lynch.






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Mamma Mia ! (2008)

Sophie vit avec sa mère sur une île grecque. Elle n’a jamais connu son père et cela l’obsède. Pour son mariage, elle invite trois anciens amants de sa mère, sachant que l’un d’eux est forcément son père.

Mamma Mia ! est une comédie musicale finalement assez classique puisqu’elle reprend les ficelles du genre : une histoire abracadabrante, un scénario léger et cousu de fil blanc, un décor en carton pâte, des personnages stéréotypés, de l’humour, de la danse et une musique entraînante. La musique justement, élément central du film, est constituée par les plus grands succès du groupe ABBA. Des chansons ultra mélodiques que tous le monde connaît et qui semblent faites pour un tel spectacle. On regrettera par contre que les chorégraphies soient relayées au second plan. On pouvait espérer mieux d’un film Hollywoodien.

Côté casting c’est une grosse surprise de retrouver Meryl Streep dans un film de ce genre. L’actrice se débrouille très bien contrairement à son partenaire Pierce Brosnan qui beugle plus qu’il ne chante. On ne lui en veut pas pour autant car avec ses deux compères Colin Firth et Stellan Skarsgard, ils forment un trio attendrissant. C’est plaisant mais le succès phénoménal obtenu par ce film dans certains pays, en Grande-Bretagne notamment, laisse perplexe.

Mamma Mia! - USA (2008) de Phyllida Lloyd, avec Amanda Seyfried, Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth, Stellan Skarsgard.






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Good Morning England (2009)

Angleterre, années 60. Un adolescent vient séjourner sur le bateau d’une station de radio pirate. Sur fond de standards pop/rock, il y découvre l’amour, l’amitié et la liberté alors que l’existence de la station pirate est menacée par le gouvernement britannique.

Il fallait un film pour conter l’histoire héroïque de ces radios pirates qui ont fait découvrir la musique pop/rock à la Grande-Bretagne et à de nombreux autres pays européens dans les années 60-70. Richard Curtis (Love actually), talentueux scénariste et réalisateur, l’a fait avec ce film d’apprentissage délicieusement nostalgique et euphorisant, et surtout très bien écrit. L’histoire de cet adolescent qui devient un homme sur ce bateau et celle du combat que se livrent autorités et radios pirates servent de prétexte à Curtis pour raconter l’histoire des radios pirates et dresser le portrait des différents D.J. de la station. Ce sont eux les personnages principaux de ce film, ces hommes d’une autre époque qui vivaient et exerçaient leur métier librement en refusant toute compromission. Pour leur donner vie, une formidable brochette de comédiens britanniques (Rhys Ifans, Bill Nighy, Nick Frost…), le néo-zélandais Rhys Darby et le toujours excellent Philip Seymour Hoffman. Un petit clin d’œil aussi au méchant du film, Kenneth Branagh, très amusant dans le rôle d’un ministre ignoble et grossier qui semble tout droit sorti d’un cartoon. Enfin, impossible de ne pas dire un mot de l’excellente bande-son de ce film : de la dynamite !

The Boat That Rocked - USA (2009), de Richard Curtis, avec Chris O’Dowd, Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy, Nick Frost, Kenneth Branagh, Jack Davenport, Rhys Darby, Talulah Riley, Emma Thomson.






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jeudi 13 mai 2010

The Reader (2008)

Dans l’Allemagne d’après-guerre, un adolescent bourgeois découvre l’amour dans les bras d’une femme un peu frustre et de condition modeste. Quelques années après la fin de leur liaison, il la retrouve sur le banc des accusés où elle est jugée pour des crimes nazis.

Cette adaptation du magnifique roman de Bernard Schlink est une vraie réussite. Son réalisateur Stephen Daldry (Billy Elliott, The Hours) a parfaitement su traduire en images cette histoire d’amour belle, sensuelle et à mille lieues des romances habituelles. Tout d’abord parce qu’il est rare de voir un film dans lequel un homme jeune tombe sous le charme d’une femme plus âgée et surtout sans une once de sophistication. Ensuite, parce que la découverte soudaine du passé effroyable de cette ancienne amante donne à cette histoire d’amour simple une impressionnante profondeur. Le film aborde alors le thème de la culpabilité de ces employés nazis qui ont participé aux crimes de guerre en obéissant aux ordres reçus. Sont-ils coupables ? Que pouvaient-ils faire d’autre qu’obéir ? Et plus intéressant, il se pose aussi la question de savoir si l’on peut continuer à aimer une personne après avoir découvert qu’elle a commis ce genre de crime. Kate Winslet sur qui repose tout le film est absolument fabuleuse dans ce rôle qui lui a valu un Oscar. On reprochera juste à ce film une américanisation de l'intrigue qui nuit un peu au réalisme : pourquoi ces personnages allemands lisent-ils et écrivent-ils en anglais ? On comprend bien qu’ils parlent anglais puisqu’il s’agit d’un film américain mais un minimum d’allemand pour ces passages sans importance pour la compréhension de l’histoire aurait été plus judicieux.

The Reader - USA, Allemagne (2008), de Stephen Daldry, avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross, Bruno Ganz, Jeanette Hain.






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dimanche 9 mai 2010

Zodiac (2007)

San Francisco, fin des années 60, un tueur qui se fait appeler le Zodiac sème la terreur et nargue la police en envoyant des lettres à la presse locale. Des inspecteurs de police, un journaliste et un dessinateur enquêtent.

Ce film est tiré d’une histoire vraie. Le tueur du zodiaque a réellement existé et personne n’a jamais pu l’arrêter. A partir de ce fait divers sinistre, David Fincher a réussi un film exceptionnel. Pour cela, il a reconstitué la Californie de l’époque grâce notamment à une bande-son de premier choix qui mêle chansons sirupeuses et musique psychédélique. Le cinéaste filme les crimes du Zodiac avec réalisme, montrant ainsi une violence à l’état brut, simple et presque banale, bien plus terrifiante que les délires sadiques des serial killers de fiction tel que le tueur de Se7en, un autre film de Fincher. Voyeur impuissant, le spectateur garde les yeux grands ouverts alors que sa gorge et son estomac se serrent.

Mais si ces scènes sont marquantes, elles ne représentent qu’un court moment du film. La caméra de Fincher s’intéressent surtout aux différents enquêteurs qui creusent chaque piste, dissèquent chaque témoignage pouvant les amener à l'arrestation du tueur, un tueur qui va continuer à les hanter même quand il ne fera plus parler de lui. Fascinés par le Zodiac, ils sacrifient souvent leur vie privée et professionnelle pour se consacrer à sa traque et vont de frustrations en frustrations. Pour jouer ces trois personnages, Fincher a choisi trois acteurs de talent : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo et Robert Downey Jr. Et si le premier tient le rôle principal, il est éclipsé par les deux autres qui livrent des interprétations impressionnantes. On se souviendra longtemps de ce flic attachant joué par Mark Ruffalo.

Zodiac – USA (2007) de David Fincher, avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, Robert Downey Jr, Brian Cox, John Carroll Lynch, Chloe Sevigny, Dermot Mulroney.






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samedi 8 mai 2010

Le Come-back (2007)

Star déchue des 80s, Alex Fletcher a l’occasion de revenir sur le devant de la scène grâce à une chanteuse à la mode qui le sollicite pour un duo. Mais pour cela, il lui faut écrire une bonne chanson et il en est bien incapable. Heureusement il rencontre Sophie Fisher, jeune poétesse inspirée.

Le Come-back est une comédie romantique construite sur le même canevas que les autres films du genre. Ne vous attendez donc pas à être surpris. Vous pourrez par contre être séduit par le sympathique duo formé par Hugh Grant, dont le jeu est assez sobre pour une fois, et la craquante Drew Barrymore. Et vous serez sans doute très amusé par les séquences musicales qui ridiculisent la pop/new wave des 80s (le clip du groupe d’Alex Fletcher qui ouvre le film est déjà culte) et la pop dansante actuelle façon Britney Spears (ridicule Cora). Un film léger mais fort distrayant.

Music and Lyrics - USA (2007) de Mark Lawrence, avec Hugh Grant, Drew Barrymore, Brad Garrett, Kristen Johnston, Campbell Scott, Scott Porter.






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samedi 24 avril 2010

Sway (2006)

Un jeune photographe repart dans la petite ville de son enfance pour l’anniversaire de la mort de sa mère. Il y retrouve son frère ainsi qu’une amie d’enfance. Lors d’une promenade, la jeune femme trouve la mort. Le frère l’a-t-il tué ou s’agit-il d’un accident ?

On s’attend tout d’abord à une comédie romantique, Takeru, le jeune photographe très en vogue à Tokyo, retrouverait ses racines, sa famille et l’amour dans la petite ville où il a grandi. Mais tout sombre dans le drame lorsque Takeru, son frère et son amie d’enfance partent en randonnée et que la jeune femme chute d’un pont et se tue. Takeru n’a rien vu mais le doute le ronge. S’agit-il d’un accident ou son frère a-t-il tué la jeune femme parce qu’elle ne voulait pas de lui ?

Dès lors le film piétine. Le climat est glauque, le tempo devient très lent avec d’interminables scènes de tribunal, et les doutes et le dilemme du peu sympathique personnage principal, dont le témoignage peut envoyer son frère en prison, laisse indifférent. On s’ennuie beaucoup en voyant ce décevant Sway qui aurait pu être beaucoup plus intéressant si quelques péripéties avaient été rajoutées à l’intrigue.



ゆれる - Japon (2006) de Miwa Nishikawa, avec Jô Odagiri, Teruyuki Kagawa, Masâto Ibu, Hirofumi Arai, Yoko Maki.


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Shara (2003)

Kei et Shun Aso, deux jeunes jumeaux jouent dans les rues de Nara. Soudain Kei disparaît. On ne le retrouvera jamais. Quelques années plus tard, Shun va au lycée et a une petite amie mais la disparition continue à le hanter. Ses parents qui attendent un enfant en souffrent aussi.

Une mise en scène elliptique, de très longs silences, pas de musique, des paroles anodines, la première partie du film est assez déstabilisante et l’on craint le pire. Mais alors que la fête annuelle se prépare dans les rues de Nara, la famille Aso retrouve le goût à la vie passant progressivement de l’ombre à la lumière et le film s’anime.

Ce très joli film est mis en scène avec beaucoup de sensibilité et de pudeur par Naomi Kawase qui joue également le rôle de la mère des jumeaux. La cinéaste a filmé cette histoire avec un grand réalisme : des actions banales de la vie quotidienne, de nombreux silences, des dialogues souvent si anodins qu’ils semblent improvisés. L’effet de réalisme est renforcé par un casting constitué, en grande partie, d’acteurs non professionnels. Un choix fort judicieux qui rend cette histoire non pas larmoyante mais touchante.

Shara est aussi un film sur Nara, ville intemporelle (il est d’ailleurs impossible de dater précisément cette histoire), d’abord présentée comme un univers sombre et inquiétant puis comme une ville paisible, lumineuse et agréable.

沙羅双樹 - Japon (2003), de Naomi Kawase, avec Kohei Fukunaga, Yuka Hyodo, Katsuhisa Namase, Kanako Higuchi, Naomi Kawase.




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Hush ! (2001)

Naoya et Katsuhiro, deux jeunes gays, vivent ensemble. Mais Katsuhiro se retrouve soudainement harcelé par une collègue prête à tout pour l’épouser et une inconnue décidée à avoir un enfant de lui. Une situation qui se complique encore lorsque la famille s’en mêle.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Hush! n’est pas une comédie de boulevard façon La Cage aux folles. Il s’agit plutôt d’une comédie douce-amère qui aborde le problème de l’homosexualité, encore très tabou au Japon. Hush! traite aussi de l’angoisse des japonaises qui risquent de finir vieilles filles si elles ne sont pas mariées à 30 ans. Deux sujets de société délicats et une histoire qui oscille entre le drame et la comédie, cela aurait pu faire un bon film. Hélas le réalisateur donne surtout l’impression de n’avoir pas su choisir entre les deux genres et le film en souffre, d’autant que les scènes comiques sont souvent un peu exagérées et que le scénario ne décolle pas. La demi-heure passée on commence à beaucoup s’ennuyer malgré des comédiens attachants.

ハッシュ! - Japon (2001), de Ryosuke Hashiguchi, avec Kazuya Takahashi, Seiichi Tanabe, Reiko Kataoka, Yoko Akino.






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Dark Water (2002)

Yoshimi est une femme charmante qui lutte pour élever seule sa fille de six ans. Elle pense avoir fait le plus difficile en trouvant un logement et un travail mais elle va devoir faire face à des phénomènes bien étranges : de l’eau s’écoule de son plafond, des bruits de pas retentissent dans l’appartement inoccupé du dessus et le souvenir d’une petite fille disparue deux ans plus tôt ressurgit.

Hideo Nakata est un maître de l’angoisse. Il l’avait déjà prouvé en réalisant Ring, il le confirme avec Dark Water. On est ici très loin des bêtises grand-guignolesques made in USA du style Scream, Freddy ou Jeepers Creepers, qui font rires plus qu’elles n’effraient. Vous ne verrez dans ce film ni monstres ni hémoglobine. Nakata est un cinéaste de talent. Il sait faire naître la peur de situations à priori anodines avec des moyens simples : des bruits de pas, une silhouette entre-aperçue de ci de là et quelques litres d’eau.

Il s’attèle d’abord à instaurer une atmosphère pesante et irréelle comme le fait si bien sa compatriote Yôkô Ogawa dans ses romans. Ici le décors joue un rôle important : un grand immeuble sombre qui semble inhabité et des pluies diluviennes qui s’abattent presque constamment sur la ville. Puis Nakata distille l’angoisse par petites touches successives, sans jamais rien montrer ou presque, à l’instar des grands chefs-d’œuvre fantastiques que sont La Maison du diable et Le Projet Blairwitch. Enfin, après avoir torturé le spectateur à petit feu durant une bonne heure, il conclu sur une effroyable apothéose. Dark Water est un cauchemar poétique qui glace le sang et peut être comparé à l’œuvre d’Edgar Allan Poe.

仄暗い水の底から
– Japon (2002) de Hideo Nakata avec Hitumi Kuroki, Rio Kanno, Mirei Oguchi, Asami Mizukawa.






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Bombon el perro (2004)

Juan, un chômeur d’une cinquantaine d’années, reçoit en cadeau un beau chien de race, qu’il baptise « le chien » puis Bombon. Il fait la rencontre de Walter, dresseur de chien, qui voit là une bonne occasion de gagner un peu d’argent en présentant le chien à des concours et en vendant ses saillies. Peu à peu, Juan et Bombon, qui se ressemblent beaucoup, s’attachent l’un à l’autre.

Pour sa quatrième réalisation, le cinéaste argentin Carlos Sorin a concocté une histoire simple, éloignée de ces intrigues auxquelles on est habitué avec rebondissements, dialogues brillants et défilé d’émotions. Juste une tranche de vie filmée de manière minimaliste. Car tout est minimaliste dans Bombon el perro : l’histoire qui pourrait tenir en une page, les décors, des paysages désertiques à perte de vue, les personnages, des gens d’une grande simplicité à l’image de Juan, un brave homme doux et silencieux au regard incroyablement expressif. Ce parti pris du réalisateur donne au film un réalisme tel que l’on a parfois l’impression de voir un documentaire. Un effet voulu par Carlos Sorin qui a choisi des non-professionnels pour interpréter les personnages de son film.

Bombon el perro est un bon film, plusieurs fois primé, qui fait passer un bon moment mais sur lequel plane parfois l’ennui des existences ordinaires. Ce sont là les inconvénients du réalisme...

Bombon el perro – Argentine (2004) de Carlos Sorin, avec Juan Villegas, Walter Donado, Micol Estevez.






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Respiro (2002)

Grazia est une jeune mère libre qui aime la vie mais son comportement choque les esprits étriqués d'une petite ville du sud de l'Italie.

Respiro se déroule dans une petite ville de pêcheurs sur la côte sicilienne. Une ville pauvre où les hommes sont velus et machos, les enfants oisifs et violents et les femmes médisantes. Mais Grazia qui est une femme fantasque, sensuelle et hypersensible, supporte très mal l'austérité et la violence qui règne dans ce petit monde. Elle tente désespérément de le fuir en se rapprochant de tout ce qui n'a pas encore été corrompu : la mer, magnifique, dans laquelle elle aime se baigner nue, ses chiens dont elle s'occupe avec amour et surtout ses enfants qu'elle adore et avec lesquels elle partage tout. En refusant d'accepter les valeurs du monde dans lequel elle vit, Grazia choque et irrite. Collègues, voisins et belle-famille, tous font pression sur son mari pour qu'il l'enferme dans un institut psychiatrique. Grazia, que cela effraie, refuse et ses trois enfants la soutiennent.

En réalisant une peinture réaliste et poétique de la Sicile, Emanuele Crialese ressuscite avec succès le néoréalisme italien des années 50 et donne sans doute à son actrice principale, Valeria Golino, son plus beau rôle. Malheureusement ce film, dont l'intrigue rappelle beaucoup certaines pièces de Tennessee Williams, manque un peu de souffle et ne parvient que rarement à surprendre le spectateur.

Respiro - Italie (2002) d'Emanuele Crialese avec Valeria Golino, Vincenzo Amato, Francesco Casisa, Filippo Pucillo, Veronica d'Agostino.






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Effroyables jardins (2003)

Pendant l'Occupation, deux comparses, amoureux de la même femme, décident de commettre un acte de résistance pour l'impressionner. Mais les choses tournent mal et les deux hommes sont pris en otage par les allemands...

Le fait que Jean Becker ait adapté Effroyables jardins, de Michel Quint, est surprenant. En effet, Becker s'était surtout illustré dans la comédie, dernièrement, alors que le très court roman de Quint est assez sombre. Que les nombreux amateurs du cinéma de Becker se rassurent, le cinéaste n'a pas renoncé pour autant à son style. Effroyables jardins est un film enjoué et agréable à regarder, dans la plus pure tradition du cinéma populaire français. Le film de Becker est fidèle au récit de Michel Quint mais le cinéaste a raconté l'histoire à sa manière, en créant une atmosphère de tendresse et de bonne humeur. Il a aussi mis en avant les personnages alors que ceux-ci semblaient plutôt être au service de l'histoire dans le roman. Un magnifique cadeau pour André Dussolier et Jacques Villeret, qui trouvent une fois de plus des rôles à la hauteur de leur talent, mais aussi pour les comédiens qui interprètent des personnages secondaires comme Thierry Lhermitte ou Isabelle Candelier.

Effroyables jardins - France (2003) de Jean Becker avec André Dussolier, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Benoît Magimel, Isabelle Candelier, Suzanne Flon.






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Swimming pool (2003)

Une romancière anglaise en panne d'inspiration s'installe dans la villa de son ami et éditeur quelque part à la campagne, dans le Lubéron. Elle espère pouvoir y travailler bien tranquillement lorsque débarque à l'improviste la fille secrète de l'éditeur, une lolita perverse qui va bouleverser son séjour.

Il y a quelque chose d'étrange, voire même de surréaliste, dans Swimming Pool. Pour parvenir à ce résultat, François Ozon joue en permanence avec les contrastes. Ainsi l'extrême netteté de l'image contraste avec l'ambiguïté des personnages. De même, la froideur et le calme apparent de la romancière anglaise contrastent avec la sensualité et la vitalité de la lolita. Contraste également entre la chaleur de la campagne du Lubéron et l'atmosphère glacée des scènes qui se déroulent dans la villa. Ombre et lumière, mensonge et vérité, fantasme et réalité, tout ces contrastes troublent, inquiètent et font perdre pied. On est surpris mais on aime.

Swimming Pool - France (2003) de François Ozon avec Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier, Charles Dance.






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