mardi 20 décembre 2011

Femmes de Paris (1953)

Une jeune femme appelle par erreur un prix Nobel d’astronomie et croyant parler à son amant elle lui annonce qu’elle va se suicider s’il ne la rejoint pas au Ruban bleu. L’astrologue décide de se rendre au cabaret parisien où se tient la première du nouveau spectacle afin de retrouver la jeune femme et l’empêcher de commettre l’irréparable.

Le scénario de ce film est d’une grande pauvreté. L’intrigue, traitée avec légèreté, n’est là que comme fil rouge pour nous faire découvrir l’intérieur d’un cabaret parisien très chic, avec ses numéros musicaux et comiques et ses danseuses à la poitrine dénudée. Dans le rôle principal, Michel Simon joue les braves hommes peu habitués à ce type de sorties. Il s’agit là d’un rôle insignifiant dans la carrière de ce grand comédien. Ce film à l’humour désuet, qui accumule les clichés, mérite bien l’oubli dans lequel il a sombré. Pourtant, les amateurs de music hall français de l’après-guerre pourront apprécier d’y retrouver de vieilles gloires tels que Patachou, Robert Lamoureux et le chef d’orchestre Ray Ventura qui nous offre sur la fin un long numéro assez réussi dans lequel on retrouve aussi le duo comique Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Ces personnalités donnent à ce film mineur un certain charme.

Femmes de Paris - France (1953), de Jean Boyer, avec Michel Simon, Brigitte Auber, Henri Génès, Micheline Dax. (Acheter le DVD sur Amazon)


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dimanche 9 octobre 2011

Le Guignolo (1980)

Un escroc sympathique de haut vol se rend à Venise et se retrouve pris au piège dans une affaire d’espionnage.

Cela aurait pu être un film noir, inquiétant (ce viseur à infrarouge qui suit le héros et abat tous ceux qui l’approchent), mais c’est une comédie. Comme à son habitude, Georges Lautner (Les Tontons flingueurs, Ne nous fâchons pas) part d’une intrigue policière pour réaliser une œuvre comique qui flirte souvent ici avec le burlesque. Et comme tout Belmondo de cette grande époque, on a le droit à des numéros spectaculaires : Belmondo en caleçon blanc à poids rouge suspendu à un hélicoptère, Belmondo qui dévaste le hall d’un hôtel avec un hors-bord…

A tous ceux qui n’apprécient pas les pitreries de Belmondo, il est conseillé de prendre la fuite car l’acteur en fait des tonnes et l’on peut parler sans se tromper de cabotinage. Les spectateurs plus indulgents pourront apprécier ce spectacle divertissant à souhait servit par une pléiade de seconds rôles de grand talent qui récitent les dialogues réjouissants du grand Michel Audiard.

Le Guignolo - France (1980) de Georges Lautner, avec Jeam-Paul Belmondo, Carla Romanelli, Charles Gérard, Michel Galabru, Georges Géret, Michel Beaune, Henri Guibet, Philippe Castelli, Pierre Vernier. (Achetez le DVD sur Amazon)




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jeudi 29 septembre 2011

Les Fleurs du miel (1976)

Une bourgeoise annonce à son mari son intention de le tromper. Elle choisie pour cela le livreur qui se présente ce jour là.

Les Fleurs du miel
est un film assez laborieux, un film dans lequel les personnages sortent des tirades si bien tournées qu’ils donnent l’impression de lire des livres. Du moins c’est le cas de l’époux, un critique de cinéma, qui semble être la voix de Claude Faraldo, qui a écrit et réalisé ce film (il joue aussi le rôle du livreur). Il est beaucoup question de cinéma et de couple dans ces tirades vaines débitées devant le livreur, un pauvre bougre silencieux qui écoute, mal à l’aise, avant de pouvoir, à la fin du film, consommer Madame. Mais pourquoi faire de cette histoire un film ? C’est la question que l’on se pose tant l’image semble superflue. Cela aurait peut-être pu faire un bon livre ou une bonne dramatique radiophonique mais ce n’est pas du cinéma.

Les Fleurs du miel - France (1976), de Claude Faraldo, avec Brigitte Fossey, Gilles Ségal, Claude Faraldo. (Acheter le DVD sur Amazon)


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dimanche 1 mai 2011

Tragique rendez-vous (1946)

Après avoir passée quelque temps à Chicago, Mary revient chez elle retrouver son mari mais celui-ci n’a pas changé, il passe ses journées à boire et à jouer. Elle est courtisée par Lentz, le playboy de la ville.

Tragique rendez-vous
, réalisé par le français Léonide Moguy, est un film noir. L’histoire d’un vrai looser, paresseux et qui n’a pas vraiment confiance en lui, qui laisse filer sa vie et la femme qu’il aime et qui l’aime, la magnifique Mary. Celle-ci semble prête à succomber aux avances du beau Lew Lentz, un homme d’affaires suffisant. L’histoire fonctionne plutôt bien même si le comportement des personnages posent problème, ce qui nuit au réalisme. Ils ont tous tendance à changer en cours de route : les mauvais se découvrent un bon fonds et certains bons ne le sont finalement pas tant que ça. Ces changements de personnalités sont un peu déroutant car souvent maladroits.

Côté casting, George Raft n’est qu’à moitié convaincant dans ce rôle de looser, pas vraiment sympathique. On remarque plutôt les rôles secondaires et notamment Victor McLaglen. Et bien sûr, le regard est aimanté par la magnétique Ava Gardner, ravissante dans ce qui fut l’un de ses tout premiers rôles majeurs.

Whistle Stop
- USA (1946), de Léonide Moguy, avec George Raft, Ava Gardner, Victor McLaglen, Tom Conway. (Acheter le DVD sur Amazon)

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dimanche 24 avril 2011

Détour (1946)

Un new-yorkais fait de l’auto-stop pour rejoindre sa fiancé en Californie. Il monte dans la voiture d’un homme étrange et sa vie en sera bouleversée à tout jamais.

Détour est l’archétype du film noir. L’histoire d’un homme brisé par le destin pour s’être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Très court, ce film va à l’essentiel, pas de scènes inutiles. Mais le personnage principal, narrateur de l’histoire, est particulièrement crédible et attachant. Comment ne pas apprécier ce personnage, en proie aux pires mots après être devenu criminel par accident ? Et surtout, comment ne pas éprouver de la compassion pour cet homme malmené par une abominable mégère qui le maintient prisonnier et le contraint à exécuter ses plans diaboliques. On a rarement vu un personnage féminin aussi détestable que celui-ci, interprété avec savoir-faire par Ann Sauvage. Un authentique chef d’œuvre de série B.

Detour
- USA (1945), de Edgar J. Ulmer, avec Tom Neal, Ann Sauvage, Claudia Drake, Edmund MacDonald. (Acheter le DVD sur Amazon)




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vendredi 15 avril 2011

Il marchait la nuit (1948)

Un soir à Los Angeles, un policier est abattu alors qu'il contrôlait l'identité d'un homme au comportement suspect. Les enquêteurs disposent de peu d'indices pour retrouver l'assassin.

Une ville, un fait divers. L'occasion pour le réalisateur (Alfred L. Werker au générique, Anthnony Mann dans les faits) de filmer avec réalisme à la manière d'un documentaire le travail de la police pour résoudre l'énigme et interpeler l'assassin. La présence d'un narrateur qui adopte le ton d'un journaliste d'actualité de l'époque renforce l'aspect documentaire tout comme l'emploi de visages anonymes (pas de star dans ce film). Cette bonne série B, produite par la petite société de production Eagle-Lion Films, bénéficie de plans soignés et d'un montage relativement nerveux. On pense inévitablement au feuilleton Dragnet qui connut un grand succès dans les années 50 à la radio puis à la télévision. Normal puisque c'est ce film qui inspira la série. On retrouve d'ailleurs dans le casting Jack Webb qui devint l'acteur principal de Dragnet. Ce n'est pourtant pas lui qui aimante la caméra mais Richard Basehart, alors inconnu, dans le rôle de l'assassin, à la fois beau et inquiétant.

He Walked by Night - USA (1948) de Alfred L. Werker, avec Richard Basehart, Scott Brady, Roy Roberts, Whit Bissell, Jack Webb. (Acheter le DVD sur Amazon)


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dimanche 10 avril 2011

Le Voyage de la peur (1953)

Deux hommes partent en virée au Mexique. Ils s’arrêtent en route pour prendre un auto-stoppeur. Manque de chance, il s’agit d’un tueur en fuite particulièrement dangereux.

Ce petit thriller au budget limité s’est imposé avec le temps comme un grand film de série B des années 50. La tension monte progressivement à bord de la voiture conduite par les deux personnages principaux sous la menace d’une tueur psychopathe qui, ils le savent, les éliminera dès qu’il n’aura plus besoin d’eux. Il leur faudra donc ruser pour pouvoir s’échapper mais, face à un adversaire aussi coriace, ce n’est pas aisé. Tout le film repose sur William Talman, très inquiétant dans le rôle du tueur. Son côté inquiétant est renforcé par une belle trouvaille : une blessure l’empêche de fermer un œil, même quand il dort, ce qui rend l’évasion des deux otages beaucoup plus compliquée et contribue au malaise du spectateur. On aurait quand même pu espérer quelques péripéties en plus, le film semblant parfois un peu lent. Enfin, il faut noter qu’il s’agit là de la plus fameuse réalisation d’Ida Lupino, la seule actrice de son temps à être passée derrière la caméra.

The Hitch-Hiker - USA (1953) de Ida Lupino, avec Edmond O’Brien, Frank Lovejoy, William Talman, José Torvay. (Acheter le DVD sur Amazon)




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